Bitcoin : un cerveau de mouche dopé à la dopamine trade 100$ en direct, est-ce plus rentable qu'un humain ?

En branchant un cerveau de drosophile simulé sur Coinbase, Alex Wormuth a confié 100 dollars à une mouche pour trader le Bitcoin. Derrière ce projet stonkfly, une expérience aussi encadrée que déroutante interroge déjà la finance autonome.
Bzz, bzz. Sur X, un développeur a annoncé avoir confié 100 dollars, soit environ 93 €, à une mouche pour trader du Bitcoin. Derrière le pseudonyme @nftechie_, Alex Wormuth a branché un cerveau de drosophile simulé sur un compte Coinbase, avec un vrai portefeuille BTC en ligne de mire et un mécanisme de récompense à la dopamine pour guider les décisions.
Le projet, baptisé stonkfly, repose sur le connectome complet d’une mouche mâle adulte, un graphe neuronal baptisé MaleCNS v1.0 qui reconstitue environ 166 700 neurones et 25,6 millions de connexions. « Une expérience aussi absurde en apparence que sérieuse sur le plan scientifique, à la frontière des neurosciences, de l’informatique et de la crypto », résume Mattis Meichler, journaliste chez Cryptoast. La mouche, elle, ne dort jamais.
Stonkfly : quand un cerveau de mouche se met à trader du Bitcoin
À l’origine de cette histoire, il y a la publication, le 3 septembre, par Google Research et le HHMI Janelia Research Campus, de la première cartographie complète du système nerveux central d’une drosophile mâle adulte. Ce connectome MaleCNS v1.0 sert de base à stonkfly : le cerveau de la mouche est entièrement simulé, puis utilisé comme un réseau neuronal biologique numérique plutôt qu’un simple algorithme classique.
Les cours du Bitcoin sont transformés en petites images de graphique, façon test de Rorschach. Ces images stimulent 3 335 entrées de luminosité et 811 entrées de couleur, qui imitent les photorécepteurs de l’insecte. L’activité qui en résulte traverse les 166 700 neurones simulés jusqu’à un module de sortie fixe. Ce module traduit le signal final en trois ordres possibles : acheter, vendre ou ne rien faire. Les ordres passent ensuite par Coinbase AgentKit, la boîte à outils lancée en 2024 pour connecter des agents d’intelligence artificielle à Coinbase Advanced sur le marché spot.
Dopamine, garde fous et finance autonome autour de la mouche Bitcoin
Pour donner à cette mouche numérique une forme de motivation, stonkfly s’appuie sur des neurones dopaminergiques identifiés chez la drosophile. Chaque profit sur la position Bitcoin déclenche une décharge dans 15 neurones dits PAM11, associés à la récompense. À l’inverse, chaque perte active deux cellules dopaminergiques aversives, PPL101. Ce signal modifie certaines connexions synaptiques selon une règle de mémoire que Alex Wormuth décrit comme une simple « candidate » et non comme un système déjà validé. La documentation du projet reste explicite : « L’apprentissage rentable n’a pas été démontré. »
| Élément | Implémentation | Chiffres / limites | Rôle pour le trading |
|---|---|---|---|
| Base neuronale | Connectome MaleCNS v1.0 | 166 700 neurones, 25,6 M connexions | Structure le “cerveau” de la mouche |
| Entrées visuelles | Graphiques BTC en images | 3 335 luminosité, 811 couleur | Simule la rétine de l’insecte |
| Décision | Module de lecture fixe | Acheter, vendre ou attendre | Transforme le signal en ordre |
| Dopamine | Neurones PAM11 et PPL101 | 15 récompense, 2 aversifs | Renforce ou punit les choix |
| Modes d’exécution | Paper par défaut, option live | Live plafonné à 100 $ | Passe du test au marché réel |
| Garde fous | Limites fixées dans la doc | 10 $/ordre, 24/j, stop -20 $ | Contient le risque du portefeuille |
Les garde fous sont stricts : la documentation limite chaque ordre à 10 dollars, environ 9 €, frais compris, pour un maximum de 24 tentatives par jour, sans vente à découvert ni effet de levier. Un seuil de perte de 20 dollars, soit environ 19 €, coupe les nouveaux ordres mais ne liquide pas les positions en cours. Le mode live existe bien, via une option dédiée dans le dépôt GitHub, avec un plafond à 100 dollars, environ 93 €, et les mêmes contraintes.
Par défaut, la mouche trade pourtant en paper trading, sans connexion à un compte réel, ce qui permet d’observer le comportement du connectome sans risquer d’argent. En parallèle des expérimentations sur le Bitcoin, d’autres développeurs ont déjà relié ce cerveau simulé à des jeux comme Doom ou Super Mario 64, à des environnements de conduite automobile ou même à un combat au sabre façon Star Wars. Un memecoin baptisé FLYBRAIN a été lancé sur Robinhood Chain, signe que l’idée inspire déjà les marchés, mais la performance interressante à suivre reste celle de cette mouche qui apprend lentement à lire un carnet d’ordres.
En bref
- Le 10 septembre 2026, le développeur Alex Wormuth, alias @nftechie_, révèle sur X stonkfly, un cerveau de drosophile simulé branché sur Coinbase pour trader du Bitcoin avec 100 dollars.
- Basé sur le connectome MaleCNS v1.0, le système transforme les graphiques BTC en signaux visuels, fait circuler l’information dans 166 700 neurones, déclenche dopamine PAM11/PPL101 et envoie des ordres buy/sell/hold via Coinbase AgentKit, sous strictes limites de risque et en paper trading par défaut.
- Entre publication scientifique de Google Research et HHMI Janelia, garde fous chiffrés et dérives memecoin comme FLYBRAIN, stonkfly illustre les promesses et les zones grises de la future finance agentique.





