Droits de succession : cette proposition radicale de "prendre 100%" au-delà d'un seuil qui alarme les gros patrimoines

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Droits de succession : cette proposition radicale de « prendre 100% » au-delà d’un seuil qui alarme les gros patrimoines

À l’approche du budget du 30 septembre, la gauche cible les super-héritages avec de nouvelles surtaxes au-delà de plusieurs millions d’euros. Entre recettes promises et menace d’exil fiscal brandie par Geoffroy Roux de Bézieux, le bras de fer s’intensifie.

La perspective de voir les très gros héritages davantage taxés revient en force, avec des chiffres qui donnent le vertige et des petites phrases qui claquent. Entre la promesse de milliers de milliards d’euros à transmettre d’ici 2040 et la volonté affichée de faire payer plus les ultra-riches, la bataille autour de la taxation des super-héritages s’installe au coeur du débat politique.

Le gouvernement peaufine le projet de budget qu’il doit présenter à l’Assemblée nationale le 30 septembre, avec un objectif fixé de ramener le déficit public sous les 5 % en 2027. Pendant que les Écologistes détaillent une nouvelle contribution ciblant les patrimoines de plusieurs millions d’euros, la cheffe de file de La France insoumise, Mathilde Panot, avance ses propres seuils, et l’ancien président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux agite le spectre d’un exil des plus riches. Une bataille fiscale qui interresse directement les familles concernées par de très gros legs.

Taxation des super-héritages : ce que prévoient la gauche et les Écologistes

Dans le camp écologiste, le parti Les Écologistes propose une contribution spécifique sur les très gros patrimoines transmis. Leur projet prévoit de prélever 10 % sur la part d’un héritage dépassant 4 millions d’euros, puis 10 % supplémentaires sur la fraction au-delà de 13 millions d’euros, en sus des droits de succession déjà dus. L’objectif affiché est de ne viser que les 1 % des plus grosses successions pour dégager de nouvelles recettes.

Acteur Seuils visés Contribution annoncée Rendement estimé Utilisation affichée
Régime actuel Barème progressif, pas de surtaxe dédiée According au barème jusqu’à 45 % Environ 16,1 Md€ par an Budget général de l’État
Les Écologistes Part > 4 M€, puis > 13 M€ 10 % puis 10 % supplémentaires 15 Md€ par an Transition écologique, rénovation d’écoles
La France insoumise Au-delà de 12 M€ d’héritage Prendre 100 % au-dessus du seuil Non chiffré précisément Objectif de forte redistribution

Pour justifier ce ciblage, la députée écologiste Eva Sas met en avant le rôle des dispositifs existants comme le pacte Dutreuil ou le démembrement de propriété : « Actuellement, les plus riches payent à peine 10% de frais de succession grâce à ces avantages », a dénoncé Eva Sas, députée écologiste, citée par BFMTV, en évaluant à 15 milliards d’euros par an les recettes potentielles de cette contribution. « Les flux successoraux vont fortement augmenter : plus de 9.000 milliards d’euros doivent être transmis d’ici 2040, a expliqué la cheffe de file des Verts. Oui, l’écologie a un coût. Mais selon les économistes, l’inaction coûte 5 fois plus cher que l’adaptation. », a déclaré Marine Tondelier, citée par BFMTV, qui destinerait ces sommes à la transition écologique, dont 4 milliards d’euros par an pour rénover le bâti scolaire à partir de 2027. Dans un registre plus radical, la cheffe de file de La France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, revendique une approche de rupture : « À partir de 12 millions, on prend tout. », a-t-elle lancé, citée par Capital, en estimant qu’il n’y avait pas de « mérite » pour de nombreux millionnaires simplement nés dans une famille riche.

Droits de succession actuels et crainte d’exil fiscal selon Geoffroy Roux de Bézieux

Pour situer le débat, il faut rappeler le cadre actuel des droits de succession en France. En ligne directe, chaque enfant ou parent bénéficie d’un abattement de 100 000 euros sur ce qu’il reçoit, puis l’impôt est calculé par tranches, avec un barème progressif allant de 5 % à 45 %, ce dernier taux s’appliquant sur la part nette qui dépasse 1 805 677 euros.

Lien de parenté Abattement Taux de base Taux maximal et seuil
Enfants, parents (ligne directe) 100 000 € par héritier Barème de 5 % à 45 % 45 % au-delà de 1 805 677 €
Conjoint marié, partenaire de Pacs Exonération des droits Hors barème classique Sous conditions légales
Autres héritiers Abattement et barème spécifiques Taux supérieurs à la ligne directe Seuils variables selon le lien

Face à ces propositions, Geoffroy Roux de Bézieux, qui reconnaît être lui-même millionnaire, conteste l’idée que la fortune héritée serait par définition imméritée. Alors que Mathilde Panot affirmait qu’il n’y avait pas de « mérite » pour de nombreux millionnaires simplement nés riches, l’ancien président du Medef assure auprès de BFMTV que « ce n’est pas vrai », en détaillant trois objections : un aspect « philosophique » d’abord, car « Ce parti pris de dire que l’argent est forcément un argent immérité c’est philosophiquement la négation de tout le travail, de la réussite. », un aspect familial ensuite, avec cette conviction que « Quand on a travaillé on a envie de transmettre à ses enfants. », et « il y a l’aspect pratique, opérationnel ». Sur ce dernier point, il redoute une fuite des plus fortunés : « La première année ça peut marcher, les gens ont pas le temps de s’organiser. Mais vous pouvez être sur que l’Italie, que la Suisse, que la Belgique, que l’Angleterre vont faire fortune. Les gens vont partir. Ils vont vous dire oui on va mettre une exit taxe, ça devient l’Union soviétique leur truc. », a-t-il mis en garde, en appelant plutôt à agir sur les dépenses publiques, de la franchise médicale à 2 euros aux aides aux entreprises. Les données du Wealth Migration Report 2025 d’Henley & Partners font état d’un solde net de 800 millionnaires ayant quitté la France en 2025, alors qu’environ 2,4 millions de millionnaires résident toujours dans le pays, ce qui nourrit autant l’argument d’un exil fiscal réel que celui d’un phénomène numériquement limité.

En bref

  • À l’approche du budget présenté le 30 septembre 2026, la taxation des super-héritages revient au centre du débat entre Les Écologistes, LFI et le patronat.
  • Entre surtaxe de 10 % puis 20 % au-delà de 4 et 13 millions d’euros, remise en cause du pacte Dutreuil et ciblage des démembrements, les projets visent 15 milliards d’euros par an.
  • Alors que Geoffroy Roux de Bézieux alerte sur le risque de départ des plus riches, les chiffres de l’exil fiscal et l’ampleur des transmissions à venir bousculent le jeu politique.
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La rédaction Bourse Inside

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