Elon Musk, premier trillionnaire de l'histoire : comment l'introduction en Bourse record de SpaceX a fait exploser sa fortune et tous les compteurs
En une seule IPO record au Nasdaq, SpaceX a propulsé son fondateur au rang de premier “trillionnaire” de l’histoire moderne. Mais derrière cette capitalisation stratosphérique, chiffres, paris technologiques et risques laissent planer une grande inconnue.

En quelques séances, une société née dans un hangar californien s’est hissée au sommet de Wall Street. L’introduction en Bourse de SpaceX sur le Nasdaq a transformé le spécialiste des fusées et des satellites en géant boursier, à la croisée du spatial, d’Internet et de l’intelligence artificielle. Entre promesses de colonisation de Mars et paris sur les data centers en orbite, l’opération a été présentée comme l’un des dossiers les plus attendus de la décennie par les banques et les courtiers.
Le jour de son IPO, l’entreprise d’Elon Musk a levé 75 milliards de dollars (environ autant en euros), en proposant ses actions à 135 dollars pièce, avant de terminer la première séance à 160,95 dollars, soit une hausse de près de 19 %. Cette envolée a immédiatement porté la capitalisation de SpaceX à environ 2 100 milliards de dollars. « Une petite entreprise née dans un entrepôt devient aujourd’hui la plus grande introduction en Bourse de l’histoire », a déclaré Elon Musk, cité par Cointribune. Ce même mouvement a fait passer sa fortune personnelle au-delà des 1 000 milliards de dollars sur le papier, un seuil interressant qui pose déjà question.
IPO record de SpaceX : chiffres clés et ruée sur le titre
SpaceX a été présentée comme la plus grande IPO de tous les temps, avec une opération que Wall Street décrit comme largement sursouscrite. Un chroniqueur du New York Post raconte que son courtier lui a proposé une « indication d’intérêt d’un jour » pour entrer au prix d’introduction plutôt qu’au « pop » qui suit, alors que le titre était annoncé à 135 dollars l’action. Il se décrit comme un « investisseur qualifié », loin des grands fonds, mais explique que l’offre était réservée à l’argent « intelligent » dans un deal annoncé comme quatre fois « sur-souscrite », pour une valorisation supérieure à 2 trillions de dollars.
En coulisses, l’objectif de cette levée massive est clairement affiché par la direction. « Si tout se passe bien, si l’exécution est brillante, et si les marchés coopèrent, l’IPO va permettre de lever un montant significatif de capital », a écrit Bret Johnsen, le directeur financier de SpaceX, dans un mémo interne à ses équipes. « Si les marchés coopèrent. » L’entreprise reste en forte phase d’investissement, avec plusieurs projets gourmands en cash menés de front :
- Starship, le vaisseau géant vers Mars, dont le développement consommerait environ 2 milliards de dollars par an.
- Le réseau Starlink, déjà fort d’environ 9 000 satellites déployés en orbite basse.
- Des projets de data centers dans l’espace, pour exécuter des calculs d’intelligence artificielle directement en orbite.
De la valorisation colossale à Elon Musk premier « trillionnaire »
Pour son principal actionnaire, l’effet a été immédiat. « Musk lui-même valait également plus de 1 trillion de dollars après que l’IPO de SpaceX a commencé à être négociée vendredi », écrit le même chroniqueur, en se basant sur la part du capital détenue par l’entrepreneur. En additionnant ses participations dans Tesla, SpaceX et le reste de son empire, Elon Musk devient ainsi, sur le papier, le premier trillionnaire de l’histoire moderne, c’est-à-dire un patrimoine dépassant les 1 000 milliards de dollars, soit à peu près autant en euros. « La deuxième personne la plus riche du monde tourne autour des 300 milliards de dollars, soit moins du tiers de ce que Musk peut valoir aujourd’hui », a résumé Matt Durot, analyste chez Forbes Wealth. Selon ces mêmes estimations, plus de 4 400 employés et anciens salariés de SpaceX pourraient eux aussi devenir millionnaires grâce à l’IPO.
Cette ascension fulgurante ne dissipe pas toutes les interrogations sur la suite. Dans sa chronique titrée « Dumb money », le journaliste s’inquiète pour l’argent « bête », ces particuliers qui entrent sur des « IPO chaudes » avant que des fonds spéculatifs ne prennent leurs bénéfices, certains professionnels redoutant déjà un retour de flamme. Les documents remis aux investisseurs évoquent moins de 20 milliards de dollars de revenus en 2025 pour près de 5 milliards de pertes opérationnelles. SpaceX finance à la fois Starship, l’expansion de Starlink, mais aussi xAI, qui brûle du cash et a déjà levé des dizaines de milliards de dollars. En face, la newsletter Silicon Carne rappelle que, dans le spatial, Musk peut encore se contenter de dire « on développe Mars » à des marchés plus patients, pendant que chez OpenAI un « code red » interne a mis en pause les ambitions orbitales de Sam Altman. Entre contrats avec la NASA et le Pentagone, paris sur les data centers en orbite et fortune personnelle hors norme, les prochains trimestres diront si cette valorisation stratosphérique résiste au retour du calcul.
En bref
- En juin 2026, l’introduction en Bourse de SpaceX au Nasdaq propulse la société spatiale d’Elon Musk au sommet, avec 75 milliards de dollars levés à 135 dollars l’action.
- La flambée du titre à plus de 160 dollars fait grimper la capitalisation au-delà des 2 000 milliards de dollars et propulse, sur le papier, Elon Musk au rang de premier trillionnaire moderne.
- Entre Starship, Starlink, paris sur les data centers en orbite et pertes encore massives, l’IPO record ouvre autant de promesses que de risques pour les mois à venir.








