Abattement fiscal des retraites : l'Assemblée nationale rejette la réforme, 213 voix contre 17, quel impact pour les retraités ?
Le 13 novembre 2025, l'Assemblée nationale a rejeté la suppression de l'abattement fiscal de 10% sur les retraites. Quel impact pour les retraités et le budget de l'État ?

Dans l’Hémicycle, un levier décisif pour le portefeuille des retraités s’est retrouvé au centre du jeu : le sort de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions. Entre maintien du dispositif actuel et bascule vers un forfait de 2 000 euros par personne, la discussion a rythmé la reprise des débats sur les recettes du budget 2026.
Jeudi 13 novembre 2025, les députés ont adopté des amendements de suppression de la réforme à l’Assemblée nationale par 213 voix contre 17 voix, effaçant l’article 6 du PLF. L’essentiel de la gauche, l’alliance du Rassemblement national et des ciottistes ainsi que des députés Les Républicains ont convergé. En commission des Finances, ce même article avait déja été supprimé. Et après ?
Abattement de 10 % et forfait 2 000 euros : le cœur du débat
Le gouvernement proposait de remplacer la déduction proportionnelle de 10 % sur les pensions par un montant fixe de 2 000 euros par retraité, quelle que soit la pension. Aujourd’hui, l’abattement de 10 % est plafonné à 4.399 euros par foyer, et il s’applique aux pensions de retraite comme aux pensions alimentaires. L’exécutif soutenait que ce forfait, inspiré d’une piste ancienne, simplifierait la règle et rééquilibrerait l’avantage vers les pensions plus modestes.
Sur le papier, un retraité percevant 20.000 euros de pensions annuelles n’aurait rien perdu, puisque 10 % et 2 000 euros aboutissent au même montant déduit. Passé ce seuil, le forfait devenait moins favorable que la règle actuelle : à 50.000 euros de pension, l’abattement serait passé de 4.399 euros à 2.000 euros. Inversement, un couple percevant 5.000 euros chacun par an aurait vu sa déduction portée à 4.000 euros (2.000 euros chacun) au lieu de 1.000 euros au total.
Qui gagne, qui perd, et les chiffres du débat
« Vous vous attaquez aux retraités qui gagnent plus de 1.666 euros par mois », a fustigé Aurélien Le Coq, selon BFMTV. Le point d’équilibre était clair : au‑dessus de 20.000 euros de pension annuelle pour une personne seule (et 40.000 euros pour un couple), le forfait de 2.000 euros aurait réduit l’avantage fiscal existant. La Cour des comptes évalue à 4,5 milliards d’euros le coût de l’abattement de 10 % en 2023, et, d’après Bercy, conserver cet abattement plutôt que le forfait représenterait 1,2 milliard d’euros de coût supplémentaire pour l’État.
« C’est un amendement qui va dans le bon sens », a soutenu Guillaume Kasbarian. « Il y a le plafond de crédits d’impôts à la personne qui est plus élevé pour les retraités que pour les actifs (…), il y a plein de dispositifs qui existent ». « Cela permet à un quart des foyers de retraités de bénéficier d’une baisse d’impôt », a surenchéri la ministre des Comptes publics Amélie de Montchalin. « 84% du rendement se fait sur les 20% des retraités les plus aisés », a-t-elle insisté. Côté filet social, une question a pesé sur les échanges : « Aucune information n’a été communiquée sur les conséquences de ce nouvel abattement sur le calcul des prestations sociales », a alerté le député Nicolas Sansu. La ministre a aussi affirmé que la réforme « aurait un coût pour l’Etat de 210 millions d’euros puisque 625.000 foyers seraient gagnants en termes d’APL ». Dans un billet de blog, l’Institut des politiques publiques avait considéré que la déduction forfaitaire de 2.000 euros bénéficierait « assez largement » aux moins aisés si elle s’appliquait au calcul des APL.








