Livret A à 1,5 % en 2026 : ces comptes à terme sans risque à plus de 3 % (CIC, banques nordiques…) peuvent doubler vos intérêts sans que vous le sachiez
Avec un Livret A tombé à 1,5 % net, des milliers d’épargnants cherchent une alternative sans risque pour leurs liquidités excédentaires. Certains comptes à terme garantis affichent déjà mieux, mais à quelles conditions accepter de bloquer son argent ?

Le taux du Livret A, le placement préféré des Français, a de nouveau reculé au 1er février à 1,5 % net, au moment même où l’inflation tournait autour de 1,0 % en février 2026. Résultat : le gain réel sur cette épargne de précaution se réduit, surtout pour les ménages qui laissent des sommes importantes dormir sur leurs livrets.
Dans le même temps, des comptes à terme sans risque, à capital garanti et taux fixés à l’avance, affichent des rémunérations brutes qui dépassent 2,5 %, voire 3 % sur plusieurs années. Ils restent discrets, mais certains battent clairement le nouveau taux du Livret A une fois la fiscalité prise en compte. Le match ne fait que commencer.
Pourquoi les comptes à terme sans risque redeviennent attractifs face au Livret A
Un compte à terme est juridiquement un contrat de prêt accordé à une banque : l’épargnant y dépose une somme pour une durée comprise entre 3 mois et 5 ans, en échange d’un taux d’intérêt fixé dès la souscription et garanti jusqu’à l’échéance. Le capital garanti ne subit pas de fluctuation, les fonds restent en revanche bloqués pendant toute la période prévue, sauf sortie anticipée avec pénalités. Les versions strictement bloquées offrent en général le meilleur taux, tandis que les comptes à terme plus flexibles acceptent un retrait avant terme, mais en réduisant la rémunération.
Contrairement au Livret A, exonéré d’impôt, les intérêts d’un compte à terme sont soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique de 31,4 %, qui regroupe 17,2 % de prélèvements sociaux et 14,2 % d’impôt sur le revenu. Un exemple tiré des données de marché le montre : avec un taux brut de 3 %, le taux net final ressort à 2,06 % après PFU. Les calculs indiquent qu’il faut viser au moins 2,20 % brut pour qu’un compte à terme interressant dépasse réellement les 1,5 % nets du Livret A. Dans un contexte où « le gain réel s’avère limité » sur les livrets réglementés, cette marge devient décisive pour les gros montants.
Ces comptes à terme sans risque qui battent déjà le taux du Livret A
Selon les dernières données de la Banque de France, les comptes à terme rapportaient en janvier en moyenne 1,99 % brut pour une durée égale ou inférieure à 2 ans, contre 2,62 % brut au-delà de 2 ans. Plusieurs offres concrètes vont plus loin : la banque suédoise Morrow Bank, distribuée via une plateforme spécialisée, propose 2,40 % brut sur 2 ans, soit 1,65 % net après PFU. Une autre banque suédoise, Klarna Bank, affiche 2,67 % brut sur 24 mois, soit 1,83 % net, et 2,90 % brut sur 48 mois, pour un rendement net de 1,99 %.
Sur des durées plus longues encore, la fintech française Swaive, qui distribue ses produits en partenariat avec CFCAL-Banque, filiale du Crédit Mutuel Arkéa, propose 2,65 % brut sur 5 ans, soit 1,82 % net. Le CIC va plus haut avec 3 % brut sur 5 ans, pour un taux net de 2,06 %. Pour un capital de 50 000 euros, un Livret A à 1,5 % net génère 750 euros d’intérêts annuels, quand un compte à terme à 2,80 % brut sur un an atteint 1 400 euros, et 1 550 euros avec 3,10 % brut sur deux ans. La différence de gain net se chiffre alors en centaines d’euros chaque année, surtout si l’on échelonne plusieurs comptes à terme entre 6 mois et 5 ans afin de combiner rendement et disponibilité progressive.
Comptes à terme sans risque : pour qui et sous quelles conditions ?
Les comptes à terme sans risque visent d’abord les épargnants qui ont déjà rempli leur Livret A et leur LDDS, et disposent de liquidités en excédent. « En moyenne, il est recommandé de mettre de côté de 2 à 6 mois de revenus sur les livrets réglementée », rappelle Philippe Crevel, économiste, cité par MoneyVox. Au-delà de cette épargne de sécurité, ces produits s’adressent aux « gros portefeuilles » ou à ceux qui disposent de sommes importantes à placer pour une durée connue : l’économiste juge ce placement intéressant « sur des sommes en attente de réemploi, comme l’achat d’un bien immobilier. Mais ce n’est pas un placement de moyen et long terme », estime Philippe Crevel.
Avant d’ouvrir un compte à terme, plusieurs paramètres pratiques doivent être soigneusement passés en revue. L’accès impose souvent un capital minimum de départ situé entre 1 000 et 5 000 euros, sans plafond légal de dépôt, mais avec une garantie des dépôts limitée à 100 000 euros par personne et par établissement via le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution, ou son équivalent dans les autres pays de l’Union européenne. Les règles de retrait sont tout aussi centrales : une sortie anticipée réduit vos intérêts de 25 %, avec un délai de préavis pouvant atteindre 32 jours selon les normes Bâle III. Pour y voir clair, certains épargnants dressent une petite check-list avant de signer :
- horizon de placement précis (de 3 mois à 5 ans) et acceptation du blocage des fonds ;
- taux brut proposé supérieur au seuil de 2,20 % pour espérer battre durablement le Livret A ;
- montant de départ compatible avec les minimums exigés, sans dépasser les plafonds de garantie par banque ;
- pénalités de sortie anticipée et délai de préavis clairement indiqués au contrat.
En bref
- Depuis le 1er février, le Livret A ne rapporte plus que 1,5 % net alors que l’inflation avoisine 1 %, poussant surtout les gros épargnants à revoir leur stratégie.
- Plusieurs comptes à terme sans risque, à capital garanti et taux fixés entre 2,4 % et 3 % brut, offrent désormais un rendement net supérieur au Livret A pour des durées de 2 à 5 ans.
- Entre fiscalité à 31,4 %, blocage des fonds, pénalités de sortie et garantie des dépôts à 100 000 €, l’arbitrage Livret A–comptes à terme exige quelques calculs clés avant de se lancer.









