Livret A à 1,5 % au 1er février 2026 : ce paradoxe qui pousse encore des millions de Français à l'utiliser plutôt que le LEP à 2,5 %
En France, le taux du Livret A tombe à 1,5 % au 1er février 2026, mais plus de 80 % des épargnants y laissent encore leur argent. Entre sécurité d’État, fiscalité et réflexes culturels, qu’est‑ce qui maintient ce placement si à part ?

Chute des taux ou pas, le Livret A continue de trôner en haut du podium de l’épargne française. Alors que sa rémunération va encore baisser au 1er février 2026, près de 57 millions de livrets restent ouverts, soit plus de 80 % de la population, un niveau que n’atteint aucun autre placement.
Le taux du Livret A passera de 1,7 % à 1,5 % au 1er février 2026, après un pic à 3 % en janvier 2025. En un an, sa rémunération aura donc été divisée par deux, revenant à son plus bas niveau depuis 2022. Pourtant, ce taux reste au‑dessus de l’inflation de 0,8 % en décembre 2025 selon l’Insee, et le produit continue de séduire. Pourquoi ce livret reste-t-il à part ?
Livret A : un taux en baisse, un rendement réel qui reste positif
Avec un taux de 1,5 % net de fiscalité et de frais, pour une inflation de 0,8 %, le rendement réel reste positif : l’épargne placée sur le Livret A ne perd pas de pouvoir d’achat. Le niveau est loin des 3 % de début 2025, mais ce rendement reste encore interressant pour une épargne totalement sécurisée.
Ce rendement réel positif s’explique enfin par une fiscalité très favorable. Les intérêts du Livret A sont totalement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux, quand de nombreux placements d’épargne sont soumis à la flat tax. Le taux affiché est donc aussi le taux effectivement perçu par l’épargnant.
Livret A : garantie de l’État, simplicité, liquidité
Autre explication majeure de ce succès : le placement sans risque qu’incarne le Livret A. Les sommes déposées bénéficient d’une « garantie en totalité par l’État », précise Bercy sur son site internet. Ce livret ne relève pas du mécanisme de garantie des dépôts limité à 100 000 euros par banque : même en cas de faillite de l’établissement, le capital est couvert par la puissance publique.
À cette sécurité s’ajoute une simplicité très lisible. Aucun frais n’est prélevé à l’ouverture, à la gestion ou lors des retraits, l’argent n’est pas bloqué et peut être viré en quelques clics vers le compte courant. Tout résident, y compris les mineurs, peut détenir un seul Livret A, plafonné à 22 950 euros, qui sert dans beaucoup de foyers de véritable épargne de précaution, à mobiliser en cas de coup dur ou de dépense imprévue.
LEP et Livret A : pourquoi le premier ne détrône-t-il pas le second ?
Face au Livret A, le Livret d’épargne populaire (LEP) affiche un rendement supérieur : son taux passera de 2,7 % à 2,5 % au 1er février 2026, soit un point de plus. Sans intervention du gouvernement, l’application de la formule réglementaire de calcul l’aurait fait tomber à 1,9 %. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a décrit le LEP comme un « vrai produit, le plus avantageux, d’épargne populaire », lors d’une audition au Sénat, cité par franceinfo.
Pourtant, ce livret réservé sous conditions de revenus ne détrône pas le Livret A placement préféré des Français. La Banque de France recensait, en 2024, 31 millions de personnes éligibles au LEP pour seulement 11,9 millions de comptes. « Les personnes les plus modestes ont peu de capacité d’épargne, et donc peu de capacité d’ouvrir un LEP », rappelle l’économiste Philippe Crevel. Le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure s’adresse lui aussi aux foyers concernés : « J’engage les Français qui sont éligibles, qui sont en dessous des conditions de revenus qui permettent d’y avoir accès (…), à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret ». Malgré ces appels et un taux de 2,5 % pour le LEP contre 1,5 % pour le Livret A, l’épargne de précaution reste massivement logée sur ce dernier.
En bref
- Au 1er février 2026, le taux du Livret A passe de 1,7 % à 1,5 % en France, alors que 57 millions de livrets restent ouverts, soit plus de 80 % de la population.
- Malgré ce rendement modeste, la garantie intégrale de l’État, l’absence d’impôts et la liquidité immédiate en font le support central de l’épargne de précaution.
- Face à un LEP mieux rémunéré mais sous‑utilisé, le Livret A conserve ainsi un statut à part que l’article analyse en détail pour guider vos choix d’épargne.





