Biscuits, céréales, sodas : pourquoi cette nouvelle taxe va faire grimper le prix de vos courses dès 2027

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Biscuits, céréales, sodas : pourquoi cette nouvelle taxe va faire grimper le prix de vos courses dès 2027

Votée en commission le 14 octobre, l’extension de la taxe soda aux biscuits, céréales ou confiseries pourrait faire grimper la note en caisse dès 2027. Quels produits de supermarché seraient visés et jusqu’où la hausse pourrait aller ?

Biscuits du goûter, céréales du petit-déjeuner, pâtes à tartiner, confiseries, sodas : une grande partie des produits sucrés que les Français mettent chaque semaine dans leur caddie pourrait bientôt coûter plus cher. Dans l’ombre des rayons, une nouvelle mesure votée à l’Assemblée nationale menace en effet d’alourdir encore un peu le ticket de caisse des ménages.

Le 14 octobre 2026, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a approuvé, dans le cadre du PLFSS 2027 (Projet de loi de financement de la Sécurité sociale), l’extension de la taxe soda existante sur les boissons sucrées et édulcorées à une large gamme d’aliments sucrés préemballés. Officiellement, l’article concerné vise à rapporter autour de 200 millions d’euros par an pour la Sécurité sociale et à réduire la consommation de sucre, surtout chez les plus jeunes. Derrière cette extension technique se joue pourtant quelque chose de très concret pour les courses de 2027.

Ce que change l’extension de la taxe soda dans le budget 2027

Dans le détail, l’article 8 du PLFSS 2027 modifie le Code général des impôts pour soumettre certains produits sucrés préemballés aux mêmes contributions que les boissons sucrées. Sont visés les viennoiseries et pâtisseries industrielles, les biscuits et gâteaux, les céréales du petit-déjeuner, barres céréalières, confiseries, chocolats ou encore certaines pâtes à tartiner fortement sucrées. Un amendement porté par le député MoDem Cyrille Isaac-Sibille élargit encore le dispositif à l’ensemble des produits sucrés ultra-transformés, en s’appuyant sur la présence d’additifs répertoriés par le Règlement (CE) n°1333/2008 sur les additifs alimentaires.

Le texte n’est toutefois qu’à un stade intermédiaire : le vote du 14 octobre a eu lieu en commission et l’examen doit reprendre en séance publique à partir du 20 octobre, avant un éventuel vote définitif. Le Rassemblement national, l’UDR et Les Républicains ont tenté, sans succès, de supprimer l’article, arguant d’une hausse des prix sans bénéfice sanitaire prouvé. À l’inverse, le gouvernement met en avant un enjeu de santé publique et rappelle qu’une taxe similaire sur les boissons a déjà rapporté environ 800 millions d’euros en 2025. Le ministre du commerce Serge Papin souligne qu’un enfant de 9 ans consommerait aujourd’hui autant de sucre que son grand-père sur toute une vie, tandis que l’Assurance maladie plaidait dès l’an dernier pour une taxe plus large sur les produits gras, salés, sucrés et ultra-transformés.

Quels produits seront taxés et de combien les prix pourraient-ils monter

Pour être concerné, un aliment devra cumuler plusieurs critères : être un produit sucré solide préemballé, dépasser un seuil minimal de sucre et contenir au moins un additif autorisé par le règlement européen sur les additifs. Le texte renvoie à plusieurs codes de la nomenclature douanière – parmi eux les codes NC 1901 90 99, 1904, 1905 et 2105 pour les préparations à base de céréales, biscuits, gâteaux et desserts, ainsi que les codes NC 1704 et 1806 pour les confiseries et chocolats. Le seuil d’entrée dans la taxe est fixé à 10 grammes de sucres pour 100 grammes de produit. Les artisans et petites entreprises alimentaires, tout comme une partie des produits sous signe officiel de qualité et d’origine, seraient exonérés, ce qui signifie que certains produits sucrés vendus en boulangerie ou issus de filières sous label pourraient rester hors champ.

Le barème repose sur des tranches de teneur en sucres, avec un tarif exprimé en euros par quintal (100 kilos), indexé comme la contribution sur les boissons sur l’indice des prix à la consommation hors tabac. Pour les produits relevant des codes NC 1901 90 99, 1904, 1905 et 2105, la taxe serait de 4,07 euros par quintal entre 10 et 23 g de sucres pour 100 g, de 14 euros entre 23 et 30 g, et de 22 euros au-delà de 30 g. Pour les confiseries et chocolats des codes NC 1704 et 1806, les seuils sont plus élevés, avec trois tranches 10-47 g, 47-56 g et au-delà de 56 g pour 100 g, taxées aux mêmes montants. Une surtaxe additionnelle de 4,5 euros par quintal, voire 6 euros au-delà de 120 mg/kg, s’appliquerait en plus si le produit contient des édulcorants, ce qui renforce la pression sur les recettes très sucrées et édulcorées.

Catégorie de produits Codes NC Teneur en sucres Tarif (€/quintal) Équivalent (€/kg)
Biscuits, céréales, desserts 1901 90 99, 1904, 1905, 2105 10 à 23 g / 100 g 4,07 € 0,0407 €/kg
Biscuits, céréales, desserts 1901 90 99, 1904, 1905, 2105 23 à 30 g / 100 g 14 € 0,14 €/kg
Biscuits, céréales, desserts 1901 90 99, 1904, 1905, 2105 ≥ 30 g / 100 g 22 € 0,22 €/kg
Confiseries, bonbons 1704 10 à 47 g / 100 g 4,07 € 0,0407 €/kg
Confiseries, chocolats 1704, 1806 47 à 56 g / 100 g 14 € 0,14 €/kg
Confiseries, chocolats 1704, 1806 ≥ 56 g / 100 g 22 € 0,22 €/kg

Concrètement, dans la tranche la plus élevée, 22 euros par quintal représentent 0,22 euro par kilo, soit 0,044 euro pour un paquet de 200 g très sucré – un peu plus de 4 centimes de taxe potentielle, à laquelle peut s’ajouter la surtaxe sur les édulcorants. La contribution est due par les industriels ou importateurs, mais rien n’empêche qu’elle soit répercutée intégralement ou partiellement sur les prix de détail. Le secteur agroalimentaire, emmené par Jean-François Loiseau, président de l’Ania, alerte déjà sur une mesure qui pèserait selon lui sur le pouvoir d’achat et pourrait atteindre jusqu’à un milliard d’euros de prélèvements à terme, alors même que le texte doit encore être débattu en séance publique et pourait être amendé sur son périmètre comme sur ses montants.

En bref

  • Le 14 octobre 2026, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale a validé dans le PLFSS 2027 l’extension de la taxe soda aux produits sucrés préemballés.
  • Viennoiseries industrielles, biscuits, céréales, confiseries ou pâtes à tartiner dépassant 10 g de sucres pour 100 g seraient taxés par tranches, avec un surcoût en général de quelques centimes par paquet.
  • Entre exemptions pour artisans, surtaxe sur les édulcorants et vote final encore incertain, les consommateurs devront suivre ces débats pour anticiper l’impact sur leurs courses.
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