Bitcoin à 100 000 $ : Michael Saylor annonce un bull run mais ces données on-chain révèlent un piège imminent

Alors que le bitcoin oscille autour de 83 000 dollars, Michael Saylor assure sur Bloomberg que le bull market ne fait que commencer. Entre flux d’ETF en berne et signaux on-chain contrastés, ce pari sur les 100 000 dollars intrigue les investisseurs.
Autour de 83 000 dollars, soit un peu plus de 78 000 €, le cours du bitcoin donne l’impression de marquer une pause. Les ETF Bitcoin américains viennent d’enregistrer près de 680 millions de dollars de sorties nettes en une semaine et le rendement des obligations américaines à 10 ans a touché 5,37 %, tandis que la Réserve fédérale envisage encore une hausse de taux d’ici décembre. Dans ce décor, Michael Saylor tient pourtant un discours résolument haussier.
Le fondateur de Strategy affirme que le bitcoin se trouve au « début d’un bull market » et promet un retour au-dessus de la barre symbolique des 100 000 dollars, soit autour de 94 000 €. L’entrepreneur appuie cette conviction sur des signaux techniques de long terme et sur plusieurs moteurs structurels, de la régulation à l’intelligence artificielle. Les données on-chain et les flux vers les ETF décrivent toutefois un marché en plein éveil, mais déjà soumis à des prises de profits massives. Reste à voir si ce début de cycle a vraiment les épaules pour emmener le roi des cryptos dans les six chiffres.
Michael Saylor, un pari assumé sur un Bitcoin à 100 000 dollars
Dans un entretien accordé à Bloomberg le mardi 13 octobre, Michael Saylor affirme que le bitcoin se trouve au « début d’un bull market » et qu’il reviendra « au-dessus de 100 000 dollars », a-t-il assuré, cité par le Journal du Coin. Il souligne que la cryptomonnaie a brièvement glissé sous sa moyenne mobile 200 semaines avant de rebondir nettement au-dessus, un comportement qui a souvent marqué les points bas des grands cycles passés. Ce mouvement signerait pour lui le départ d’un nouveau bull market pour le BTC, encore loin d’avoir livré tout son potentiel.
Son horizon reste très étiré dans le temps : le patron de Strategy table sur une progression annuelle de 20 à 30 % du bitcoin pendant les 20 prochaines années. Pour expliquer cette confiance, il met en avant un environnement réglementaire jugé plus favorable, l’arrivée progressive des banques traditionnelles, le décollage du crédit adossé au BTC et la montée en puissance des titres tokenisés. S’y ajoute un pari audacieux sur l’intelligence artificielle : selon lui, l’IA va dévaloriser les entreprises dont la richesse repose sur le travail humain, poussant les investisseurs vers des actifs que les machines ne peuvent pas reproduire. Dans ce schéma, le bitcoin devient le « roi des matières premières ». En toile de fond, la société affiche 848 250 BTC en réserve, achetés à un prix moyen de 75 444 dollars l’unité, avec encore 250 BTC acquis la semaine dernière autour de 86 194 dollars, alors que l’action MSTR a reculé d’environ 53 % sur un an.
Données on-chain et ETF : un bull market Bitcoin jeune mais sous tension
Les indicateurs de marché dressent un tableau plus contrasté. Après un pic à plus de 87 000 dollars en début de semaine dernière, soit environ 82 000 €, les données de CryptoQuant montrent que la marge de profit non réalisée des traders de court terme a grimpé à 33 %, un plus haut depuis décembre 2024. Le 22 septembre, près de 25 700 BTC ont quitté leur adresse en situation de gain, un record sur l’année 2026, signe que nombre d’investisseurs sécurisent leurs plus-values. « Quand les détenteurs transfèrent leurs cryptos vers les exchanges, c’est généralement qu’ils comptent vendre », rappelle Julio Moreno, responsable de la recherche chez CryptoQuant, cité par Cryptoast.
| Indicateur | Valeur clé | Date / période | Lecture |
|---|---|---|---|
| Prix du bitcoin | ≈ 83 000 $ (~78 000 €) | Mi-octobre 2026 | Proche des sommets récents |
| Objectif évoqué par Michael Saylor | > 100 000 $ (~94 000 €) | Entretien du 13 octobre | Environ +20 % à franchir |
| Marge de profit des traders court terme | 33 % | Fin septembre 2026 | Zone élevée, propice aux ventes |
| BTC sortis « en profit » | 25 700 BTC | 22 septembre 2026 | Record annuel de prises de gains |
| Flux des ETF Bitcoin US | -680 M$ sur 1 semaine | Début octobre 2026 | Reflux temporaire de la demande |
| Supports techniques majeurs | 80k / 71k / 67k $ | Moyennes mobiles et prix réalisé | Zones clé à surveiller |
Dans le même temps, les signaux de flux restent fragiles. Les dépôts d’altcoins sur les plateformes d’échange ont explosé, avec 76 000 transactions et 51 000 adresses uniques déposantes en sept jours, des niveaux comparables à ceux observés quelques jours après le précédent record historique du bitcoin à 126 000 dollars. Sur le marché au comptant, la demande s’est contractée d’environ 170 000 BTC sur 30 jours et la croissance de la demande sur les contrats à terme est passée de 164 000 BTC le 14 septembre à 16 000 BTC le 29 septembre. « Sans nouvelle demande, les rallyes peinent à se prolonger », prévient Julio Moreno, qui parle d’un « Toujours un bull market, mais qui montre des signes de fatigue » et d’une possible « consolidation saine » plutôt que d’un retournement de tendance. Pour que le scénario d’un Bitcoin à 100 000 dollars se matérialise, les analystes de CryptoQuant identifient plusieurs niveaux à préserver : un premier support autour de 80 000 dollars, soit près de 75 000 €, puis la moyenne mobile 200 jours vers 71 000 dollars et enfin un prix d’achat moyen des traders proche de 67 000 dollars ; une stagnation prolongée pourai décourager les nouveaux entrants que Michael Saylor espère voir arriver.
En bref
- Mi-octobre 2026, avec un bitcoin autour de 83 000 dollars et des ETF US en retraits, Michael Saylor défend sur Bloomberg un scénario haussier de long terme.
- Il s’appuie sur la moyenne mobile 200 semaines, la régulation et l’arrivée des banques pour viser un bitcoin au-dessus de 100 000 dollars malgré une demande déjà hésitante.
- Entre prises de bénéfices massives, supports critiques à 80k–67k et bull market jugé « jeune mais fatigué », l’issue de ce bras de fer entre narratif et données reste ouverte.






