"C'est une arnaque" : la charge violente de Donald Trump contre ce patron de l'IA qui refuse de livrer sa technologie à l'armée

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« C’est une arnaque » : la charge violente de Donald Trump contre ce patron de l’IA qui refuse de livrer sa technologie à l’armée

En pleine tempête autour de la régulation de l’IA, Donald Trump traite la peur d’une machine toute-puissante de simple « arnaque » et vise Anthropic. Derrière cet affrontement avec Dario Amodei se joue un bras de fer politique qui dépasse largement la Silicon Valley.

Le dernier coup de colère de Donald Trump vise cette fois un acteur clé de l’intelligence artificielle générative. Sur Truth Social, le président américain s’en est pris au laboratoire Anthropic et à son directeur général Dario Amodei, coupables à ses yeux de freiner la course à l’IA alors que le débat public s’enflamme sur les risques de ces systèmes et la place gigantesque prise par les data centers.

Au même moment, le patron d’Anthropic plaidait pour une décélération du développement des modèles les plus puissants et des responsables internationaux des droits humains appelaient à encadrer plus strictement cette technologie. Dans ce climat électrique, la riposte de la Maison-Blanche ne relève pas seulement de la polémique, apparement : elle prolonge un bras de fer déjà ancien entre Washington et la start-up californienne. Un affrontement qui structure désormais tout le récit politique autour de l’IA.

Trump balaie la peur d’une IA toute-puissante comme un hoax

Le 14 septembre 2026, sur sa plateforme Truth Social, Donald Trump a rejeté les appels à davantage de régulation de l’intelligence artificielle. Dans un message visant directement les dirigeants du secteur, il a lancé : « Concernant l’IA, à quel moment, dans l’histoire des affaires, a-t-on vu les dirigeants d’un secteur réclamer une régulation qui, appliquée avec rigueur, les mènerait à la ruine et à la faillite ? L’idée que l’IA va prendre le contrôle du monde et détruire l’humanité est un hoax, pas différent des autres hoax et arnaques. », a écrit Donald Trump sur Truth Social, cité par Journal du Coin.

Quelques heures plus tard, le président américain a doublé la mise avec un autre post intitulé « Hoax Buster », où il tourne en dérision les scénarios d’apocalypse technologique. « Je suis le Hoax Buster, et je suis en train de démonter un autre hoax : que l’IA va prendre le contrôle, consumer et détruire le monde, et que des robots vont défiler dans nos villes pour se débarrasser de nous tous ! C’est encore plus délirant que le hoax Russia Russia Russia, ou l’arnaque du réchauffement climatique. », a poursuivi le chef de l’Etat sur Truth Social.

Pourquoi Anthropic et Dario Amodei sont dans le viseur de la Maison-Blanche

Derrière ces attaques se trouve une cible bien précise : Anthropic et son cofondateur Dario Amodei, qui plaide pour un développement plus prudent des modèles d’IA les plus avancés. L’ingénieur a soutenu en Californie le projet de loi SB 53 sur la transparence des modèles, s’est opposé à un moratoire fédéral qui aurait gelé pendant dix ans les initiatives de régulation des Etats, et estime qu’il existe entre 10 et 25 % de probabilité que cette technologie évolue très mal. Dans un message publié sur le site de l’entreprise, il a évoqué une IA « capable de prendre le contrôle de l’intégralité d’internet » d’ici six à douze mois, a écrit Dario Amodei dans ce texte, cité par Franceinfo. Le même jour, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les Etats et les entreprises à agir vite pour encadrer les modèles d’IA de pointe, en avertissant que cette technologie met en danger des droits fondamentaux comme la vie, la santé, la sécurité ou la vie privée.

Le bras de fer a pris une tournure concrète des mois plus tôt, quand le 27 février 2026, Donald Trump a ordonné la fin de l’utilisation de la technologie d’Anthropic dans l’administration fédérale. « J’ordonne à TOUTES les agences fédérales du gouvernement américain de CESSER IMMEDIATEMENT toute utilisation de la technologie d’Anthropic. Nous n’en avons pas besoin, nous n’en voulons pas, et nous ne travaillerons plus avec eux », a tonné le président américain sur sa plateforme Truth Social. L’entreprise, qui avait signé un contrat de 200 millions de dollars (environ 185 millions d’euros) avec le Pentagone quelques mois plus tôt, refusait d’ouvrir sans restriction son IA à l’armée, par exemple pour des projets de surveillance de masse ou d’armes totalement autonomes. Les data centers qui hébergent ces modèles, accusés de faire grimper les factures d’électricité dans plusieurs Etats américains, sont devenus un sujet brûlant de campagne, ce qui nourrit aussi le discours de Donald Trump contre ceux qui, comme Anthropic, appellent à freiner ou à encadrer l’IA. Dénonçant une pression politique, la start-up a promis de saisir la justice : « Aucune intimidation ou sanction de la part du ministère de la Guerre […] ne changera notre position sur la surveillance de masse des citoyens américains et les armes mortelles entièrement autonomes », a déclaré l’entreprise dans un communiqué, cité par RFI.

Date Événement Acteur Conséquence immédiate
27 février 2026 Ordre d’arrêt de la technologie Anthropic dans l’administration Donald Trump Fin des usages fédéraux sur six mois
28 février 2026 Anthropic annonce un recours et refuse de céder Anthropic Promesse de saisir la justice
14 septembre 2026 Messages « hoax » visant les scénarios d’IA apocalyptique Donald Trump Relance du débat sur régulation et data centers

En bref

  • Le 14 septembre 2026, depuis Truth Social, Donald Trump relance aux États-Unis la polémique sur l’intelligence artificielle en visant directement le laboratoire Anthropic et son patron Dario Amodei.
  • Le président qualifie de « hoax » la peur d’une IA qui détruirait l’humanité, dénonce une « conspiration malsaine » autour des data centers, tandis qu’Anthropic et l’ONU appellent à encadrer les modèles les plus puissants.
  • Derrière ce clash très public se cachent des enjeux de contrats militaires, de régulation de l’IA et de droits humains qui pourraient redessiner l’équilibre de tout le secteur.
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