Pétrole : les prix flambent après les frappes américaines en Iran mais le vrai risque se cache dans le détroit d'Ormuz
En deux séances, le pétrole a bondi jusqu’à 78 dollars le baril après de nouvelles frappes américaines et une attaque de navire dans le détroit d’Ormuz. Que redoutent désormais les marchés derrière cette escalade entre l’Iran et les États-Unis ?

En quelques heures, le pétrole a retrouvé des couleurs qu’on ne voyait plus depuis des mois. Le Brent a d’abord clôturé autour de 74,16 dollars le baril (environ 68 €) avec une hausse de 3 %, avant de s’envoler vers 77-78 dollars (près de 71-72 €) après un nouvel épisode de tensions entre l’Iran et les États-Unis. Le WTI, la référence américaine, a suivi le mouvement, gagnant près de 2,8 % à 70,44 dollars (environ 65 €).
En toile de fond, une succession d’attaques de navires dans le détroit d’Ormuz, des frappes américaines sur plus de 80 cibles iraniennes et une phrase du président Donald Trump prononcée à Ankara, actant officellement la fin du cessez-le-feu. Derrière cette séquence très politique, c’est une mécanique de marché bien identifiée qui s’est remise en marche.
Escalade Iran–États-Unis : comment la crise a rallumé la hausse du pétrole
Tout est reparti d’une attaque dans le détroit d’Ormuz, ce passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. L’Iran a pris pour cible le méthanier qatari Al-Rekayyat alors qu’il franchissait ce goulot d’étranglement, avant que les États-Unis ne répliquent par une série de frappes sur plus de 80 sites iraniens, dont des systèmes de défense aérienne et des vedettes des Gardiens de la révolution. Téhéran a promis une « réponse écrasante », selon les Gardiens de la révolution, cités par Journal du Coin, et revendiqué des frappes sur 85 sites militaires américains au Koweït et au Bahreïn.
Le lendemain, à l’ouverture du sommet de l’OTAN à Ankara, Donald Trump a enterré le protocole d’accord signé le 17 juin avec Téhéran. « Pour moi, je pense qu’il est terminé », a déclaré Donald Trump, ajoutant que « c’est juste une perte de temps de négocier avec eux, ce sont des menteurs », tout en expliquant que les négociateurs américains pouvaient continuer les discussions à condition qu’ils « reviennent vers lui », cité par La Tribune. Washington a dans le même temps rétabli ses sanctions sur le pétrole iranien et révoqué la dérogation qui permettait encore certaines ventes, en laissant jusqu’au 17 juillet pour liquider les transactions en cours.
| Date | Événement clé | Mesure américaine | Brent |
|---|---|---|---|
| 9 mars 2026 | Trump dit le conflit « quasiment » terminé | Signal verbal de désescalade | 119,50 → 83,66 $ |
| 7 juillet 2026 | Attaque du méthanier Al-Rekayyat à Ormuz | Annonce de révocation d’une dérogation pétrolière | 74,16 $ (+3 %) |
| 8 juillet 2026 | Trump déclare le cessez-le-feu « terminé » | Rétablissement complet des sanctions pétrolières | ≈78 $ (jusqu’à +5 %) |
Pourquoi le détroit d’Ormuz suffit à faire flamber le baril
Si la réaction du Brent paraît rapide, elle s’explique par le poids d’Ormuz dans l’offre mondiale de pétrole. En temps normal, près de 15 millions de barils par jour de brut et 5 millions de barils de produits pétroliers y transitent, soit une part très élevée des flux maritimes. Les pipelines de contournement en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis offrent une capacité d’environ 7,0 et 1,8 million de barils par jour seulement, ce qui laisse une large fraction des volumes sans véritable alternative en cas de blocage.
Pour l’instant, le trafic n’est pas interrompu, les attaques restant ciblées sur quelques navires et les compagnies continuant à emprunter le détroit, même avec des primes d’assurance en hausse et des routes parfois allongées. Le marché intègre donc une prime de risque : le Brent a clôturé à 74,16 dollars (environ 68 €) avant de monter vers 77 dollars (près de 71 €), mais ces niveaux restent loin des pics proches de 119,50 dollars (environ 110 €) observés en mars lorsque le conflit avait semblé déraper. Les opérateurs surveillent désormais la date du 17 juillet, fin de la période de grâce accordée aux acheteurs de brut iranien, pour savoir si cette flambée restera un accès de fièvre ou le début d’un régime plus durable pour le pétrole.
En bref
- Début juillet 2026, après l’attaque d’un méthanier qatari à Ormuz et l’annonce par Washington de la fin du cessez-le-feu, le Brent et le WTI se sont brutalement tendus.
- Les frappes américaines contre plus de 80 cibles iraniennes, le rétablissement des sanctions sur le pétrole iranien et le rôle vital du détroit d’Ormuz font grimper la prime de risque sur l’or noir.
- Les traders scrutent désormais l’évolution des attaques maritimes et l’échéance du 17 juillet pour mesurer si cette flambée restera passagère ou marquera un tournant durable pour les prix du pétrole.






