Aide à domicile : la fin de l’exonération de cotisations avant 80 ans en 2026 fait exploser la facture cachée des 70‑79 ans

Par Paul Graph - Publié le

Depuis le 1er janvier 2026, des milliers de particuliers employeurs de 70 à 79 ans voient le coût de leur aide à domicile grimper. Âge, situation, exonération à 80 ans : où vous situez-vous et combien cela peut-il vous coûter ?

Aide à domicile : la fin de l’exonération de cotisations avant 80 ans en 2026 fait exploser la facture cachée des 70‑79 ans

Employez-vous une aide à domicile pour le ménage, les courses ou le jardinage ? Depuis le début de l’année 2026, la facture de nombreux particuliers employeurs âgés a commencé à grimper, sans qu’ils en aient forcément conscience. La raison ne tient pas à une hausse de salaire de leur employé, mais à un changement de règle sur les cotisations patronales liées à cet emploi.

Jusqu’ici, à partir de 70 ans, une grande partie de ces cotisations était exonérée pour les seniors qui déclaraient correctement leur salarié. Un décret publié le 8 avril 2026 est venu relever cet âge d’ouverture de droit à 80 ans, avec application rétroactive au 1er janvier. Un glissement de seuil qui ne touche pas tout le monde de la même façon, et qui dépend désormais étroitement de votre âge et de votre situation.

Exonération aide à domicile : ce qui change à partir de 80 ans

Lorsque l’on est senior, il est courant d’employer quelqu’un pour le ménage, la préparation des repas, les courses ou quelques travaux de jardinage. Jusqu’au 31 décembre 2025, un particulier employeur âgé de 70 ans ou plus bénéficiait d’une exonération de cotisations patronales sur cet emploi. Depuis le 1er janvier 2026, cette exonération automatique n’est plus accordée qu’aux personnes d’au moins 80 ans : les 70 à 79 ans doivent désormais payer l’intégralité de ces cotisations, sauf cas spécifiques.

Ce changement ne vaut pas seulement pour l’avenir. Bien que le décret ait été pris le 8 avril 2026, la réforme s’applique avec rétroactivité au 1er janvier 2026. Les particuliers qui emploient une aide à domicile depuis le début de l’année vont donc devoir régulariser plusieurs mois de cotisations. Le gouvernement rappelle que, pour les couples employeurs, la condition d’âge « est remplie dès lors que l’un des deux conjoints a atteint 80 ans depuis 2026 (au lieu de 70 ans auparavant) », explique le gouvernement, cité par RMC/BFMTV. Concrètement, un conjoint de 75 ans peut continuer à profiter de l’exonération si l’autre a 80 ans ou plus.

Combien allez-vous payer en plus selon votre âge et votre situation ?

Pour les seniors de 70 à 79 ans qui n’entrent dans aucun dispositif particulier (autonomie préservée, pas de reconnaissance de handicap, pas d’APA…), la perte de l’exonération se traduit par une hausse sensible du reste à charge. Selon le média spécialisé Notre Temps, cité par RMC/BFMTV, le fait de devoir payer les cotisations patronales peut augmenter le coût d’un emploi à domicile de 15 à 20 %. Pour un senior qui emploie une aide 20 heures par mois, cela représente de l’ordre de 20 à 40 euros supplémentaires chaque mois. Comme la mesure est rétroactive au 1er janvier, la régularisation des quatre premiers mois de l’année peut atteindre jusqu’à 160 euros dans cet exemple.

Toutes les personnes ne perdent pas pour autant l’avantage. Le gouvernement a décidé de maintenir l’exonération de cotisations patronales, quel que soit l’âge, pour certains publics jugés plus fragiles ou déjà accompagnés par la solidarité nationale. Continuent ainsi d’en bénéficier :

  • les personnes touchant l’allocation personnalisée d’autonomie (APA)
  • les personnes touchant la Prestation de compensation du handicap (PCH)
  • les titulaires d’une carte d’invalidité à 80 %
  • les personnes reconnues en incapacité totale de travailler
  • les parents d’un enfant ouvrant droit au complément d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH)

D’après l’exécutif, ce recentrage s’explique par le fait que ce dispositif visait à l’origine des personnes en voie de dépendance ou à faibles ressources, alors qu’avec l’allongement de l’espérance de vie, il profitait aussi à des retraités en bonne santé qui auraient les moyens de payer ces services sans allégement de cotiations. Pour les seniors de moins de 80 ans qui perdent cette exonération, le crédit d’impôt de 50 % sur les dépenses d’aide à domicile reste en revanche entièrement applicable. En cette période de déclaration de revenus, il reste important de bien indiquer le montant des sommes versées à votre salarié à domicile pour continuer à profiter de cet avantage fiscal.

Sources

En bref

  • Depuis le 1er janvier 2026, un décret relève de 70 à 80 ans l’âge d’exonération de cotisations patronales pour l’emploi d’une aide à domicile.
  • Les seniors de 70 à 79 ans sans autre dispositif verront leur facture augmenter de 15 à 20 %, avec une régularisation rétroactive sur plusieurs mois.
  • Exceptions, crédit d’impôt de 50 % et démarches possibles permettent néanmoins de limiter en partie la hausse selon chaque situation.