Chauffage au bois : pourquoi l'ADEME déconseille ces briquettes "longue durée" qui polluent et encrassent votre poêle

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Chauffage au bois : pourquoi l'ADEME déconseille ces briquettes « longue durée » qui polluent et encrassent votre poêle

Vendus comme la solution miracle pour tenir jusqu’au matin, les briquettes de nuit séduisent de plus en plus de foyers en quête de chaleur continue. L’ADEME tire pourtant la sonnette d’alarme sur ce feu couvant très polluant et sur les bons réflexes à adopter avant de se coucher.

Quand les nuits froides arrivent, nombreux sont les foyers qui voudraient se passer de remettre une bûche à 3 heures du matin. Dans les rayons des magasins de bricolage et des grandes surfaces, les paquets de briquettes de nuit, parfois vendues comme des bûches densifiées de nuit, promettent de maintenir le feu jusqu’au matin dans le poêle ou l’insert. Sur le papier, ces produits semblent offrir la solution idéale pour chauffer au bois la nuit sans y penser.

L’ADEME, qui publie plusieurs guides de référence sur le sujet, tient pourtant un discours beaucoup plus prudent. Dans son guide Chauffage au bois : mode d’emploi, l’agence publique indique que ces briquettes de nuit sont déconseillées, car elles rejettent plus de polluants que du bois de chauffage classique, sans remettre en cause le chauffage au bois en général. Le vrai enjeu ne tient pas qu’au produit lui‑même, mais surtout à la façon dont il brûle pendant des heures, portes fermées et air presque coupé : c’est ce mode de combustion qui fait toute la différence.

Briquettes de nuit et feu couvant : ce que dit l’ADEME

Les briquettes de bois, aussi appelées bûches compressées ou bûches calorifiques, sont des petits cylindres de 20 à 35 cm obtenus par compression de bois déchiqueté, de sciure et de copeaux. Utilisées dans un poêle à bûches adapté, ces bûches densifiées montent très vite en température et peuvent parfaitement compléter des bûches classiques. Les versions présantées comme « de nuit », en revanche, sont pointées du doigt par l’ADEME, qui explique qu’elles émettent davantage de polluants que des bûches de feuillus classiques lorsqu’on les laisse se consumer très lentement.

Le problème vient du feu qui tourne au ralenti pendant des heures pour tenir jusqu’au matin. Les guides de l’agence rappellent qu’un appareil à bois doit fonctionner à un bon régime de combustion : quand on réduit trop les arrivées d’air pour faire durer une charge de bois, la combustion devient incomplète, le poêle consomme plus, s’encrasse plus vite et rejette plus de particules fines. On s’en rend compte à la fumée plus épaisse qui sort du conduit, ou à la vitre qui noircit rapidement, loin du lit de braises rougeoyantes et de la fumée claire attendus quand le feu brûle correctement. Pour y voir plus clair entre les différents combustibles, l’ADEME donne plusieurs repères simples.

Produit Définition Humidité max. Recommandation ADEME À éviter absolument
Bûche compressée Petit cylindre de 20–35 cm, bois compressé Environ 10 % Une seule à la fois dans un poêle adapté Ne pas laisser en feu couvant
Briquette de nuit Version « longue durée » pour tenir jusqu’au matin Environ 10 % Usage déconseillé, émissions de polluants accrues Feu couvant prolongé, encrassement du conduit
Bûche de feuillus durs Hêtre, chêne, charme, châtaignier, frêne, robinier 20 % maximum Combustible conseillé pour la nuit Bois humide, rendement en forte baisse
Granulés de bois Bâtonnets issus du compactage de sciure 10 % maximum Uniquement dans un poêle à granulés dédié Ne jamais ajouter de bûches ou bois brut

Tenir jusqu’au matin sans surpolluer : les réflexes à adopter

Pour prolonger la chaleur pendant la nuit, l’ADEME recommande plutôt des bûches de feuillus denses comme le hêtre, le charme, le châtaignier, le chêne, le frêne ou le robinier, qui fournissent beaucoup d’énergie et offrent une meilleure autonomie. Les feuillus tendres et les résineux restent réservés à l’allumage. Autre critère central, l’humidité : pour des bûches, le taux ne doit pas dépasser 20 %, car une bûche à 40 % d’humidité perd environ 25 % de rendement par rapport à une bûche à 20 % et libère plus de polluants. Les labels de qualité NF Bois de Chauffage, France Bois Bûches, DIN+ ou ENplus aident à repérer un combustible adapté.

Un bois sec ne présente ni champignons ni moisissures, son écorce se détache facilement, il montre des petites fissures qui partent du centre, il est relativement léger et résonne quand deux bûches s’entrechoquent, avec à la clé des flammes plutôt bleues une fois dans le foyer. Pour sécher des bûches trop humides, le guide conseille un stockage d’environ 18 mois sur des palettes ou des tasseaux, sous un abri couvert et bien ventilé, puis de placer les 10 à 15 bûches du soir près du poêle 24 à 48 heures à l’avance pour finir de chasser l’humidité de surface. L’ADEME rappelle aussi de réserver le poêle à granulés à ses granulés de bois, sans y glisser de bûche ni de bois déchiqueté au risque de détériorer l’appareil, et de ne jamais brûler de bois peint, vernis ou de déchets qui dégagent des substances toxiques comme les dioxines et encrassent fortement le conduit. Pour les granulés et les briquettes, le guide vise un taux d’humidité d’environ 10 %, une information à vérifier sur l’emballage ou auprès du vendeur en même temps que la notice qui précise le réglage du tirage et la charge maximale de combustible. Un feu qui brûle bien laisse un lit de braises qui se consume tranquillement, très peu de fumée blanche et une vitre qui s’encrasse lentement, alors qu’une fumée épaisse ou une vitre qui noircit vite trahissent un tirage mal réglé qu’il faut corriger en ouvrant davantage les entrées d’air. Le conduit compte aussi : un millimètre de suie suffit à augmenter la consommation de bois d’environ 10 %, d’où l’obligation de faire ramoner au moins une fois par an, voire deux si l’appareil consomme plus de 10 stères par an, et l’intérêt de remplacer un poêle d’avant 2002 par un modèle plus performant parfois éligible à des aides publiques ou à une prime locale type Fonds Air.

En bref

  • À l’approche des nuits froides, de plus en plus de ménages se tournent vers les briquettes de nuit censées maintenir le poêle allumé jusqu’au matin.
  • Les guides de l’ADEME alertent pourtant sur ces bûches densifiées de nuit, accusées de favoriser un feu couvant très polluant et d’encrasser les conduits.
  • Essences de feuillus durs, bois bien sec, réglage d’air et entretien du conduit composent la checklist pour tenir chaud la nuit sans transformer son poêle en usine à particules.
À propos de l'auteur
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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