Paris sportifs : comment la Coupe du Monde 2026 a fait de 60% des parieurs des utilisateurs crypto sans qu'ils le sachent
Pendant la Coupe du Monde 2026, Polymarket a transformé un simple pronostic de match en premier contact avec la blockchain pour des centaines de milliers de fans. Mais que restera-t-il de cette vague de parieurs crypto une fois l’euphorie retombée ?

Pendant la Coupe du Monde 2026, des millions de supporters ont suivi les matches, certains le smartphone en main, les yeux rivés non seulement sur le terrain mais aussi sur les cotes en ligne. Sur Polymarket, plateforme américaine de marchés de prédiction en crypto, chaque action de jeu se traduisait en paris temps réel sur le score, le parcours d’une sélection ou l’identité du futur champion du tournoi, en quelques clics.
Derrière cette ferveur sportive se cache un phénomène plus discret : pour une grande partie des parieurs, Polymarket a constitué leur tout premier contact avec la blockchain. Selon une étude menée par Bitget Wallet, environ 60 % des parieurs qui ont misé sur Polymarket pendant la Coupe du Monde 2026 n’avaient jamais utilisé la crypto auparavant. Le contrat consacré au vainqueur du tournoi a généré à lui seul plus de 3,1 milliards de dollars de volume (soit environ 2,9 milliards d’euros), avec un record quotidien de 713 millions de dollars de « taker volume » sur une journée, des montants qui illustrent une traction impressionante. Reste à voir ce que deviendra cette vague de nouveaux venus une fois le trophée rangé.
Polymarket, quand l’émotion sportive sert de porte d’entrée à la crypto
L’étude de Bitget Wallet, réalisée sur une période de 90 jours et 857 000 utilisateurs actifs, met en lumière un parcours d’onboarding très différent de celui des plateformes de trading ou de la DeFi. « Les utilisateurs arrivent parce qu’ils ont une opinion », explique Alvin Kan, directeur opérationnel de Bitget Wallet, cité par Cointribune. Autrement dit, ils ne viennent pas pour découvrir la technologie ou apprendre à gérer un wallet, mais pour trancher une question simple : qui va gagner tel match, tel groupe, tel titre mondial.
| Indicateur | Valeur | Période / contexte | Source |
|---|---|---|---|
| Part des parieurs primo-crypto | Environ 60 % | Coupe du Monde 2026, marchés Polymarket | Étude Bitget Wallet |
| Utilisateurs suivis | 857 000 comptes | Fenêtre d’analyse de 90 jours | Bitget Wallet (données onchain) |
| Volume du marché vainqueur | 3,1 Md $ (~2,9 Md €) | Contrat vainqueur Coupe du Monde | Polymarket, cité par Cointribune |
| Record de taker volume | 713 M $ (~660 M €) | Jour le plus actif du tournoi | Polymarket via Bitget Wallet |
Polymarket mise sur ce réflexe en rendant le parcours aussi linéaire que possible : une interface qui évoque un site de paris sportifs plus qu’une application Web3, un compte alimenté en cryptomonnaies pour miser en quelques secondes, et des cotes qui évoluent en continu au rythme des matches. « Faites confiance au marché, pas aux sondages », proclame le slogan de Polymarket, rapporté par L’ADN. Depuis 2025, les prédictions de la plateforme sont intégrées dans le flux de X via le chatbot Grok, ce qui lui offre une vitrine supplémentaire auprès d’un public peu familier de la blockchain.
Ces nouveaux parieurs crypto resteront-ils après la Coupe du Monde ?
Les auteurs de l’étude Bitget Wallet esquissent deux trajectoires possibles pour cette cohorte inédite. Dans une version optimiste, ceux qui ont pris goût à la facilité des marchés de prédiction explorent ensuite d’autres briques de l’écosystème, comme la finance décentralisée, les NFT ou le trading de bitcoin. Le pas le plus difficile, ouvrir un premier wallet et interagir avec un protocole, est alors déjà franchi. Mais l’étude évoque aussi un scénario plus terre à terre où, faute d’accompagnement et de valeur ajoutée visible au-delà du pari sportif, une grande partie de ces parieurs retournerait simplement à ses habitudes hors crypto.
Ce débat sur la rétention se heurte aussi à une réalité juridique très concrète pour les parieurs français : depuis novembre 2024, Polymarket est géobloquée en France après l’intervention de l’Autorité nationale des jeux. « La plateforme propose une offre illégale de jeu en France », a tranché l’Autorité nationale des jeux en novembre 2024, citée par Info.fr. Le Code de la sécurité intérieure prévoit jusqu’à 3 ans de prison et 90 000 € d’amende pour l’organisation de jeux d’argent illégaux, peines pouvant grimper à 7 ans et 200 000 € en cas de bande organisée. De son côté, la société assure ne pas avoir totalement disparu du paysage hexagonal : « Les utilisateurs en France peuvent continuer d’accéder à Polymarket pour des informations critiques », a répondu un porte-parole de Polymarket, alors que la plateforme noue en parallèle des partenariats avec des acteurs médiatiques et technologiques de premier plan à l’étranger.
En bref
- Pendant la Coupe du Monde 2026, Polymarket a attiré des centaines de milliers de supporters, étudiés sur 90 jours par Bitget Wallet et ses 857 000 comptes suivis.
- Environ 60 % des parieurs n’avaient jamais interagi avec la crypto, misant sur le marché « vainqueur » à plus de 3,1 Md$ de volume et un record de 713 M$ de taker volume en une journée.
- Entre promesse d’onboarding massif, contraintes réglementaires comme le géoblocage de l’ANJ en France et risque de simple effet Coupe du Monde, l’avenir de ces nouveaux venus reste ouvert.








