Budget 2026 : faut-il taxer davantage les plus riches ? Les chiffres clés de la DGFiP et de l’Insee dévoilés
Les 10% les plus aisés paient près de 75% de l'impôt sur le revenu en France. En 2025, leur contribution a augmenté de 9,9%, soulevant des débats sur l'équité fiscale.

Faut-il taxer davantage les plus hauts revenus ou au contraire sanctuariser leur contribution actuelle pour préserver l’attractivité et le rendement fiscal ? En plein examen du Budget 2026, la question revient au centre du jeu, portée par des propositions ciblant les patrimoines et les revenus du sommet.
Les données récentes de la DGFiP et de l’Insee éclairent ce débat. En 2025, l’impôt sur le revenu a progressé de 9,9 % sur un an pour atteindre près de 92 milliards d’euros, acquittés par 47 % des foyers. Dans le même temps, les revenus au sommet ont accéléré : +6,9 % pour le dernier dixième, +12,9 % pour le dernier centième et jusqu’à +21,8 % pour le dernier millième. Bref, les ordres de grandeur comptent.
Impôt des plus riches en 2025 : ce que montrent la DGFiP et l’Insee
Par part fiscale, la DGFiP mesure un impôt moyen de 16 395 € pour les 10 % les plus aisés, 73 078 € pour le 1 %, et 312 098 € pour le 0,1 %. Elle résume aussi leur poids spécifique dans la hausse récente : « Ces foyers acquittent à eux seuls près des trois quarts de l’impôt sur le revenu, et contribuent à 6,2 points de pourcentage des 9,9% de hausse de l’impôt sur le revenu net en 2024 », a conclu la DGFiP, selon Capital.
Sur le temps long, l’Insee décrit une dynamique de revenus très favorable en haut de distribution. « Entre 2003 et 2022, le revenu des plus aisés augmente plus vite que celui des autres foyers », a pointé l’Insee. Dans ce contexte, le taux moyen d’imposition des très hauts revenus est passé de 29,2 % en 2003 à 25,7 % en 2022, avec une tranche marginale de 45 % et le PFU 30 % sur le capital. Pour autant, « En 2022, les foyers à très hauts revenus contribuent à hauteur de 10,7 milliards d’euros aux recettes d’impôt sur le revenu, soit 13% du total de cet impôt, une part quatre fois supérieure à leur part dans l’ensemble des revenus », ont souligné les auteurs de l’étude. Zoom rare au sommet : 481 foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 9 000 000 € versent à eux seuls 1,94 milliard d’euros par an.
Budget 2026 : mesures débattues et impact attendu pour les hauts revenus
Au Parlement, plusieurs pistes visent les hauts revenus et patrimoines aujourdhui : « taxe Zucman », hausse éventuelle du PFU 30 %, taxation des holdings, impôt sur la fortune dite « improductive », ou encore contribution différentielle 20 % garantissant un plancher d’imposition des très hauts revenus. Côté successions, l’exécutif avait renoncé à un relèvement immédiat des abattements. « On sait qu’on n’a pas les moyens budgétaires, tout simplement, de le voter (…) dès cette année », a-t-elle ajouté, a indiqué Aurore Bergé. Un amendement visant à relever l’abattement de 100 000 € à 150 000 € par enfant avait été déposé puis retiré.
Hors IR, des recettes locales évolueront aussi. La mise à jour des fichiers « confort » de la taxe foncière touchera 7,4 millions de logements en 2026, pour une hausse moyenne d’environ +63 €, soit près de 466 millions d’euros supplémentaires pour les collectivités. Cette réévaluation a été présentée par le cabinet de la ministre des Comptes publics comme « une question d’efficacité et d’équité de l’impôt » pour « que chacun paie selon le type de logement qu’il détient ». La grande révision des valeurs locatives, elle, a été actée pour 2028 et pourrait glisser vers 2031.








