Or à 4 050 $ : jusqu’où le cours peut-il monter avant la décision de la Fed de décembre, et faut-il craindre un brutal retour sous les 4 000 $ ?

Par Paul Graph - Publié le

Poussée vers les 4 050 $ l’once, l’or affole les écrans tandis que le dollar et les taux américains vacillent. Jusqu’où ce rally peut-il tenir alors que les marchés guettent la prochaine décision de la Fed ?

Or à 4 050 $ : jusqu’où le cours peut-il monter avant la décision de la Fed de décembre, et faut-il craindre un brutal retour sous les 4 000 $ ?

L’once d’or vient de s’inviter durablement au-dessus des 4 000 dollars, avec un pic récent tout près des 4 050 $ (environ 3 725 €), sur fond de nervosité généralisée autour des taux de la Réserve fédérale américaine. Le cours de l’or reste pourtant loin de filer en ligne droite : entre espoirs de baisse des taux, statistiques américaines solides et géopolitique sous tension, le métal jaune oscille au gré des annonces et des anticipations.

En ce début de semaine, l’once s’échange autour de 4 030 $ (environ 3 710 €), au plus près d’un support technique majeur, après un repli initial jusqu’à 4 029 $ (environ 3 705 €) lors de la séance européenne de vendredi. Le dollar recule par moments, les actions repartent en Asie, mais la question qui domine reste la même : la Fed desserrera-t-elle enfin l’étau dès décembre ou prolongera-t-elle le statu quo monétaire, au risque de faire retomber l’or sous les 4 000 $ ?

Cours de l’or et Fed : entre espoir de baisse des taux et statistiques robustes

Sur le front monétaire, le message venu de Washington reste tout sauf linéaire. Vendredi, John Williams a ouvert une brèche en jugeant la politique actuelle « modérément restrictive », a rappelé John Williams, président de la Fed de New York, cité par BDOR. Dans la foulée, les marchés ont intégré une probabilité de 67 % de baisse du taux directeur dès décembre, selon le CME FedWatch Tool, un scénario qui soutient généralement le cours de l’or en réduisant le rendement des placements sans risque et en affaiblissant le billet vert.

L’élan a pourtant vite été freiné. Le rapport sur l’emploi américain (NFP), publié avec retard, a montré la création de 119 000 postes en septembre, contre 50 000 anticipés, avec des salaires horaires en hausse de 3,8 % sur un an et un taux de chômage remonté à 4,4 %. Ce tableau reste jugé assez solide pour retarder un virage vraiment accommodant de la Fed. Résultat : la probabilité d’une baisse des taux en décembre est retombée à environ 35 %, tandis que le dollar a touché son plus haut niveau depuis la fin mai, ce qui pèse mécaniquement sur l’or, actif non rémunérateur. Les opérateurs surveillent désormais de près une salve de chiffres américains, dont l’issue pourrait décider du prochain mouvement majeur du métal jaune :

  • l’indice des prix à la production (PPI) et l’indice PCE, thermomètre clé de l’inflation pour la Fed ;
  • les ventes au détail et le PIB du T3 pour jauger la solidité de la croissance ;
  • les indices de confiance des consommateurs (Conference Board et Université du Michigan) et les PMI flash américains.

Supports techniques autour de 4 030 $ et menace d’un retour sous les 4 000 $

D’un point de vue graphique, la zone des 4 030 $ (environ 3 710 €) concentre les regards. Ce niveau correspond à un support majeur de court terme, où convergent une ligne de tendance haussière et la moyenne mobile exponentielle 200 périodes sur le graphique H4. Très proche, le seuil des 4 020 $ (environ 3 700 €) joue un rôle similaire sur la séance de vendredi. Une cassure nette de cette bande de prix ouvrirait la voie à une correction plus profonde vers 3 968 $ (environ 3 650 €), point bas de la semaine précédente, puis vers 3 931 $ (environ 3 615 €) et enfin 3 886 $ (environ 3 575 €), un niveau déjà testé fin octobre. Le seuil psychologique des 4 000 $, soit autour de 3 680 €, resterait alors un repère symbolique mais plus vraiment un plancher technique.

Le scénario inverse n’est pas écarté : un rebond durable au-dessus des 4 080 $ (environ 3 755 €) constituerait un premier signal positif, avant un possible franchissement des 4 100 $ (environ 3 770 €). Au-delà, les opérateurs surveilleraient la zone de résistances comprise entre 4 152 $ et 4 155 $ (environ 3 820 € à 3 825 €), puis un éventuel retour vers les 4 200 $ (proche de 3 865 €) en cas de nouvel afflux de capitaux sur l’or. En toile de fond, la situation reste complexe : les tensions persistantes en Ukraine, avec de nouveaux bombardements et des discussions évoquant un plan de paix impliquant d’importantes concessions pour Kyiv, les foyers de conflit au Moyen-Orient, mais aussi la plus longue fermeture administrative de l’histoire des États-Unis alimentent un climat d’incertitude stratégique qui maintient l’intérêt des interressés pour le métal jaune, même si le regain d’appétit pour les actions en Asie et ailleurs détourne ponctuellement une partie des flux au profit des actifs jugés plus dynamiques.