Épargne : derrière les 1000$ offerts aux bébés par Trump, le calcul très intéressé des milliardaires américains

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Depuis le 4 juillet 2026, les Trump Accounts promettent 1 000 dollars investis à la naissance à des millions de bébés américains. Mais pourquoi des milliardaires ajoutent-ils des milliards à ce pari boursier ciblé sur la génération 2025-2028 ?

Épargne : derrière les 1000$ offerts aux bébés par Trump, le calcul très intéressé des milliardaires américains

Et si, dès sa naissance, chaque bébé américain recevait un petit portefeuille boursier crédité par l’État ? C’est l’ambition affichée des Trump Accounts, le nouveau dispositif lancé par l’administration de Donald Trump : un compte d’investissement ouvert au nom de l’enfant et abondé à hauteur de 1 000 dollars (environ 930 euros) pour les nouveau-nés américains d’une génération bien précise.

Derrière ce plan qui mêle épargne de long terme et éducation financière, un élément attire l’attention : de grands milliardaires comme Michael Dell, Ray Dalio ou Gwynne Shotwell annoncent des dons massifs pour compléter cet effort public, parfois en actions d’entreprises. Pourquoi ces fortunes se jettent-elles sur un programme ciblé sur quelques années de naissance seulement ?

Trump Accounts : un nouveau compte d’investissement pour les enfants américains

Créés par la loi fiscale « One, Big, Beautiful Bill » promulguée le 4 juillet 2025, les Trump Accounts sont des comptes d’investissement individuels au nom d’un enfant, gérés dans un cadre fiscal spécifique. Plutôt qu’un chèque versé aux parents, le Trésor américain place directement l’argent sur les marchés financiers, avec un objectif de capitalisation jusqu’à la majorité : l’enfant ne touche pas l’argent immédiatement, mais devient détenteur d’un portefeuille d’actifs.

Le programme s’adresse à tous les mineurs disposant d’un numéro de sécurité sociale, mais la dotation publique de 1 000 dollars est réservée aux enfants nés entre le 1er janvier 2025 et le 31 décembre 2028. D’après l’Internal Revenue Service, les parents, proches, employeurs, collectivités locales ou fondations peuvent ajouter de l’argent à ce compte, dans la limite de 2 500 dollars (environ 2 300 euros) par an en revenus avant impôt et de 5 000 dollars au total par an. Les investissements sont fléchés vers des fonds indiciels et ETF suivant de larges indices d’actions américaines, comme le S and P 500, et des millions d’enfants auraient déjà un Trump Account selon les chiffres officiels.

Élément Règle / valeur Source
Période de naissance éligible 1er janv. 2025 – 31 déc. 2028 Trésor américain, IRS
Montant du bonus public 1 000 $ (≈ 930 €), versement unique Trésor américain
Enfants plus âgés Tous mineurs <18 ans, sans bonus hors période IRS
Début des contributions privées 4 juillet 2026 IRS
Plafonds annuels 2 500 $ pré‑tax (≈ 2 300 €), 5 000 $ max IRS
Supports d’investissement ETF indiciels actions US, type S and P 500 Investor.gov

Pourquoi des milliardaires financent-ils les Trump Accounts de Donald Trump ?

Dès l’annonce du dispositif, plusieurs grandes fortunes ont choisi de le cofinancer à une échelle inédite. La fondation de Michael Dell et Susan Dell prévoit par exemple d’ajouter 250 dollars (environ 230 euros) aux comptes de 25 millions d’enfants âgés de 10 ans ou moins, vivant dans des zones où le revenu médian est inférieur à 150 000 dollars (environ 140 000 euros). Soit un engagement théorique de plus de 6,25 milliards de dollars, soit près de 5,8 milliards d’euros. Le site officiel des Trump Accounts cite aussi Ray Dalio et Barbara Dalio parmi les premiers grands donateurs. Cette montée en puissance a été facilitée par une décision clé du Trésor : la possibilité, depuis l’été 2026, de faire des dons en actions cotées, transférées au Trésor puis redistribuées vers les comptes des enfants.

La présidente de SpaceX, Gwynne Shotwell, et son mari ont de leur côté annoncé un don d’actions SpaceX estimé à environ 320 millions de dollars, soit près de 300 millions d’euros, destiné à plus de 2 millions d’enfants, en priorité dans des territoires aux revenus plus modestes. Derrière ces annonces spectaculaires, ces contributions combinent philanthropie, avantages fiscaux et une vision très américaine de la réduction des inégalités, qui passe moins par la redistribution des revenus que par un accès plus large au capital. En donnant à chaque enfant un premier accès aux marchés financiers, le dispositif veut démocratiser la détention d’actifs, mais si les placements se concentrent sur des fonds suivant le S and P 500, des milliards de dollars supplémentaires iront surtout vers les plus grandes entreprises américaines. Ce double mouvement, entre élargissement de l’actionnariat et possible renforcement de la concentration du capital, alimente l’interet d’une partie du monde des affaires pour ce plan Trump de 1 000 dollars d’épargne à la naissance.

En bref

  • Entre 2025 et 2028, chaque nouveau-né américain éligible obtient 1 000 dollars investis sur un Trump Account, un compte d’épargne boursière créé par la loi fiscale One, Big, Beautiful Bill.
  • Des milliardaires comme Michael Dell, Ray Dalio ou la dirigeante de SpaceX Gwynne Shotwell promettent des milliards, en cash ou en actions, pour amplifier ces portefeuilles destinés en priorité aux enfants des zones moins favorisées.
  • Entre démocratisation de l’accès au capital et renforcement potentiel des géants du S&P 500, ce plan à 1 000 dollars soulève des questions inédites sur le rôle des ultra-riches dans la politique sociale américaine.
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