Rupture conventionnelle en 2026 : ce qui va changer sur vos droits au chômage selon votre âge, jusqu’à 6 mois en moins

Par Paul Graph - Publié le

En 2026, la rupture conventionnelle n’offrira plus les mêmes droits au chômage selon que vous avez 40, 55 ou 60 ans. Qui perdra jusqu’à six mois d’indemnisation, et comment ces nouvelles règles peuvent bousculer vos projets de départ ?

Rupture conventionnelle en 2026 : ce qui va changer sur vos droits au chômage selon votre âge, jusqu’à 6 mois en moins

Vous envisagez une rupture conventionnelle en 2026, ou votre employeur vous en parle déjà ? Les règles de l’assurance chômage sont en train de bouger, et la durée comme le montant de vos allocations ne seront plus les mêmes selon que vous avez 45, 56 ou 60 ans. Les écarts deviennent suffisamment importants pour changer certains projets de départ.

Un accord a été trouvé entre patronat et syndicats sur les nouvelles règles applicables après une rupture conventionnelle, à la demande du gouvernement qui cherche à économiser 400 millions d’euros par an sur l’Assurance chômage. Derrière cet objectif budgétaire, les durées d’indemnisation seraient réduites, une dégressivité étendue, et l’âge pèsera lourd dans la balance : pour certains, la perte atteindrait plus de six mois de droits.

Rupture conventionnelle 2026 : un accord chômage qui vise des économies

Jeudi 26 février 2026, plusieurs organisations syndicales et les représentants du patronat (Medef, CPME, U2P) sont parvenus à un accord sur les futures règles de l’assurance chômage, incluant des mesures ciblées sur la rupture conventionnelle. Ces nouvelles dispositions doivent encore être validées par les instances internes au plus tard le 23 mars, puis votées par le Parlement pour entrer en vigueur. La rupture conventionnelle, créée en 2008, reste un outil interressant pour rompre un CDI d’un commun accord tout en ouvrant droit aux allocations chômage dans des conditions proches d’un licenciement, droit qui resterait maintenu en 2026 si toutes les conditions habituelles sont remplies.

Le dispositif est très utilisé : plus de 515 000 ruptures conventionnelles ont été signées en 2024, pour un coût évalué à 9,4 milliards d’euros. D’après l’Unédic, les salariés qui y recourent sont en moyenne plus jeunes et plus diplômés, avec une indemnisation journalière plus élevée (53 € par jour contre 39 € pour l’ensemble des allocataires) et des droits plus longs. La baisse programmée des durées d’indemnisation permettrait, selon les premières estimations, de générer 20 millions d’euros d’économies la première année, 270 millions la deuxième, 760 millions la troisième, puis 940 millions d’euros par an. À la demande de la CFDT, l’accord prévoit la mise en place d’un « accompagnement personnalisé et intensif » pour les demandeurs d’emploi issus d’une rupture conventionnelle, selon Notre Temps, accompagnement assuré par France Travail. La CFTC a aussi soutenu des pistes pour limiter les abus : allonger le délai lié aux indemnités supra-légales en les traitant comme un revenu de remplacement, imposer un délai minimum entre deux ruptures et pénaliser les entreprises qui y recourent trop souvent.

Durée d’indemnisation et dégressivité : ce qui change selon votre âge

Aujourd’hui, après une rupture conventionnelle, la durée maximale d’indemnisation dépend de l’âge : jusqu’à 18 mois pour les moins de 55 ans, 22,5 mois pour les 55–56 ans et 27 mois pour les 57 ans et plus. Le projet d’accord prévoit une baisse pour tout le monde et, en pratique, un recentrage autour de deux plafonds : 15 mois pour les moins de 55 ans et 20,5 mois pour les plus de 55 ans. En détail, la durée maximale passerait à 15 mois pour les moins de 55 ans, à 20,5 mois pour les 55–56 ans, et à 20,5 mois pour les 57 ans et plus, soit environ six mois et demi en moins pour ces derniers. En parallèle, une des trois tranches d’âge actuelles serait supprimée, sans précision sur celle qui disparaîtrait, tandis que la durée minimale de travail et la période de référence d’affiliation resteraient inchangées.

  • Moins de 55 ans : 18 mois aujourd’hui, 15 mois avec le projet (3 mois de moins).
  • 55–56 ans : 22,5 mois aujourd’hui, 20,5 mois avec le projet (2 mois de moins).
  • 57 ans et plus : 27 mois aujourd’hui, 20,5 mois avec le projet (environ 6,5 mois de moins).

Autre changement clé : la dégressivité des allocations chômage serait étendue aux salariés ayant signé une rupture conventionnelle et percevant plus de 2 000 € brut par mois, quel que soit leur âge. Leur allocation baisserait de 30 % à partir du 7ᵉ mois d’indemnisation. Aujourd’hui, cette baisse ne touche que les moins de 55 ans dont le salaire brut dépasse 4 940 € mensuels. Les plus de 55 ans seraient donc concernés pour la première fois par ce mécanisme s’ils franchissent le seuil de 2 000 €. Les principaux impactés par ces évolutions restent les salariés souhaitant une sortie négociée et leurs employeurs, avec un risque de diminution des accords et un ralentissement de la mobilité sur le marché du travail, même si une rupture conventionnelle homologuée continuera à ouvrir droit au chômage en 2026 et que chaque salarié pourra estimer ses droits via un simulateur dédié comme celui de Mes Allocs.

En bref

  • Le 26 février 2026, patronat et syndicats ont conclu un accord sur l’assurance chômage qui durcit les règles après une rupture conventionnelle.
  • La durée d’indemnisation passerait à 15 mois pour les moins de 55 ans et 20,5 mois pour les plus de 55 ans, avec une dégressivité de 30 % dès le 7ᵉ mois au‑delà de 2 000 € brut.
  • Selon votre âge et votre niveau de salaire, ces changements peuvent modifier en profondeur l’intérêt d’une rupture conventionnelle et le calendrier idéal de votre départ.