Succession, donation, assurance vie : ces abattements cumulables pour transmettre plus de 230 000 € par enfant d’ici 2026 sans payer d’impôt (ou presque)
Entre 2024 et 2026, les abattements succession et donation offrent aux familles des marges inédites pour aider enfants et petits-enfants sans droits. Comment organiser dons, bonus immobilier et assurance vie pour optimiser chaque euro transmis ?

Entre la peur des droits de succession et l’envie d’aider ses proches, beaucoup de parents se demandent combien ils peuvent réellement transmettre sans impôt. En coulisses, tout se joue sur un outil discret mais puissant : les abattements succession et donation, qui viennent réduire la base taxable avant tout calcul de droits.
Une donation permet de transmettre de son vivant une partie de ses biens à ses proches. Ce coup de pouce sert souvent à financer l’achat d’un premier logement, payer des études ou lancer une entreprise, tout en réduisant drastiquement la note fiscale. Il ne faut pas pour autant se démunir en cas de coup dur. Reste une question décisive pour les familles : comment organiser ces gestes financiers pour profiter au maximum du jeu des abattements, sans taxation inutile.
Abattements succession et donation : le premier niveau du jeu
Premier levier, les dons familiaux de sommes d’argent31 865 euros, renouvelée tous les quinze ans, prévue par l’article 790 G du Code général des impôts. Pour en bénéficier, deux conditions précises doivent être réunies :
- vous devez être âgé de moins de 80 ans au jour de la transmission ;
- le bénéficiaire doit être un descendant majeur – enfant, petit-enfant, arrière-petit-enfant, ou à défaut neveu ou nièce.
Ce plafond de 31 865 euros s’applique par donateur et par donataire, ce qui offre déjà une belle marge de manœuvre. Cette exonération s’ajoute ensuite aux abattements familiaux classiques, eux aussi renouvelés tous les quinze ans. Chaque parent peut donner jusqu’à 100 000 euros à chacun de ses enfants en totale franchise de droits de donation, soit jusqu’à 131 865 euros par enfant en combinant avec le don familial de sommes d’argent. Un détail interressant : plus le lien de parenté est éloigné, plus l’abattement diminue – 31 865 euros pour un petit-enfant, 15 932 euros pour un frère ou une sœur, 7 967 euros pour un neveu ou une nièce. Pour éviter les tensions, mieux vaut veiller à traiter les héritiers de façon équilibrée. Et dès qu’un don est réalisé, c’est au bénéficiaire de le déclarer sur le site impots.gouv.fr ; la démarche en ligne est obligatoire pour tout don manuel depuis le 1er janvier 2026.
Bonus immobilier 2026 : quand l’abattement grimpe à 231 865 euros
Autre pièce maîtresse du jeu, le dispositif temporaire lié à l’immobilier. Si votre fille ou votre fils a un projet de logement, une exonération supplémentaire de 100 000 euros par descendant s’ajoute, jusqu’au 31 décembre 2026, aux abattements précédents. S’agissant d’un parent, c’est ce mécanisme qui permet d’atteindre un potentiel de donation sans impôt allant jusqu’à 231 865 euros par enfant en 2026.
Cette enveloppe de 100 000 euros doit être utilisée sous six mois par vos enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants, ou à défaut par vos neveux ou nièces, pour acquérir un logement neuf ou en l’état futur d’achèvement, conformément à l’article 790 A bis du CGI. La somme peut aussi financer des travaux de rénovation énergétique dans leur résidence principale. Autre limite à garder en tête : chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 300 000 euros de l’ensemble des membres de sa famille pour ce type d’investissement immobilier. Entre dons familiaux, abattements classiques et ce bonus immobilier, le total commence à être significatif pour qui prépare tôt ses transmissions.
Assurance vie et succession : des abattements en plus à empiler
Reste un autre terrain où les abattements jouent un rôle central : l’assurance vie. Un lecteur, André, a ainsi posé cette question à la rédaction de Capital : « Bonjour, imaginons un particulier qui a souscrit une assurance vie avec un enfant comme bénéficiaire. Avant 70 ans, il a versé 152 500 euros, et après 70 ans, 30 500 euros. Le fils ne sera pas imposé jusqu’à 152 500 euros. Mais les 30 500 euros constituent-ils une exonération supplémentaire, après les 152 500 euros ? » Pour les versements réalisés avant 70 ans, l’article 990 I du CGI prévoit en effet un abattement individuel de 152 500 euros par bénéficiaire, couvrant à la fois le capital versé et les gains. Au-delà, versements et intérêts sont taxés à 20 % jusqu’à 700 000 euros taxables, puis à 31,25 %.
Pour les primes versées après 70 ans, c’est l’article 757 B qui s’applique, avec un abattement global de 30 500 euros à répartir entre tous les bénéficiaires. Au-delà, les sommes sont réintégrées dans la succession, mais les droits ne s’appliquent que sur les versements, les intérêts produits après 70 ans restant exonérés. Les deux régimes fonctionnent séparément, tout en se cumulant au moment de la succession : l’abattement de 30 500 euros ne vient pas réduire celui de 152 500 euros. Dans le cas évoqué par André, le fils profiterait donc des deux mécanismes, ce qui illustre bien comment les abattements liés à l’assurance vie s’ajoutent encore à ceux des donations pour alléger la transmission globale à un même enfant.
En bref
- En France, les abattements succession et donation permettent à chaque parent de transmettre des sommes importantes à ses enfants, petits-enfants ou proches en franchise de droits, selon des montants variables par lien de parenté.
- En combinant don familial de sommes d’argent, abattements classiques renouvelables tous les 15 ans et dispositif immobilier temporaire de 100 000 euros, il devient possible d’atteindre jusqu’à 231 865 euros par enfant sans impôt en 2026.
- L’article montre enfin comment empiler ces avantages avec l’assurance vie et ses abattements de 152 500 et 30 500 euros pour bâtir une stratégie de transmission globale sur mesure.





