Pouvoir d’achat : Livret A et LEP relevés, factures d’énergie en baisse, mais impôts et retraites qui changent dès février 2026 pour votre budget
Taux des livrets, facture d’énergie, impôts, retraite et droits des voyageurs : février 2026 rebat les cartes de votre budget. Qui gagne, qui perd, et de combien exactement ?

Entre nouveaux barèmes d’épargne, factures d’énergie en baisse et échéances fiscales, le mois de février 2026 s’annonce chargé pour le budget des ménages. Plusieurs décisions déjà votées commencent à produire leurs effets, tandis que d’autres, plus discrètes, vont peser sur votre porte‑monnaie tout au long de l’année.
À partir du 1er, du 7 puis du 16 février, taux des livrets réglementés, abonnements d’électricité, prix repère du gaz, calendrier de l’impôt et règles d’indemnisation en cas de vol retardé évoluent en même temps. Certaines mesures sont plutôt favorables au pouvoir d’achat, d’autres compliquent l’accès à certains droits. Et certaines arrivent plus vite que vous ne l’imaginez.
Février 2026 : épargne, factures et impôts en mouvement
Dès le 1er février 2026, les produits d’épargne réglementée évoluent : le taux du Livret A, du livret de développement durable et solidaire (LDDS) et du livret jeune passe à 1,5 %, tandis que le livret d’épargne populaire (LEP) est fixé, grâce à un coup de pouce, à 2,5 %, au lieu de 1,9 % obtenu avec la formule de calcul réglementaire. Pour les ménages interressés par une épargne sécurisée, ces nouveaux taux améliorent le rendement de la trésorerie de précaution, en particulier pour les détenteurs d’un LEP. Ces ajustements, concentrés sur le début d’année, redessinent déjà la hiérarchie des placements sécurisés dans le budget 2026.
Du côté des factures, la contribution tarifaire d’acheminement (CTA) appliquée sur l’électricité passe de 21,93 % à 15 %, si bien que le prix de l’abonnement de tous les contrats de fourniture d’électricité baisse à partir du 1er février 2026 pour les particuliers et les professionnels. Pour le gaz, le prix repère de vente pour février 2026 sur la zone de GRDF recule de 1,5 % par rapport à janvier, avec par exemple un abonnement de 147,24 € TTC par an pour la cuisson et l’eau chaude, et de 343,90 € TTC pour le chauffage, pour un prix moyen du kilowattheure fixé respectivement à 0,13043 € et 0,09983 € TTC. Le calendrier de février comprend aussi, le 16 février, le 2e prélèvement pour tous les impôts mensualisés ainsi que le 2d prélèvement d’acompte de l’impôt à la source des revenus sans collecteur. Enfin, à partir du 7 février 2026, un passager qui voit son vol retardé d’au moins trois heures à l’arrivée devra engager une procédure de médiation avant d’engager une action puis déposer une assignation individuelle, laquelle requiert obligatoirement l’intervention coûteuse d’un commissaire de justice et souvent d’un avocat, alors qu’il est actuellement possible de saisir gratuitement le tribunal judiciaire via une simple requête.
Retraites et Budget 2026 : d’autres effets sur votre pouvoir d’achat
Pour les retraités, l’année 2026 modifie aussi le montant net versé chaque mois, y compris sur la pension de février. Le taux de CSG 2026 dépend du revenu fiscal de référence (RFR) 2024, avec des seuils revalorisés de 1,8 %, et quatre tranches : une exonération de 0 % protège les revenus modestes, avec un RFR de 13 048 € pour 1 part et de 20 014 € pour 2 parts, puis un taux réduit de 3,8 %, un taux médian de 6,6 % et un taux plein de 8,3 % dès que le RFR excède 26 472 € pour une part. Une partie de cette contribution est déductible de l’impôt sur le revenu : pour le taux normal de 8,3 %, la part déductible s’élève à 5,9 %, pour le taux médian à 4,2 %, tandis que le taux réduit de 3,8 % est intégralement déductible, et une exonération de CSG entraîne automatiquement la suppression de la CRDS à 0,5 % et de la taxe CASA à 0,3 %, soit 0,8 % de prélèvements en moins. Sur les retraites complémentaires, une cotisation maladie de 1 % s’applique dès que le taux de CSG retraite dépasse le niveau réduit, mais la règle du lissage sur deux ans fait que votre taux ne grimpe que si vos revenus dépassent les plafonds deux années consécutives, ce qui bloque les effets d’une hausse exceptionnelle de ressources sur votre pension nette mensuelle.
Plus globalement, le projet de Budget 2026 adopté par les députés puis renvoyé au Sénat intègre plusieurs mesures de dépenses affichées comme favorables au pouvoir d’achat. Un amendement du gouvernement prévoit une hausse des crédits de près de 1,5 milliard d’euros en 2026 pour augmenter la prime d’activité de 50 euros en moyenne pour 3 millions de personnes, selon les promesses de Sébastien Lecornu, tandis que le rétablissement de l’attribution de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) aux personnes handicapées en détention a été obtenu par le groupe Ecologiste et Social : « Les personnes handicapées incarcérées souffrent déjà de conditions de vie -ou plutôt de survie- désastreuses avec des locaux inaccessibles et un défaut grave d’accès aux soins et à l’accompagnement nécessaires… Envisager de couper l’un des seuls moyens de subsistance aux détenus handicapés pour faire quelques millions d’économie est profondément indigne de ce Gouvernement », indiquent les auteurs du texte, cités par Moneyvox. S’agissant des aides au logement, le gel des aides personnalisées au logement (APL) envisagé dans le projet initial est abandonné au profit d’un dégel, avec des APL revalorisées à hauteur de l’inflation à compter du 1er octobre 2026, et pour les APL versées aux étudiants étrangers, le gouvernement entend par contre les recentrer sur les étudiants extra‑communautaires boursiers afin « de les réserver à un public précaire s’installant durablement sur le territoire », explique l’amendement. Dans la fonction publique, un amendement écologiste et social supprime la décision prise au Sénat de porter à trois jours, contre un aujourd’hui, le délai de carence applicable aux agents publics en cas d’arrêt maladie : selon les auteurs du texte, « l’augmentation du nombre de jours de carence est une mesure injuste qui pénalise avant tout les agents les plus modestes, pour qui chaque jour non indemnisé représente une perte de revenu significative. Mais aussi une mesure "contreproductive, car toutes les études montrent qu’un allongement du délai de carence ne réduit pas l’absentéisme, mais conduit au contraire à des arrêts plus longs, les agents retardant leur départ en congé maladie au détriment de leur santé et du bon fonctionnement du service. » Les mêmes auteurs rappellent que « l’alignement avec le secteur privé est un argument "fallacieux" » puisque « près de 70% des salariés du privé sont en réalité couverts par leur entreprise dès les premiers jours d’absence. » Pour les travailleurs modestes, un amendement supprime la limitation à vingt-quatre mois consécutifs de la possibilité, pour les auto-entrepreneurs, de bénéficier du revenu de solidarité active (RSA), expliquent ses signataires parmi lesquels se trouve l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, tandis qu’un amendement du gouvernement veut mettre fin à l’aide au permis de conduire pour certains apprentis : « Cette aide génère des effets d’aubaine et induit une rupture d’égalité entre les étudiants. Elle n’est ni conditionnée au niveau de ressources de l’apprenti, ni ajustée en fonction des autres aides qu’il perçoit. Au surplus, ce dispositif se superpose avec de nombreux dispositifs existants par ailleurs, financés notamment par les collectivités territoriales ou par l’Etat (permis à 1 euro pour les jeunes, compte personnel de formation, aides locales, etc.) », explique le texte.
En bref
- En février 2026, de nouvelles règles touchent les livrets réglementés, les factures d’énergie, l’impôt et les retraites des ménages français.
- Taux du Livret A et du LEP relevés, CTA et prix repère du gaz en baisse, barème de CSG retraite ajusté et indemnisation aérienne durcie modifient votre trésorerie.
- Entre gains sur l’épargne, allègement de certaines charges et droits de recours plus complexes, ce mois charnière impose de passer au crible son budget et ses démarches.





