Clôture obligatoire du PER à 64 ans : ce changement qui inquiète les futurs retraités et bouleverse leurs plans de gestion

Par Paul Graph - Publié le

La Commission des finances propose de rendre obligatoire la liquidation du PER à 64 ans, suscitant des inquiétudes parmi les épargnants. Quels impacts pour la gestion de votre retraite ?

Clôture obligatoire du PER à 64 ans : ce changement qui inquiète les futurs retraités et bouleverse leurs plans de gestion

Un discret changement, mais pas anodin. Dans le sillage des débats sur la retraite, l’idée d’obliger les titulaires d’un PER à le clore au moment du départ refait surface et inquiète les épargnants. Derrière cette petite phrase de technicien, une vraie question se pose : que devient la liberté de gérer son plan au rythme de sa retraite ?

À l’automne 2025, la Commission des finances de l’Assemblée nationale a adopté en commission un amendement au Projet de loi de finances 2026 qui rendrait la liquidation obligatoire du PER à l’atteinte de l’âge légal, aujourd’hui 64 ans. Le texte n’a pas valeur de loi et doit encore être débattu en séance publique, mais il bouscule déjà les plans de nombreux futurs retraités. Ce n’est pas un simple détail.

PER et liquidation obligatoire à 64 ans : où en est la mesure ?

La réforme visée consisterait à imposer la clôture du plan dès le seuil de 64 ans, âge de référence issu de la réforme de 2023. Objectif annoncé : recentrer le dispositif sur l’épargne retraite et éviter que les avantages associés soient repoussés jusqu’au décès pour optimiser la transmission. Le champ évoqué couvre les PER individuels, collectifs et obligatoires, mais plusieurs points restent en suspens, du cas de la retraite progressive au cumul emploi retraite. Ni exceptions, ni délais d’application précis n’ont été tranchés à ce stade, d’où un besoin de clarifications pendant les débats.

Jusqu’ici, le PER offrait de la souplesse au moment du départ. L’épargnant pouvait choisir une sortie en capital en une fois ou étalée, une rente viagère, ou un mix. Certains attendaient pour arbitrer, afin de lisser leur fiscalité, faire fructifier un peu plus l’épargne ou préparer une transmission. Avec une liquidation imposée, ce tempo serait dicté par la loi, et la compatibilité d’une sortie fractionnée avec une obligation de dénouement reste à préciser.

Fiscalité, transmission et options de sortie du PER : ce qui pourrait changer

À droit constant, les règles demeurent identiques. Une sortie en capital issue de versements déduits est soumise à l’impôt sur le revenu, les gains supportent des prélèvements sociaux. La rente suit la fiscalité des pensions, avec un abattement de 10 %, et les versements non déduits n’exposent à l’impôt que les gains. Une liquidation imposée pourrait concentrer l’imposition sur une période courte et réduire la marge de pilotage des flux de trésorerie au moment précis où les dépenses évoluent.

Pour s’adapter en attendant, beaucoup regardent leurs supports et leurs versements de fin de carrière, simulent plusieurs trajectoires de sortie et envisagent d’étaler ce qui peut l’être. L’idée est simple : éviter une mauvaise surprise fiscale le jour J et garder le maximum de latitude tant que rien n’est promulgué. Les discussions parlementaires devront dire si un fractionnement restera possible, si des exceptions seront prévues, et à quelle date s’appliqueraient les nouvelles règles. Certains espèrent d’avantage de souplesse.