Revalorisation des retraites 2026 : ce vote avant le 12 décembre peut geler votre pension ou la limiter à 0,9 % et quelques euros pour les petites retraites

Par Paul Graph - Publié le

Entre année blanche, hausse limitée à 0,9 % et coup de pouce ciblé sous 1 400 € brut, l avenir de vos retraites en 2026 se joue dans le PLFSS. Qui verra vraiment sa pension évoluer sur le virement de février 2026 ?

Revalorisation des retraites 2026 : ce vote avant le 12 décembre peut geler votre pension ou la limiter à 0,9 % et quelques euros pour les petites retraites

Votre pension de janvier 2026 sera-t-elle identique à celle de décembre, ou augmentera-t-elle de quelques euros seulement ? Entre projet d' »année blanche », gel ciblé et éventuelle revalorisation automatique, l’avenir de la revalorisation des retraites 2026 reste suspendu aux débats du budget de la Sécurité sociale. Pour des millions de retraités, la question touche directement le montant du virement attendu au début de l’année prochaine.

Au coeur du bras de fer : le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, qui porte l' »année blanche » voulue pour réaliser jusqu’à 40 milliards d’euros d’économies après la suspension de la réforme des retraites de 2023. L’Assemblée nationale a écarté un gel généralisé des pensions, quand le Sénat a réintroduit un blocage partiel, épargnant seulement les petites retraites de moins de 1 400 euros brut par mois. Résultat : à l’approche du vote définitif, trois scénarios très différents restent possibles pour votre pension.

Revalorisation des retraites 2026 : une année blanche toujours possible

Dans sa version initiale, le PLFSS 2026 annonçait une vraie « année blanche » : gel des pensions de retraite de base, gel d’une large partie des prestations sociales et même gel du barème de l’impôt sur le revenu. L’objectif était de compenser la suspension de la réforme des retraites de 2023 en trouvant jusqu’à 40 milliards d’euros d’économies. Pour les retraités, cela reviendrait à traverser 2026 sans aucune hausse nominale de pension.

Les députés ont d’abord supprimé l’article 44 du PLFSS, celui qui figeait retraites et prestations sociales, ouvrant la voie à une revalorisation. Les sénateurs ont ensuite rétabli le gel, mais seulement au-dessus de 1 400 euros brut de pension totale mensuelle. Faute d’accord en commission mixte paritaire, le texte est revenu à l’Assemblée nationale, qui aura le dernier mot avant l’écheance réglementaire fixée au 12 décembre à minuit.

Gel total, hausse de 0,9 % ou revalorisation ciblée : ce qui vous attend en 2026

Si le gel est définitivement écarté, la règle de revalorisation prévue par le Code de la sécurité sociale s’appliquerait d’elle-même. La retraite de base serait alors indexée sur l’inflation hors tabac. La commission des comptes de la Sécurité sociale vise environ 1 % de hausse, estimation ramenée à 0,9 % par la CFDT-Retraités.

Cette revalorisation s’appliquerait à la pension due pour janvier 2026, mais l’augmentation n’apparaîtrait qu’au début de février sur le compte des retraités du régime général. Selon la Drees, une retraite moyenne atteint 1 692 euros nets, dont 1 128 euros de base et 564 euros de retraite complémentaire : avec 1 % de hausse sur la seule base, le total grimperait à 1 703 euros, soit 11,28 euros de plus.

Le compromis voté au Sénat retient un autre schéma : seule une hausse ciblée des petites retraites serait garantie. Les pensions globales inférieures à 1 400 euros brut par mois suivraient l’inflation, les autres resteraient gelées. Une pension de 1 100 euros nets, dont 800 euros de base et 300 euros de complémentaire, gagnerait 8 euros par mois. Une retraite moyenne de 1 692 euros nets, elle, resterait bloquée à ce niveau.

Si la logique d’année blanche l’emporte finalement, la revalorisation des retraites 2026 tomberait à 0 % pour la base, alors que la retraite complémentaire Agirc-Arrco n’a déjà pas été revalorisée au 1er novembre 2025, faute d’accord entre partenaires sociaux le 17 octobre. Les pensions complémentaires resteraient versées d’avance, en début de mois, mais sans hausse. Le projet initial allait plus loin, en organisant une sous-indexation des pensions entre 2027 et 2030 et en évoquant des mesures fiscales comme un gel du barème de l’impôt sur le revenu ou une remise en cause de l’abattement de 10 %.