Épargne : cette simple demande à faire avant dimanche 30 novembre 2025 peut vous éviter un lourd impôt sur vos intérêts 2026

Par Paul Graph - Publié le

Dimanche 30 novembre 2025, des millions d’épargnants risquent de laisser filer 12,8 % de leurs intérêts 2026 en acompte fiscal. Êtes-vous parmi ceux qui peuvent l’éviter avec une simple demande à leur banque ?

Épargne : cette simple demande à faire avant dimanche 30 novembre 2025 peut vous éviter un lourd impôt sur vos intérêts 2026

Dans quelques semaines, vos intérêts d’épargne vont tomber sur votre compte, souvent dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Derrière ce virement attendu, un autre mouvement, plus discret, vient pourtant grignoter la somme versée : au même moment, la banque retire automatiquement un acompte au titre de l’impôt sur le revenu. Ce prélèvement n’apparaît pas toujours clairement sur le relevé, mais il réduit d’emblée le rendement de vos placements.

Cette mécanique ne concerne pas l’épargne réglementée comme le Livret A, le LDDS ou le LEP, mais bien vos livrets bancaires dits classiques, vos comptes à terme, vos PEL ou encore vos dividendes d’actions. Pour une partie des épargnants, surtout ceux qui sont peu ou pas imposés, il est possible de demander une dispense d’acompte fiscal sur les intérêts 2026, à condition de prévenir sa banque avant le 30 novembre 2025. Reste à savoir si vous pouvez en profiter.

Épargne et PFU : pourquoi un acompte fiscal tombe sur vos intérêts

Depuis 2018, les revenus de placement sont soumis au Prélèvement forfaitaire unique, le PFU, souvent appelé « flat tax ». En 2025, ce prélèvement atteint 30 % : 17,20 % de prélèvements sociaux et 12,80 % d’impôt sur le revenu, comme le rappellent les textes fiscaux. Pour les livrets bancaires non réglementés, les comptes à terme, le Plan épargne logement (PEL) ou le Compte épargne logement (CEL), cet impôt est prélevé en deux temps, avec d’abord un acompte au moment du versement des intérêts, puis une régularisation lors de votre déclaration de revenus.

Concrètement, au moment où la banque crédite vos intérêts, elle retient immédiatement la part de 12,80 % au titre de l’impôt sur le revenu et la reverse au fisc. Ce fonctionnement s’apparente au prélèvement à la source sur votre salaire. Plusieurs mois plus tard, lors de votre déclaration, l’administration tient compte de cet acompte : selon votre situation, elle peut réclamer un complément ou vous rembourser tout ou partie de la somme déjà versée. Pour les foyers peu ou pas imposés, cette avance n’a souvent aucun intérêt, car cet acompte leur est ensuite restitué à l’automne suivant.

Dispense d’acompte fiscal : qui y a droit en 2026 et quelle démarche avant dimanche ?

Pour éviter cet acompte de 12,80 % sur vos intérêts 2026, la loi prévoit une dispense réservée aux foyers dont le revenu fiscal de référence ne dépasse pas un certain seuil. Pour la demande envoyée à l’automne 2025, c’est le revenu fiscal de référence 2024, indiqué sur l’avis d’impôt 2025, qui est pris en compte. Il doit rester inférieur à 25 000 euros pour une personne seule et à 50 000 euros pour un couple imposé conjointement lorsque la dispense vise les intérêts de livrets, PEL ou comptes à terme. Pour les dividendes, les plafonds montent à 50 000 euros pour un célibataire et 75 000 euros pour un couple. Dans tous les cas, une régularisation interviendra à l’issue de la déclaration de revenus qui sera remplie en 2027 pour ces intérêts 2026.

Pour en bénéficier, il faut adresser chaque année une attestation sur l’honneur à votre banque, demandant la dispense d’acompte PFU intérêts. L’établissement doit la recevoir avant le 30 novembre de l’année précédant le versement des revenus, la dispense demandée à l’automne 2025 s’appliquant ainsi aux intérêts perçus en 2026. Un simple courrier peut suffire, mais la plupart des banques permettent aussi de transmettre cette demande via la messagerie sécurisée de leur site ou de leur appication mobile, ce qui reste praticable même un dimanche. Ce mécanisme de dispense existe aussi pour les dividendes et, avec une échéance différente, pour l’assurance-vie et le plan d’épargne retraite, où la demande doit parvenir au plus tard au moment de l’encaissement des revenus. Cette démarche doit être renouvelée chaque année pour continuer à éviter l’acompte.