Livret A, LEP : ce que vous risquez de perdre en 2026 avec des taux au plus bas, les nouveaux rendements tombent à 1,5% et 2%

Par Paul Graph - Publié le

Au 1er février 2026, les taux du Livret A, du LDDS et du LEP devraient encore reculer sous l’effet de l’inflation très faible en France. Jusqu’où vos intérêts d’épargne de précaution risquent-ils de chuter cette année-là ?

Livret A, LEP : ce que vous risquez de perdre en 2026 avec des taux au plus bas, les nouveaux rendements tombent à 1,5% et 2%

Après une année 2025 déjà marquée par des coupes franches sur les livrets réglementés, les rendements de l’épargne réglementée ne sont pas au bout de leur recul. La combinaison d’une inflation retombée sous 1% et de taux interbancaires modérés prépare une nouvelle baisse des intérêts servis sur le Livret A, le Livret de développement durable et solidaire (LDDS) et le Livret d’épargne populaire (LEP) en 2026. Les épargnants qui avaient profité de la parenthèse très rémunératrice de 2023 voient peu à peu cette période s’éloigner.

Depuis le 1er août 2025, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7%, quand le LEP affiche 2,7 %, loin des pics atteints au premier semestre 2023, à 3% pour le Livret A et 6,1% pour le LEP. Or, l’Insee mesure une hausse des prix sur un an limitée à 0,9% en octobre comme en novembre, ce qui change complètement la donne pour la prochaine révision semestrielle des taux. La vraie question devient alors simple : jusqu’où ces rendements peuvent-ils encore tomber en 2026 ?

Livret A et LDDS : un taux attendu autour de 1,5% au 1er février 2026

Le taux du Livret A et celui du LDDS sont recalculés tous les six mois, en tenant compte de deux éléments : l’inflation moyenne hors tabac sur les six derniers mois et la moyenne des taux interbancaires observés sur la même période. Entre juillet et octobre 2025, la hausse des prix s’est établie à 0,9%, 0,8%, 1,1% puis 0,9%, soit une moyenne de 0,925%. Avec une inflation provisoire de 0,9% en novembre, la moyenne glisse autour de 0,93% sur cinq mois, qui pourrait atteindre au mieux 0,95% une fois décembre connu.

Les taux interbancaires, eux, se stabilisent depuis juin aux environs de 1,93%. En appliquant strictement la formule qui fait la moyenne entre inflation semestrielle et taux interbancaires, on obtient un taux théorique voisin de 1,43%, qui serait arrondi à 1,5% pour le 1er février 2026. Les projections évoquent même un scénario à 1,4% dans l’hypothèse la plus basse, ce qui ramènerait la rémunération du Livret A et du LDDS nettement en dessous du niveau actuel de 1,7%. Pour un livret bien garni, cela représente déjà plusieurs dizaines d’euros d’interets en moins sur une année.

LEP : un rendement maintenu au-dessus du Livret A mais en forte baisse en 2026

Pour le Livret d’épargne populaire, le mécanisme diffère légèrement : son taux est, en principe, égal à l’inflation moyenne hors tabac des six derniers mois. Avec une moyenne semestrielle qui tournerait autour de 0,95%, la formule stricte aboutirait à un taux de 1% au 1er février 2026, une fois l’arrondi au dixième supérieur appliqué. En théorie, la rémunération du LEP des près de 11 millions de titulaires serait donc divisée par près de trois par rapport à son sommet de 6,1% en 2023.

Ce scénario extrême ne devrait toutefois pas se produire, car deux garde-fous protègent ce livret réservé aux ménages modestes. La réglementation impose d’abord que le LEP offre au minimum 0,5 point de plus que le Livret A : si ce dernier passe à 1,5%, le plancher du LEP serait de 2%, et s’il tombait à 1,4%, le taux minimum du LEP serait de 1,9%, soit une baisse de 0,7 à 0,8 point par rapport aux 2,7% actuels. La Banque de France peut en outre recommander au ministère de l’Economie de déroger une nouvelle fois à la formule pour accorder un coup de pouce, comme lors des quatre dernières révisions semestrielles, mais même un geste de ce type laisserait 2026 comme une année de rendements au plus bas pour les principaux livrets réglementés.