Grève du 5 novembre : non, vous n'êtes pas obligé de garder votre enfant, la loi impose un service d'accueil gratuit

Jeudi 5 novembre 2026, une grève nationale bouleverse l’organisation des familles avec des classes sans professeur mais pas forcément sans solution. Entre droit d’accueil gratuit, seuil des 25 % et rôle de la mairie, ce guide aide à comprendre ce qui est réellement garanti.
Jeudi 5 novembre 2026, une journée de grève et de manifestations touche à nouveau l’Éducation nationale. Dans beaucoup de foyers, la même interrogation s’impose au réveil : l’école de mon enfant sera-t-elle ouverte, et si le maître fait grève, devrai-je poser un jour de congé pour le garder ?
Pour les élèves de maternelle et d’élémentaire des écoles publiques, le Code de l’éducation encadre précisément cette situation en prévoyant un droit d’accueil pendant le temps scolaire lorsque l’enseignant est en grève. Cet accueil est gratuit pour les familles, mais sa mise en œuvre varie selon les écoles, ne remplace pas une journée de cours classique et ne couvre pas automatiquement la cantine ou le périscolaire. Tout se joue autour d’un seuil de 25 % d’enseignants grévistes. Et du relais pris par l’État ou la mairie.
Grève du 5 novembre : un droit d’accueil gratuit en primaire, mais limité
Dans les écoles maternelles et élémentaires publiques, la loi prévoit que chaque enfant doit pouvoir être accueilli gratuitement pendant les heures de classe lorsque son enseignant fait grève. Il s’agit d’un service d’accueil destiné à garder et encadrer les élèves, pas d’un remplacement intégral des cours. Pour la journée du jeudi 5 novembre 2026, plusieurs organisations syndicales, dont l’Unsa, la CFDT, la CGT, FO et la FSU, ont appelé à la grève. Les enseignants du premier degré devaient déclarer individuellement leur intention d’y participer au moins 48 heures avant, dont un jour ouvré, afin que l’administration connaisse le nombre de grévistes et puisse préparer l’accueil.
Ce droit d’accueil ne concerne que les écoles publiques de premier degré. Les collèges et les lycées n’y sont pas soumis : un parent d’élève de sixième ou de seconde ne peut pas compter sur un dispositif communal automatique pour la journée de grève, il doit se référer aux consignes de l’établissement. Dans une école privée sous contrat, c’est l’organisme gestionnaire qui organise librement l’accueil des élèves. Ce dispositif est notamment détaillé dans la fiche « Accueil de l’enfant à l’école en cas de grève du professeur », publiée sur service-public.gouv.fr, qui rappelle le principe de gratuité pour les écoles publiques de maternelle et d’élémentaire.
Seuil de 25 %, rôle de la mairie et infos pratiques pour le 5 novembre
Le fonctionnement concret du jour de grève dépend ensuite du pourcentage d’enseignants déclarés grévistes dans chaque école. Tant que moins de 25 % des professeurs de l’établissement ont indiqué qu’ils feraient grève, l’accueil est organisé par l’État, via le rectorat, avec les enseignants non grévistes, directement dans l’école. Dès que 25 % ou plus des enseignants sont déclarés grévistes, la commune, ou l’intercommunalité qui a la compétence scolaire, prend le relais : elle fixe le lieu d’accueil, qui peut être l’école habituelle, un gymnase, un centre de loisirs ou une salle polyvalente, tout en restant gratuit pour les familles pendant le temps scolaire.
| Part d’enseignants grévistes | Qui organise l’accueil | Lieu d’accueil possible | Accueil gratuit ? | Niveaux concernés |
|---|---|---|---|---|
| Moins de 25 % (public) | Rectorat / Éducation nationale | Dans l’école | Oui, temps scolaire uniquement | Maternelle, élémentaire |
| 25 % ou plus (public) | Commune ou intercommunalité | École, gymnase, centre de loisirs… | Oui, temps scolaire uniquement | Maternelle, élémentaire |
| École privée sous contrat | Organisme gestionnaire | Selon l’organisation interne | Selon les règles de l’école | Maternelle, élémentaire |
Le seuil de 25 % se calcule école par école, uniquement sur les enseignants de chaque établissement, et un directeur totalement déchargé d’enseignement n’est pas pris en compte. Dans une école de 8 enseignants, 25 % représentent 2 personnes : avec un seul gréviste, soit 12,5 %, l’accueil reste organisé par l’État ; avec 2 grévistes, il bascule vers la mairie. Dans une école de 6 enseignants, 25 % correspondent à 1,5 : il faut donc 2 grévistes, soit 33 %, pour déclencher un accueil communal. Le directeur ou la directrice doit informer les parents des conséquences prévisibles de la grève sur le fonctionnement des classes par affichage devant l’école, éventuellement par courriel ou SMS, et la commune communique à son tour lorsque c’est elle qui accueille les enfants. Par exemple, Samir, 34 ans, technicien à Toulouse, a un fils en CM1 dans une école de 8 enseignants et une fille en quatrième : si 2 enseignants de l’école primaire de son fils sont grévistes, la mairie doit l’accueillir gratuitement, alors que sa fille de collège ne bénéficie d’aucun droit d’accueil et nécessite une autre solution. Pour la cantine, la garderie du matin ou du soir et les activités périscolaires, qui dépendent des règles locales et du personnel municipal, il reste indispensable de vérifier parmis les messages de l’école et de la mairie si ces services fonctionnent ou non le 5 novembre.
Sources
En bref
- Jeudi 5 novembre 2026, une grève nationale des enseignants du premier degré touche les écoles maternelles et élémentaires publiques dans toute la France.
- Le Code de l’éducation instaure un droit d’accueil gratuit pendant le temps scolaire, organisé par l’État ou la mairie selon que le seuil de 25 % d’enseignants grévistes est atteint dans l’école.
- Parents, horaires, lieu d’accueil, cantine et périscolaire restent à vérifier localement auprès de la direction et de la commune pour éviter les mauvaises surprises.








