Impôts 2026 : ce choix entre abattement de 10% et frais réels que des millions de salariés ratent encore, et qui peut vous coûter très cher
Entre l’abattement automatique de 10 % et les frais réels à détailler, votre déclaration 2026 peut virer au casse-tête. Télétravail, trajets, remboursements employeur : à partir de quand ce choix change vraiment votre impôt ?

Vous avez commencé votre déclaration des revenus 2025 et vous tombez sur ce choix qui fait hésiter beaucoup de salariés : laisser l’abattement de 10% s’appliquer automatiquement ou basculer vers la déduction des frais réels. Entre trajets domicile-travail, journées de télétravail, repas pris à l’extérieur et achat de matériel, l’enjeu peut représenter plusieurs centaines d’euros d’impôt.
La campagne des impôts 2026 sur les revenus de 2025 s’est ouverte ce jeudi 9 avril, pour près de 40 millions de foyers. La Direction générale des finances publiques (DGFiP) rappelle que tous les salariés peuvent soit profiter d’un forfait de 10% sur leurs salaires, soit déduire le montant exact de leurs frais professionnels. Derrière ce choix en apparence simple, quelques pièges fiscaux viennent compliquer l’arbitrage.
Impôts 2026 : ce que couvre vraiment l’abattement de 10% sur vos frais professionnels
Par défaut, le fisc applique un abattement forfaitaire de 10% sur les traitements et salaires, censé couvrir l’ensemble des dépenses liées à l’activité : trajets domicile-travail, repas pris pendant le temps de travail, petit matériel, frais de communication, y compris ceux liés au télétravail. Tant que vous conservez cet abattement, vous ne pouvez pas ajouter par dessus des frais de télétravail ou de transport, ils sont réputés déjà intégrés.
Ce mécanisme a un avantage très clair : aucune note à détailler, aucun justificatif à produire lors de la déclaration, et un calcul automatique qui convient à la majorité des salariés, surtout quand l’employeur rembourse déjà une partie des dépenses (abonnement de transport, tickets restaurant, prime télétravail). Capital prend l’exemple d’un salarié dont l’abattement de 10% représente 2.500 euros, alors que le forfait télétravail à 2,70 euros par jour n’atteint que 378 euros pour environ 140 jours travaillés à domicile ; dans une situation de ce type, le forfait reste donc plus interessant.
Déduction des frais réels en 2026 : dépenses admises, télétravail et justificatifs
Pour passer aux frais réels, il faut d’abord que les dépenses soient reconnues comme professionnelles par l’administration. Le site impots.gouv.fr, cité par RMC Conso, rappelle plusieurs conditions :
- ces dépenses doivent être effectuées dans le seul but d’acquérir ou de conserver vos revenus professionnels ;
- elles doivent être liées et nécessitées par l’exercice de votre activité salariée ;
- elles doivent avoir été payées au cours de l’année 2025 ;
- elles doivent être justifiées par des factures, tickets de caisse, relevés, que vous devez conserver 3 ans.
Concretement, vous pouvez déduire vos frais de déplacement domicile-travail (en utilisant le barème kilométrique ou les dépenses de carburant et de transports en commun), vos repas quand vous êtes obligé de manger hors de chez vous, mais seulement pour la part qui dépasse la « valeur fiscale d’un repas pris au foyer », fixée à 5,45 euros pour 2025. Les frais de télétravail entrent aussi dans le champ : soit via un forfait de 2,70 euros par jour, soit en déduisant les dépenses exactes (internet, fournitures, matériel, voire une quote-part de loyer et de charges), à condition de pouvoir en démontrer l’usage professionnel. Pour le matériel informatique, dès qu’un achat dépasse 500 euros, il doit être étalé sur trois ans.
Frais réels ou abattement de 10% : dans quels cas l’option est vraiment avantageuse ?
RMC rappelle que l’option frais réels devient intéressante si, au total, vos dépenses professionnelles dépassent nettement le montant de l’abattement de 10%. Mais ce n’est pas le seul paramètre. Les cotisations versées à un syndicat peuvent, par exemple, être déduites dans les frais réels, au prix de la perte du crédit d’impôt existant sur ces mêmes cotisations. Surtout, si vous choisissez cette option, vous devez ajouter à vos salaires imposables toutes les allocations et remboursements pour frais d’emploi versés par l’employeur : prise en charge de l’abonnement de transport, remboursement de frais, mise à disposition d’une voiture pour les déplacements, voire allocation de télétravail.
Ce point peut faire basculer le calcul. Selon l’administration fiscale, citée par RMC Conso, « le fait que le montant de la déduction de 10% soit inférieur à la déduction de vos frais réels ne veut pas forcément dire que cette dernière solution soit plus avantageuse », prévient-elle. Autrement dit, il faut comparer d’un côté 10% de vos salaires, et de l’autre l’ensemble de vos frais réellement supportés en 2025, après avoir réintégré dans votre revenu imposable tous les remboursements de l’employeur. En pratique, le choix passe aussi par une question très terre à terre : le gain obtenu vaut-il les heures passées à détailler chaque dépense dans la case 1AK (ou en ligne via l’option « frais réels ») et à garder précieusement vos justificatifs pendant trois ans ?
En bref
- Pour la déclaration des revenus 2025 ouverte le 9 avril 2026, chaque salarié doit arbitrer entre l’abattement forfaitaire de 10 % et la déduction de ses frais professionnels réels.
- Le guide détaille les conditions posées par la DGFiP, les principaux frais déductibles (trajets, repas, télétravail, matériel) et l’impact des remboursements employeur à réintégrer dans le revenu.
- Des exemples chiffrés et des mises en garde sur les cotisations syndicales ou le temps passé à réunir les justificatifs aident à estimer si le passage aux frais réels vaut vraiment l’effort.








