Livret A à 1,8% ou 2% : ce que la hausse du taux au 1er août va vraiment rapporter à votre épargne (et vous coûter)
Le taux du Livret A remontera bien au 1er août 2026, après des mois de rendement sous pression de l’inflation. Mais entre 1,7%, 1,8% ou 2%, la vraie hausse et ses effets sur votre bas de laine restent à préciser.

C’est désormais officiel : le taux du Livret A va bien remonter au 1er août, après plusieurs mois de rendement en berne. Ramené de 1,7% à 1,5% le 1er février, ce placement chouchou des Français doit profiter de la remontée des taux interbancaires et de l’inflation, avec la promesse, parfois présentée comme une hausse « massive », de mieux protéger le bas de laine des ménages.
Le ministre de l’Économie Roland Lescure a confirmé le principe de cette revalorisation le 30 juin, sans en dévoiler encore l’ampleur. Entre la formule automatique qui pointerait vers 1,7%, les scénarios à 1,8% défendus par certains économistes et l’hypothèse d’un coup de pouce à 2%, les épargnants cherchent déjà à se faire une idée de ce qui les attend. La suite va se jouer en quelques semaines.
Hausse du taux du Livret A en août : ce qui est déjà acté
Le 30 juin, Roland Lescure a d’abord confirmé que le taux du Livret A et celui du LDDS augmenteraient bien au 1er août. À la question de l’ampleur de cette hausse, il a indiqué que les pouvoirs publics étaient « en train de finaliser les calculs », rapporte MoneyVox. Dans un autre échange, il a précisé : « Nous sommes en train de finaliser les calculs. D’ici le 15 juillet, vous aurez un chiffre exact », a précisé le ministre, cité par Presse-citron. Le message affiché reste celui d’un soutien au pouvoir d’achat, avec l’idée que l’épargne des Français sera un peu mieux rémunérée, tandis que la Banque de France préparera sa recommandation avant la décision finale du gouvernement.
La mécanique ne change pas : le taux réglementé résulte de la moyenne semestrielle de l’inflation hors tabac et de celle du taux interbancaire €ster, divisées par deux puis arrondies au dixième de point le plus proche. Sur les six premiers mois de l’année, la moyenne de l’€ster ressort à 1,95857% et l’estimation de l’inflation hors tabac tourne autour de 1,533%, ce qui conduit à un taux théorique de 1,746%, soit 1,7% après arrondi. « Jusqu’à récemment, il semblait que la formule impliquerait 1,80% mais la baisse surprise de l’inflation hors tabac en juin a réduit le résultat du calcul », explique Eric Dor, directeur des études économiques de l’IESEG School of Management de Lille, dans une note envoyée à la presse. Dans une analyse datée du 30 juin, l’économiste Philippe Crevel évoque un « taux possible du Livret A à 1,80% », en retenant 1,53% pour l’inflation semestrielle et 1,97% pour l’€ster, avant de rappeler que « Avec la hausse des prix constatée depuis le mois de mars, le rendement réel en rythme annuel du Livret A était devenu négatif, son taux étant inférieur à l’inflation » et que « En l’augmentant, le gouvernement entend garantir le pouvoir d’achat des épargnants. » Lors de sa dernière note de conjoncture du 17 juin, l’Insee anticipe une inflation moyenne de 2,4% au second semestre.
Quels scénarios pour le taux du Livret A en août, et quel impact pour les épargnants ?
Les projections tournent désormais autour de quelques scénarios bien identifiés : 1,7% en application stricte de la formule, 1,8% si le gouvernement décidait de donner un léger coup de pouce supplémentaire, et jusqu’à 2% en cas de geste plus marqué. L’inflation a progressé de 2,2% sur un an en avril 2026, selon l’Insee, ce qui pèse sur le rendement réel de l’épargne placée à 1,5%. Antoine Saintoyant, directeur de la Banque des Territoires et directeur général adjoint du groupe Caisse des Dépôts et Consignations, a d’ailleurs dit s’attendre à « ce que le taux du Livret A » remonte d’ici la fin de l’année, selon Boursorama. Même avec une hausse au 1er août, plusieurs analystes rappellent qu’avec une inflation autour de 2% à 2,4%, le rendement réel du Livret A pourrait rester légèrement négatif, une forme d’illusion monétaire pour les épargnants.
| Situation | Taux du Livret A | Contexte chiffré | Effet sur le pouvoir d’achat |
|---|---|---|---|
| Taux actuel depuis février | 1,5% | Baisse du 1er février | Pouvoir d’achat déjà entamé |
| Application stricte de la formule | 1,7% | Résultat théorique 1,746% de la formule | Rendement réel encore négatif si inflation 2% |
| Scénario haut discuté par les experts | 1,8% | Hypothèse citée par Eric Dor et Philippe Crevel | Mieux, mais toujours proche de l’inflation |
| Coup de pouce politique éventuel | 2% | Option envisagée par le gouvernement comme coup de pouce | Commencerait à compenser la hausse des prix |
Dans ce contexte, le Livret A conserve avant tout sa fonction de matelas de précaution : ce coussin financier est souvent évalué entre quatre et six mois de revenus, et l’encours moyen du Livret A tourne autour de 7 480 euros, ce qui correspond déjà, pour beaucoup de Français, à plusieurs mois de dépenses courantes. Les 58 millions de détenteurs de ce livret doivent aussi composer avec un cadre juridique précis : pour les comptes ouverts au nom d’un enfant, « Un dépôt sur un livret peut être considéré comme une donation. Les sommes qui apparaissent sur le compte bancaire appartiennent à l’enfant, de manière irrévocable et définitive », rappelle l’avocate Aude Poulain de Saint-Père, citée par Ouest France. Les parents ne peuvent en principe toucher qu’aux interets produits pour financer les besoins essentiels de leur enfant, tandis que l’éventuelle hausse du taux en août jouera surtout le rôle de léger amortisseur face à la hausse des prix.
En bref
- Le 30 juin 2026, Roland Lescure a confirmé que le taux du Livret A et du LDDS serait relevé au 1er août, dans un contexte de remontée des taux interbancaires et d’inflation modérée.
- Selon la formule officielle mêlant inflation hors tabac et taux €ster, le taux théorique tourne autour de 1,7%, mais des scénarios à 1,8% voire 2% restent sur la table.
- Pour les quelque 58 millions de détenteurs, cette hausse améliorera légèrement la rémunération de l’épargne mais pourrait laisser un rendement réel négatif face à une inflation proche de 2%.







