Agirc-Arrco : ce changement discret des prélèvements sociaux en janvier 2026 pourrait faire baisser la retraite nette de millions de Français
À partir du 2 janvier 2026, un recalcul des prélèvements sociaux sur la retraite complémentaire Agirc‑Arrco pourrait faire chuter le net de millions de Français. Êtes‑vous concerné par ce tournant discret lié à votre revenu fiscal de référence ?

Pour des millions d’anciens salariés du privé, la retraite complémentaire Agirc-Arrco fait la différence entre un budget qui tient et un compte à découvert. Avec la hausse des prix et des dépenses de santé, le moindre euro en moins sur le virement mensuel se ressent aussitôt. À partir de janvier 2026, un ajustement discret pourrait pourtant rogner la pension nette de nombreux retraités, sans que leur carrière ni leur nombre de points n’aient changé.
Le régime Agirc-Arrco, caisse de retraite complémentaire obligatoire des salariés du privé, verse chaque mois une pension qui s’ajoute à la retraite de base. Chaque année travaillée permet de cumuler des points, multipliés ensuite par une valeur de service pour obtenir un montant brut. Mais ce n’est qu’un début : en bas du relevé apparaissent les lignes de CSG, CRDS, CASA et, dans la plupart des cas, 1 % de cotisation maladie. Ensemble, ces prélèvements sociaux peuvent atteindre jusqu’à 10,1 % de la retraite complémentaire, ce qui laisse deviner l’impact d’un simple changement de taux.
Agirc-Arrco janvier 2026 : ce qui va changer sur les prélèvements sociaux
À compter du paiement du 2 janvier 2026, Agirc-Arrco appliquera de nouveaux taux de prélèvements sociaux à des millions de pensions complémentaires. Le montant brut restera identique, mais la pension nette sera recalculée en fonction du revenu fiscal de référence 2024, du nombre de parts fiscales et du lieu de résidence, tels qu’ils figurent sur l’avis d’imposition 2025. L’ajustement des taux de CSG, CRDS, CASA et de la cotisation maladie restera entièrement automatique, sans démarche particulière des retraités. Selon l’organisme, « la révision tient compte de la situation fiscale du foyer et des zones géographiques, conformément à la réglementation nationale », explique Agirc-Arrco, cité par adcf.org.
Pour la CSG et les autres contributions, quatre niveaux existent hors cotisation maladie : exonération à 0 %, taux réduit à 4,3 % (CSG 3,8 % + CRDS 0,5 %), taux médian à 7,4 % (CSG 6,6 % + CRDS + CASA) et taux normal à 9,1 % (CSG 8,3 % + CRDS + CASA). Pour un célibataire, l’exonération s’applique jusqu’à 13 048 € de revenu fiscal de référence, puis les taux supérieurs se déclenchent à partir de 17 057 € et d’environ 26 470 €. Pour un couple à deux parts, le taux plein apparaît au-delà de 40 604 €. À cela s’ajoute une règle moins connue : la montée en puissance du taux de CSG ne se fait qu’après deux années de dépassement des plafonds, alors qu’une baisse de revenus peut faire reculer le taux dès l’année suivante.
Agirc-Arrco : qui risque de voir sa pension nette baisser en 2026 et comment réagir
Concrètement, trois scénarios se dessinent pour la retraite complémentaire nette en 2026. Une partie des retraités verra son net baisser, parce qu’un franchissement de seuil de CSG ou une perte de parts fiscales les fera passer à une tranche plus lourde : disparition de l’exonération, passage du taux réduit au taux médian ou au taux normal. Exemple classique, le célibataire qui franchit la barre des 13 048 € de revenu fiscal de référence après une année de revenus plus élevés et se voit appliquer la totalité des prélèvements sociaux. Comme le rappelle un porte-parole d’Agirc-Arrco, « le changement est totalement automatique et survient dès le premier versement de janvier suivant la révision », ce qui explique pourquoi beaucoup ne repéreront la baisse qu’au moment du virement.
Tous les retraités ne seront pas perdants pour autant. Ceux dont la tranche de CSG ne bouge pas garderont un montant net stable, et une troisième catégorie bénéficiera au contraire d’un petit gain de quelques euros grâce à une baisse de revenus, à une augmentation du nombre de parts ou à un changement de situation familiale. Plusieurs spécialistes rappellent que « chaque situation mérite d’être analysée, même si l’écart ne concerne que quelques centaines d’euros ». Pour limiter les mauvaises surprises, quelques réflexes restent interressant à adopter dès maintenant :
- consulter son avis d’imposition 2025 et repérer son revenu fiscal de référence ;
- vérifier que la composition du foyer et l’adresse sont bien déclarées ;
- comparer ce RFR aux principaux seuils d’exonération et de changement de tranche de CSG ;
- se connecter à son espace personnel Agirc-Arrco pour connaître le taux de prélèvements sociaux annoncé pour 2026.
En bref
- À partir du 2 janvier 2026, des millions de retraités du privé en France verront leurs pensions Agirc‑Arrco recalculées selon leur revenu fiscal de référence 2024 et leurs parts fiscales.
- Ce recalcul automatique des prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA, cotisation maladie) pourra entraîner une baisse, une stabilité ou une légère hausse du montant net versé.
- En anticipant via l’avis d’imposition 2025, les seuils de CSG et l’espace personnel Agirc‑Arrco, chacun peut évaluer son risque de perte et mieux préparer ses démarches.





