Pentagone : homards, iPad, fauteuils Herman Miller... ce rapport explosif révèle comment 93,4 milliards ont été brûlés en 5 jours en 2025
En septembre 2025, le Pentagone a enchaîné homards, iPad et fauteuils de luxe pour un total record de 93,4 milliards de dollars. Derrière ce shopping de fin d’exercice, une règle budgétaire explosive met Washington sous pression.

Au ministère américain de la Défense, la liste des achats de fin d’année ressemble à celle d’un grand hôtel plus qu’à celle d’une armée en guerre : homards à la tonne, entrecôtes, donuts par centaines, iPad neufs, fauteuils de luxe et même un piano à queue Steinway à 100.000 dollars (environ 92.000 €). Selon un rapport de l’association de veille budgétaire Open the Books, le département a multiplié les dépenses spectaculaires en septembre 2025, jusqu’à atteindre 93,4 milliards de dollars (autour de 86 milliards d’euros) engagés sur les cinq derniers jours ouvrables de l’exercice fiscal.
Ces achats, révélés par Open the Books et repris par la presse américaine, vont bien au-delà des besoins opérationnels classiques. Ils comprennent 6,9 millions de dollars de homards (environ 6,3 millions d’euros), 15,1 millions pour des entrecôtes (près de 13,9 millions d’euros) et 1 million pour du saumon (un peu plus de 900.000 €). À côté de ces festins, 5,3 millions de dollars (environ 4,9 millions d’euros) ont été consacrés à des appareils Apple, dont des iPad, et 225,6 millions de dollars (environ 208 millions d’euros) à du mobilier. Le tout sur fond de déficit fédéral record et d’une règle budgétaire très contestée, accusée d’encourager cette gabegie budgétaire.
Pentagone : homards, donuts, iPad et fauteuils Herman Miller au menu
Le détail des dépenses donne la mesure du décalage qui choque une partie de l’opinion américaine. Le rapport d’Open the Books relève plus de 20 millions de dollars (environ 18,4 millions d’euros) de produits alimentaires : 6,9 millions en homards, 15,1 millions en entrecôtes et 1 million en saumon. À cela s’ajoutent 272 commandes de donuts pour 139.224 dolars (environ 128.000 €), 124.000 dollars (environ 114.000 €) de machines à crème glacée et 26.000 dollars (près de 24.000 €) pour des tables de préparation de sushis.
Le confort des bureaux n’a pas été oublié. En septembre, 5,3 millions de dollars ont été consacrés à des appareils Apple, notamment des iPad, tandis que 225,6 millions de dollars partaient dans du mobilier, dont 12.540 dollars (environ 11.500 €) pour de simples présentoirs à corbeilles de fruits et plus de 60.000 dollars (près de 55.000 €) pour des fauteuils inclinables haut de gamme du fabricant Herman Miller. Plus de la moitié des 93,4 milliards de dollars dépensés sur les cinq derniers jours, soit 50,1 milliards (environ 46 milliards d’euros), correspondent d’ailleurs à des subventions et contrats attribués à des entités externes, et non à des salaires ou à des coûts de personnel courants. Face à cette frénésie, Open the Books rappelle que « Le gouvernement fédéral a enregistré un déficit de 1.800 milliards de dollars en 2025 », a souligné l’organisation, citée par BFMTV.
La règle « use-it-or-lose-it », le Doge de Donald Trump et les appels à la réforme
Au centre de la polémique, une mécanique budgétaire bien connue à Washington : le système dit « use-it-or-lose-it », littéralement « dépenser ou perdre ». La plupart des agences fédérales doivent utiliser l’intégralité de leurs crédits avant le 30 septembre, fin de l’exercice fiscal, sous peine de voir les fonds non dépensés retourner au Trésor et leur enveloppe future potentiellement réduite. Ce mécanisme crée une forte incitation à accélérer les dépenses en fin d’année, y compris pour des achats qui n’ont que peu à voir avec la mission militaire. Des pics similaires existaient déjà sous l’administration de Joe Biden, mais Open the Books estime que les montants atteints en 2025 sont sans équivalent.
Pour l’ONG, le problème dépasse largement les anecdotes de homards ou de pianos. Même si l’État supprimait toutes les dépenses discrétionnaires qui ne concernent pas la défense, le déficit ne serait réduit que de 40 %, estime le rapport, qui juge indispensables des coupes dans la défense, Medicare ou la sécurité sociale. Open the Books plaide donc pour un changement profond du système « use-it-or-lose-it », afin de permettre à l’administration « de reporter des portions de son budget sur l’année suivante, au lieu de gaspiller de l’argent en fruits de mer et en pianos chaque mois de septembre ». L’organisation rappelle aussi que « Donald Trump a appelé à ce que le budget du département de la Défense (DoD) passe de 1 000 milliards à 1 500 milliards de dollars d’ici 2027, ce qui rendrait l’équilibre budgétaire encore plus irréalisable ». Un paradoxe d’autant plus frappant que le président avait créé, en arrivant à la Maison Blanche, le Doge, un ministère de l’Efficacité gouvernementale confié à Elon Musk et chargé de couper 1.000 milliards de dollars (environ 920 milliards d’euros) de dépenses publiques, avant d’être finalement dissous à l’issue de sa mission.
En bref
- En septembre 2025, le Département de la Défense américain a engagé 93,4 milliards de dollars en quelques jours, selon un rapport d’Open the Books.
- Entre homards, donuts, iPad, fauteuils Herman Miller et piano Steinway, la frénésie de fin d’exercice met en lumière les dérives du système budgétaire use-it-or-lose-it.
- Au milieu d’un déficit fédéral record, la promesse de rigueur portée par Donald Trump, Elon Musk et le Doge vacille, tandis que des élus réclament des réformes profondes.








