Réversion 2026 : ce nouveau calcul qui pourrait faire perdre jusqu'à 100 € par mois et fait trembler le budget des conjoints survivants

Par Paul Graph - Publié le

À l’approche de 2026, la réforme de la pension de réversion fait craindre jusqu’à 100 € de moins par mois à des millions de conjoints survivants. Qui sera touché et comment encaisser ce choc sur un budget déjà fragile ?

Réversion 2026 : ce nouveau calcul qui pourrait faire perdre jusqu’à 100 € par mois et fait trembler le budget des conjoints survivants

À l’heure où les décorations de fin d’année commencent à illuminer les vitrines, une perspective beaucoup moins chaleureuse assombrit le quotidien de nombreux veufs et veuves : dès 2026, leur pension de réversion pourrait reculer. Pour ces conjoints survivants, cette somme n’a rien d’accessoire, elle sert à payer les courses, le chauffage ou le loyer une fois le conjoint disparu.

En France, près de 4,4 millions de personnes dépendent déjà de cette prestation, pour un coût annuel évalué entre 37 et 38,7 milliards d’euros, et 90 % des bénéficiaires sont des femmes. Dans ce contexte, les pistes de réforme dessinées par le Conseil d’orientation des retraites (COR) et discutées dans le cadre du PLFSS 2026 inquiètent : certaines simulations laissent entrevoir jusqu’à 100 € par mois en moins, voire davantage, pour une partie des ménages. Une perspective qui fait monter la pression à l’approche de 2026.

Pension de réversion 2026 : ce que la réforme pourrait changer concrètement

Aujourd’hui, le système de pension de réversion ressemble à un puzzle. Dans le régime général et les régimes alignés, le conjoint survivant d’au moins 55 ans peut toucher 54 % de la retraite de base du défunt, avec une possible majoration jusqu’à 60 % si le total de ses pensions reste sous un certain plafond. Dans la fonction publique, le taux s’établit à 50 %, tandis que l’Agirc-Arrco, la complémentaire du privé, ne fixe aucune condition de ressources. Résultat : « Il est donc possible de se voir refuser la réversion au régime de base pour condition de ressources mais d’en bénéficier au régime complémentaire des salariés du secteur privé », précise le Conseil d’orientation des retraites dans son rapport cité par DemarchesAdministratives.fr.

Pour simplifier cet édifice, le COR propose une nouvelle formule de calcul valable à partir d’une éventuelle réforme de la pension de réversion 2026 : le montant total serait égal à deux tiers de la pension du défunt moins un tiers de la pension du conjoint survivant. En clair, plus ce dernier a déjà une retraite élevée, plus la réversion baisserait, jusqu’à disparaître si le résultat devient nul. Selon les simulations du Conseil, cette formule appliquée à partir du 1er janvier 2026 permettrait « de maintenir le niveau de vie du conjoint survivant dans la majorité des cas » tout en « diminuer les dépenses de réversion de 13 % en 2070 ». Un équilibre financier qui reste, sur le terrain, loin d’être rassurant.

Jusqu’à 100 € par mois en moins : quels conjoints survivants risquent le plus gros ?

Les perdants potentiels se trouvent surtout du côté des conjoints du privé bénéficiant d’une complémentaire Agirc-Arrco aujourd’hui calculée à 60 %. Si un taux unique de 50 % était retenu, une veuve dont le conjoint percevait 1 200 € de retraite complémentaire passerait de 720 € de réversion à 600 €, soit une baisse de 120 € par mois. Pour une pension complémentaire de 800 €, la réversion reculerait de 480 € à 400 €, soit 80 € en moins. Et lorsque la retraite du défunt atteignait 2 000 € en complémentaire, la perte grimperait à 200 € mensuels. Des montants qui peuvent sembler apparamment théoriques, mais qui, une fois reportés sur un budget serré, pèsent immédiatement.

À l’inverse, certains fonctionnaires pourraient voir leur situation s’améliorer si un taux harmonisé dépassait les 50 % actuels de la fonction publique. L’autre ligne de fracture se joue sur la nouvelle formule 2/3 – 1/3 : un conjoint survivant disposant déjà d’une retraite personnelle confortable pourrait perdre tout droit à la réversion si le calcul tombe à zéro, tandis qu’un veuf ou une veuve très dépendant de cette prestation resterait exposé à la moindre variation de paramètres. De quoi alimenter la colère de syndicats comme la CGT, pour qui « Après avoir imposé la réforme 2023, on voit se dessiner la suivante, encore plus sexiste, encore plus individualiste, portée par des considérations essentiellement financières et non de justice sociale. » Dans cette atmosphère de flou et d’inquiétude, beaucoup de conjoints survivants commencent déjà à revoir leur budget, à se renseigner auprès de leurs caisses de retraite et à explorer les aides existantes pour encaisser, si elle se confirme, la chute de revenu annoncée pour 2026.