forex : ce chiffre clé de l’inflation en zone euro peut faire basculer l’EUR/USD, alors que le dollar se renforce après les signaux de la BoJ

Par Paul Graph - Publié le

Alors que l’inflation HICP de la zone euro doit tomber ce mardi, les cambistes jonglent avec des signaux contradictoires de la Fed et de la BoJ. Le dollar se tend, l’euro hésite, le yen vacille.

forex : ce chiffre clé de l’inflation en zone euro peut faire basculer l’EUR/USD, alors que le dollar se renforce après les signaux de la BoJ

Le marché des changes s’ouvre sur une configuration délicate : le dollar américain regagne du terrain, le yen japonais encaisse le choc des signaux de la Banque du Japon, tandis que les cambistes ont les yeux rivés sur la prochaine publication de l’inflation HICP de la zone euro. Dans cet environnement, le couple formé par politique monétaire et chiffres de prix redevient le moteur central du forex.

Mardi 2 décembre, les opérateurs européens adoptent une attitude prudente, après une vague de ventes sur les marchés obligataires mondiaux déclenchée par les propos du gouverneur Kazuo Ueda sur une possible hausse de taux d’intérêt au Japon dès décembre. L’indice du dollar (DXY) se raffermit autour de 99,50 points, alors que la prochaine estimation d’inflation de la zone euro reste en ligne de mire et que les attentes de baisse de taux de la Fed ne faiblissent pas. De quoi tendre un peu plus les nerfs des traders qui suivent de près le dossier forex inflation zone euro.

Inflation de la zone euro : un test pour l’euro et la BCE

Les dernières données d’Eurostat donnent le ton du débat. En septembre 2025, le taux d’inflation annuelle de la zone euro s’est établi à 2,2 % contre 2,0 % en août, tandis que l’Union européenne affichait 2,6 % après 2,4 % le mois précédent. Les plus faibles taux ont été observés à Chypre (0,0 %), en France (1,1 %), ainsi qu’en Italie et en Grèce (1,8 % chacun), quand la Roumanie (8,6 %), l’Estonie (5,3 %) puis la Croatie et la Slovaquie (4,6 % chacune) restent en tête du peloton le plus inflationniste. Les services contribuent à hauteur de 1,49 point de pourcentage, devant l’alimentation, l’alcool et le tabac (+0,58), les biens industriels hors énergie (+0,20), tandis que l’énergie apporte une contribution légèrement négative (-0,03).

Par rapport à août 2025, l’inflation annuelle a reculé dans huit États membres, stagné dans quatre et progressé dans quinze, un tableau qui illustre la difficulté pour la Banque centrale européenne de calibrer ses futures décisions. L’estimation d’inflation HICP de novembre, attendue dans la journée, sera lue à l’aune de cette remontée vers la cible de 2 % : une surprise à la hausse pourrait retarder les anticipations de baisse de taux de la BCE et soutenir l’euro, alors qu’une publication plus faible raviverait les paris sur un assouplissement plus rapide, dans un contexte où la paire EUR/USD évolue déjà dans une fourchette étroite juste au-dessus de 1,1600.

Dollar, yen et or : entre signaux de banque centrale et appétit pour le risque

Outre-Atlantique, le tableau conjoncturel envoie un message plus nuancé. Le secteur manufacturier américain a enchaîné en novembre une neuvième contraction d’affilée : l’indice PMI de l’ISM a reculé à 48,2 après 48,7, en dessous du consensus fixé à 48,6. Malgré cette faiblesse, la hausse des rendements des bons du Trésor américain soutient le billet vert. L’outil FedWatch du CME Group suggère que les opérateurs jugent à 87 % la probabilité d’une réduction de 25 points de base du taux directeur de la Réserve fédérale américaine d’ici la fin du mois, sans empêcher l’indice DXY de rester ferme. Sur le marché des changes, la meilleure performance du dollar se fait face au yen : la paire USD/JPY progresse d’environ 0,22 % et rebondit vers 156,00, dans le sillage des déclarations de la BoJ sur une hausse de taux possible en décembre. La livre sterling défend 1,3200 face au dollar dans un marché calme sur GBP/USD, tandis que le dollar australien résiste : malgré une dégradation de 500 millions de dollars (environ 465 millions d’euros) de la balance courante au troisième trimestre, la paire AUD/USD gagne 0,15 % autour de 0,6555.

L’or illustre bien ce jeu d’équilibre. Le cours de la paire XAU/USD se stabilise autour de 4 200 dollars, soit un peu moins de 3 900 €, après quelques secousses en séance asiatique. La hausse des rendements américains et le rebond généralisé du dollar américain entretiennent des pressions vendeuses sur le métal jaune, qui ne verse aucun intérêt et s’affiche en dollars, mais le prix parvient à conserver les gains accumulés ces dernières semaines, porté par une demande de fond pour les valeurs refuges. Les cambistes jonglent entre espoir d’assouplissement monétaire et incertitudes géopolitiques, avec des interrogations persitantes sur la trajectoire des grandes banques centrales. Dans ce contexte, beaucoup résument leurs scénarios de court terme autour de quelques cas de figure simples liés à l’inflation de la zone euro :

  • si l’HICP ressort au-dessus des attentes, l’euro pourrait se raffermir face au dollar, tandis que l’or souffrirait d’un regain de rendements européens ;
  • si les chiffres sont globalement en ligne, les paires majeures comme EUR/USD et USD/JPY risquent de rester enfermées dans leurs ranges actuels ;
  • si l’inflation marque le pas, le billet vert aurait un argument de plus pour rester recherché, au détriment de l’euro et, dans une moindre mesure, des devises liées au risque comme l’AUD ou la livre sterling.