Or et argent en chute libre après l’annonce de Trump : ce que cache la nomination de Kevin Warsh à la Fed et qui affole les investisseurs

Par Paul Graph - Publié le

Le 30 janvier 2026, l’or et l’argent décrochent brutalement après l’annonce de Donald Trump de nommer Kevin Warsh à la tête de la Fed. Que s’est‑il passé pour transformer ces valeurs refuges en épicentre d’un krach éclair ?

Or et argent en chute libre après l’annonce de Trump : ce que cache la nomination de Kevin Warsh à la Fed et qui affole les investisseurs

Panique sur les métaux précieux : en une séance, le prix de l’once d’or a décroché de plus de 6 %, celui de l’argent de près de 17 %, effaçant en quelques heures une partie de la flambée des dernières semaines. Pour les investisseurs qui voyaient dans ces valeurs refuges un bouclier contre l’inflation et les tensions géopolitiques, le choc est rude et les graphiques donnent l’impression d’un krach presque vertical. Au cœur de ce retournement fulgurant, un nom revient pourtant en boucle à Wall Street : celui de Kevin Warsh.

Vendredi 30 janvier 2026, quelques jours après des records historiques autour de 5 595,47 dollars (un peu plus de 5 100 €) l’once pour l’or et plus de 121,65 dollars (environ 110 €) pour l’argent, Donald Trump officialise son intention de nommer Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale américaine. Quelques minutes plus tard, les cours se retournent et la séance se transforme en déroute pour les métaux précieux, sur fond de volumes impressionants. Derrière cette réaction en chaîne, un mélange de psychologie de marché, de politique monétaire et de mécanique boursière.

Or et argent en chute libre après la nomination de Kevin Warsh

Au plus fort de la séance, l’once d’or perd plus de 8 % avant de clôturer en repli de 6,27 %, autour de 5 037,91 dollars, soit près de 4 600 €. Selon des données de marché, il s’agit de la plus forte baisse quotidienne depuis 1983. L’argent subit un choc encore plus violent : jusqu’à 17 % de baisse en intraday, environ 27 % sur deux séances, pour finir aux alentours de 99 dollars l’once, soit un peu plus de 90 €. En quelques heures, une partie du rallye lancé depuis le début de l’année est effacée.

Ce coup de tonnerre ne reste pas cantonné aux seules matières premières. À Londres, des groupes miniers comme Anglo American, Rio Tinto ou Glencore décrochent lourdement, pénalisés par la perspective de revenus plus faibles tirés de l’extraction de métaux précieux. Les fonds indiciels et produits structurés adossés à l’or et à l’argent enregistrent, eux aussi, des flux vendeurs massifs. Pour les épargnants européens exposés à ces actifs, la séance de vendredi rappelle à quel point une simple annonce venue de Washington peut bouleverser la valorisation d’un portefeuille.

Fed, dollar fort et ventes forcées : les rouages de la correction

Au centre du scénario, la future présidence de la Réserve fédérale américaine. Ancien gouverneur de la Fed, Kevin Warsh est perçu comme un défenseur d’une politique monétaire plus ferme face à l’inflation, ce que les marchés résument souvent par une approche dite hawkish. L’officialisation de sa nomination par Donald Trump fait immédiatement remonter le dollar d’environ 1 %, rendant l’or, coté en dollars, plus cher pour les acheteurs dont la devise se déprécie. Selon Le Parisien, cette annonce a « rassuré » les marchés, en éloignant le scénario d’une Fed jugée trop proche de la Maison Blanche, ce qui réduit la prime de risque que de nombreux investisseurs avaient intégrée dans le prix des métaux.

La dimension psychologique s’ajoute à des ressorts très techniques. Après des hausses d’environ 30 % pour l’or et 70 % pour l’argent depuis le début de 2026, nombre d’opérateurs spéculaient à crédit via les contrats à terme ; quand le CME Group relève les appels de marge de 6 % à 8 % sur l’or et de 11 % à 15 % sur l’argent, une partie de ces positions doit être liquidée dans l’urgence, ce qui accentue encore la chute. Les cours, déjà portés à des niveaux historiques, étaient devenus « vulnérables à un repli », observe Ole Hansen de Saxo Bank, cité par Planet.fr. Pour de nombreux analystes, cet épisode brutal ne remet pas en cause le rôle de valeur refuge de l’or sur le long terme, mais il rappelle que même un actif jugé sûr peut connaître des à-coups violents quand politique et finance se télescopent.

En bref

  • Le 30 janvier 2026, une séance historique propulse l’or et l’argent en forte baisse après l’annonce de la nomination de Kevin Warsh à la Fed par Donald Trump.
  • Entre krach éclair sur les métaux précieux, rebond du dollar et durcissement anticipé de la politique monétaire américaine, les marchés réagissent violemment à ce signal jugé plus hawkish.
  • Effet de levier, appels de marge au CME et ventes forcées transforment la correction en déroute, avec des répercussions directes pour ETF, minières et épargnants exposés.