Pétrole : après le départ des Émirats, cet accord secret entre les USA et le Venezuela menace de faire imploser l'OPEP

À Caracas comme à Washington, le sort du Venezuela au sein de l’OPEP se négocie désormais en coulisses. Cinq mois après le départ des Émirats, ce possible retrait interroge l’avenir du cartel et le rapport de force sur le pétrole.
L’OPEP voit sa façade d’unité se fissurer un peu plus. Cinq mois après la sortie retentissante des Émirats arabes unis, un autre membre historique bouscule l’équilibre du cartel pétrolier. Dans les couloirs de Caracas et de Washington, les discussions se multiplient sur l’avenir de la place du Venezuela au sein de l’organisation. Les signaux restent discrets, mais le message envoyé au reste du marché est loin d’être anodin.
Selon des informations de presse datées du 27 août 2026, le gouvernement vénézuélien a évoqué avec des responsables américains à Washington le projet pour le Venezuela de quitter l’OPEP. L’information, fondée sur des sources anonymes, porte sur un retrait éventuel, sans qu’aucune décision finale n’ait été prise à ce stade. Pour l’OPEP, voir un pays fondateur s’interroger ouvertement sur sa participation constituerait un tournant politique majeur, au-delà des seuls volumes de brut en jeu. Derrière ce possible départ, c’est tout le rapprochement énergétique entre Caracas et les États-Unis qui se dessine en coulisses.
Venezuela et États-Unis, des négociations qui bousculent l’OPEP
D’après des dépêches d’agence récentes, Caracas a d’abord évoqué l’idée d’un retrait auprès de responsables de l’administration de Donald Trump, sans engagement formel des deux côtés. La Maison-Blanche a renvoyé les questions vers le département de l’Énergie, tandis que le ministère vénézuélien du pétrole est resté silencieux. Dans le même temps, une liste d’environ 17 champs pétroliers est en cours de discussion entre Washington et Caracas, répartis entre la ceinture de l’Orénoque et les zones matures du lac de Maracaibo. Certains de ces gisements sont aujourd’hui exploités sous contrat par une entreprise chinoise, ce qui donne à ces tractations une portée géopolitique qui dépasse largement la seule question des quotas de l’OPEP.
Le montage étudié par les deux capitales reposerait sur des baux de très longue durée, suivis d’enchères pour répartir les gisements entre producteurs américains. Ces mêmes sources ont d’abord évoqué des concessions sur cent ans avant que la présidente par intérim Delcy Rodríguez ne parle publiquement d’un accord énergétique de vingt cinq ans, toujours centré sur ces mêmes 17 champs. Pour « ériger une puissance pétrolière commune capable d’affaiblir la position du cartel », ont expliqué certains responsables américains lors de ces discussions. La visite annoncée à Caracas du secrétaire à l’Énergie Chris Wright doit préciser jusqu’où Washington est prêt à aller dans ce rapprochement officel.
Après les Émirats, un test pour l’unité de l’OPEP et le prix du pétrole
Le contexte rend ce bras de fer encore plus sensible pour l’organisation. Les Émirats arabes unis ont officiellement quitté l’OPEP le 1er mai 2026, après cinquante neuf ans d’adhésion, ouvrant une brèche inédite dans le front commun affiché par le cartel. Si Caracas allait au bout de cette option, l’OPEP perdrait en moins d’un semestre deux de ses membres fondateurs ou historiques, alors que le Venezuela ne respecte plus ses quotas depuis des années en raison de l’effondrement de sa production. Celle ci est remontée récemment à environ 1,16 million de barils par jour, loin des plus de 100 millions de barils consommés chaque jour sur le marché pétrolier mondial, ce qui limite l’effet immédiat sur l’offre. Le 28 août 2026, le cours du pétrole Brent n’a d’ailleurs reculé que de 0,8 %, autour de 88 dollars le baril, soit environ 81 € , quand ont filtré les informations sur un possible retrait vénézuélien. Les opérateurs jugent pour l’instant que le mouvement reste surtout symbolique, même si la capacité du cartel et de l’alliance élargie OPEP+ à imposer une discipline collective sur les quotas apparaît un peu plus fragile.
| Date | Événement | Acteurs | Donnée clé | Impact attendu |
|---|---|---|---|---|
| 28 avril 2026 | Annonce de sortie des Émirats | Émirats, secrétariat de l’OPEP | 59 ans d’adhésion annoncés | signal de fragilité politique |
| 1er mai 2026 | Retrait effectif de l’OPEP | Émirats, OPEP | sortie officialisée | perte d’un membre clé |
| 27 août 2026 | Fuites sur 17 champs en négociation | Venezuela, États-Unis | 17 champs Orénoque/Maracaibo | préparation d’un accord pétrole |
| 28 août 2026 | Rumeurs de retrait vénézuélien de l’OPEP | Venezuela, Washington | Brent 88 $, -0,8 % | réaction limitée des marchés |
| 29 août 2026 | Annonce d’un accord énergétique de 25 ans | Delcy Rodríguez, États-Unis | cible >1,5 Mb/j de brut | hausse progressive de l’offre possible |
À moyen terme, l’enjeu se joue plutôt sur la capacité de ces accords à redresser l’appareil productif vénézuélien, très affaibli après des années de sous investissement chez PDVSA. Plus de brut issu de la ceinture de l’Orénoque et du lac de Maracaibo signifierait aussi davantage de barils disponibles sur le marché mondial, donc potentiellement moins de pression sur les prix de l’énergie et sur l’inflation importée. Sur les marchés américains, certains rapprochent déjà ces évolutions du « debasement trade », ce pari qui consiste à se couvrir contre la dépréciation des monnaies fiduciaires. De son côté, XTB rappelle à ses clients que toute exposition au pétrole via des produits dérivés comporte un risque élevé :
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En bref
- Fin août 2026, des fuites Bloomberg et Reuters révèlent que le Venezuela discute à Washington d’un possible départ de l’OPEP, cinq mois après la sortie des Émirats arabes unis.
- Au cœur des tractations, un accord énergétique autour de 17 champs de la ceinture de l’Orénoque et du lac de Maracaibo, avec baux de très longue durée accordés à des groupes américains.
- Derrière un impact immédiat limité sur le Brent, cette option de sortie pose la question de la capacité de l’OPEP+ à maintenir la discipline de production à moyen terme.





