75% des femmes n'investissent jamais en Bourse : ce que ce chiffre révèle sur le risque qui pèse sur votre patrimoine
Alors que les investisseurs actifs se multiplient en France, trois Françaises sur quatre restent en dehors de la Bourse. Entre manque de confiance et déficit de pédagogie financière, ce retard pèse déjà sur leur autonomie économique.

Alors que la Bourse attire de plus en plus de particuliers en France, une large partie des Françaises restent toujours à l’écart des marchés financiers. Entre 2022 et 2024, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a ainsi observé une hausse de 21,5 % du nombre d’investisseurs actifs, pour atteindre 1,7 million de personnes ayant réalisé au moins une transaction sur des instruments financiers français.
Dans ce contexte de démocratisation apparente, une étude Lise (Lightning Stock Exchange) publiée le 8 juillet 2026 vient rappeler l’ampleur du fossé entre femmes et hommes. Selon cette enquête, 75 % des Françaises n’ont jamais investi en Bourse, contre 57 % des hommes, et seules 23 % disent avoir déjà franchi le pas, contre 41 % des Français. Un constat qui pose frontalement la question de l’accès des femmes à l’investissement boursier.
Un fossé chiffré entre Françaises et Français face à la Bourse
Réalisée par l’institut Discurv du 11 au 15 juin 2026 auprès de 1 000 personnes représentatives de la population, l’étude de Lise dresse une photographie précise de cette inégalité d’accès. Au total, 66 % des Français interrogés n’ont jamais investi en actions ou autres produits boursiers, mais ce sont surtout les femmes qui restent à distance. Chez les 18-34 ans, 33 % des Françaises déclarent avoir déjà investi, contre seulement 15 % dans la tranche 50-64 ans, la génération la moins engagée toutes catégories confondues.
| Indicateur | Femmes | Hommes | Source (année) |
|---|---|---|---|
| N’a jamais investi en Bourse | 75 % | 57 % | Lise (2026) |
| A déjà investi en Bourse | 23 % | 41 % | Lise (2026) |
| Se juge « pas en capacité » d’investir | 64 % | 48 % | Lise (2026) |
| Se dit « tout à fait prête » | 11 % | 23 % | Lise (2026) |
| Comprend assez les ETF | 6 % | 15 % | Lise (2026) |
| Détient des actions fractionnées* | 11 % | 89 % | AMF (2024) |
Les auteurs soulignent que l’écart ne se réduit pas à une plus grande prudence face au risque. Comme le formule l’étude : « Aujourd’hui, deux Françaises sur trois n’ont jamais investi en Bourse. Ce fossé n’est pas que lié à une frilosité face au risque, mais à un manque de pédagogie financière », rapporte Lise dans son enquête, citée par Cryptoast. Interrogés sur ce qu’il est possible d’acheter en Bourse, les répondants citent d’abord de grandes capitalisations comme LVMH, TotalEnergies ou Airbus, mentionnées par 41 % des femmes, alors que plus de trois Français sur quatre n’évoquent pas les PME et ETI (75 % des femmes, 78 % des hommes).
Confiance, éducation financière et place des femmes parmi les investisseurs actifs
La question de la confiance et de l’éducation financière apparaît centrale dans cette sous-représentation. Près de deux tiers des Françaises se jugent incapables d’investir en Bourse, contre environ la moitié des hommes, et un peu plus d’une femme sur dix seulement se dit pleinement prête à franchir le pas. Le déficit de repères s’observe parmis les différents produits financiers : par exemple, seulement 6 % des femmes disent comprendre suffisamment les ETF pour y investir, contre 15 % des hommes, et 24 % déclarent ne maîtriser aucune notion financière, contre 16 % des hommes. Sur les cryptomonnaies, la 6e édition du baromètre ADAN, KPMG et IPSOS publiée en 2026 indique que les femmes ne représentent que 30 % des détenteurs, une nette minorité là aussi même si l’écart y est un peu moins marqué qu’en Bourse. Pour Lise, plateforme de marché agréée par l’ACPR et soutenue par CACEIS, BNP Paribas et Bpifrance, l’enjeu est aussi de mieux financer le tissu de PME et ETI françaises : « La souveraineté ne se décrète pas, elle se finance », résume Mark Kepeneghian.
Les chiffres de l’Autorité des marchés financiers (AMF) illustrent en parallèle la difficulté des femmes à prendre toute leur place parmi les investisseurs déjà engagés. En 2024, le régulateur recense près de 430 000 investisseuses actives, soit autant qu’en 2022, alors même que l’ensemble des investisseurs actifs a progressé d’environ 300 000 personnes pour atteindre 1,7 million, soit une hausse de 21,5 %. La part des femmes est ainsi passée de 30 % à 25 % en deux ans, avec un âge moyen de 54,6 ans au dernier trimestre 2024, contre 43,8 ans pour les hommes, plus jeunes et plus présents sur les banques en ligne et les néo-brokers, tandis que les investisseuses privilégient encore les banques classiques. La négociation d’actions fractionnées, qui concerne un peu plus de 16 % des investisseurs actifs, reste très masculine, avec 89 % d’hommes et seulement 11 % de femmes. « Le recul de la part des femmes au sein des investisseurs actifs est un marqueur de leur sous-représentation dans le monde de l’épargne et de l’investissement et donc d’inégalité économique. Les femmes doivent davantage s’intéresser à leurs finances, c’est essentiel pour assurer leur autonomie financière et leur avenir. Et le monde financier doit lui aussi davantage s’intéresser à l’épargne des femmes qui représente une ressource abondante sous-exploitée pour l’économie », a déclaré Marie-Anne Barbat-Layani, la présidente de l’AMF.
En bref
- Entre 2022 et 2024, la France a vu grimper à 1,7 million le nombre d’investisseurs actifs en Bourse, mais les femmes restent nettement minoritaires.
- Une étude Lise menée en juin 2026 montre que 75 % des Françaises n’ont jamais investi, que la confiance manque et que la compréhension des produits financiers demeure fragile.
- Entre pédagogie financière, évolution des canaux d’investissement et enjeux d’autonomie économique, ce fossé pourrait encore se creuser sans actions ciblées.








