Prix du carburant : la mauvaise surprise à la pompe va durer, le PDG de TotalEnergies dévoile la date du retour à la normale
Depuis le blocage du détroit d'Ormuz, les prix du carburant s'envolent en Europe malgré un baril redevenu plus sage. Patrick Pouyanné fixe un horizon de retour à la normale, mais les automobilistes pourraient devoir patienter bien plus qu'ils ne l'imaginent.

Depuis la fermeture du détroit d’Ormuz début mars par l’Iran, les automobilistes européens voient les prix du carburant grimper et peinent à comprendre pourquoi la facture reste aussi salée. Environ 20 % du trafic mondial d’hydrocarbures transite par ce passage stratégique, si bien que son blocage a immédiatement tendu le marché et poussé plusieurs pays du Vieux Continent à prendre des mesures pour limiter le choc à la pompe.
Un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran, signé le 17 juin, a permis la réouverture du détroit et une reprise progressive du trafic. Pour autant, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a prévenu lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence que le marché ne reviendrait pas à la normale du jour au lendemain. Le retour à la normale s’annonce plus lent que prévu.
Carburant : ce que Patrick Pouyanné entend par retour à la normale
Pour le patron de TotalEnergies, la sortie de crise ne se fera qu’au terme d’un délai encore long. Il a expliqué qu’il faudra encore « trois à quatre mois » avant que le marché pétrolier ne « réussisse à se reréguler », a prévenu Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, lors des Rencontres économiques d’Aix-en-Provence le 4 juillet, cité par Presse-citron. Autrement dit, même avec un détroit d’Ormuz rouvert, l’équilibre entre offre, logistique et demande ne se reconstituera qu’à l’horizon de plusieurs mois.
| Événement | Date | Impact immédiat | Effet sur les prix |
|---|---|---|---|
| Fermeture du détroit d’Ormuz | Début mars | Tensions sur l’approvisionnement | Hausse rapide à la pompe |
| Accord États-Unis – Iran | 17 juin | Réouverture du détroit | Détente progressive du marché |
| Brent autour de 72 dollars | Après réouverture | Retour au niveau pré-crise | Carburants encore chers |
| Annonce du délai | 4 juillet | « trois à quatre mois » | Retour graduel à la normale |
| Délai brut – carburant | 30 à 40 jours | Raffinage et transport | Décalage durable à la pompe |
Détroit d’Ormuz, délais de raffinage et prix à la pompe en France
Sur le papier, le contexte devrait pourtant soulager les automobilistes. Le baril de Brent est revenu autour de 72 dollars, soit son niveau d’avant la fermeture du détroit, mais l’essence et le diesel restent vendus au prix d’un pétrole à 95-100 dollars. Entre l’achat du brut et son arrivée en station, il faut compter 30 à 40 jours de raffinage et de transport, un délai qui, avec des stocks au plus bas, se répercute directement sur les prix. Côté distribution, Michel-Édouard Leclerc observe lui aussi la détente en expliquant que « Ça a perdu 30 centimes par rapport au point haut du conflit, il y a des bateaux qui passent Ormuz », a observé Michel-Édouard Leclerc sur BFMTV/RMC, tout en prévenant que « on est à la merci du moindre coup de gueule dans le détroit d’Ormuz et comme ils n’ont pas l’air très rationnels ni raisonnables, je préfère ne pas m’avancer ». Les baisses, apparement, restent fragiles.
En France, TotalEnergies a choisi de ne pas faire porter entièrement ce décalage aux automobilistes, en maintenant cet été le plafonnement de ses prix à 1,99 euro le litre dans ses stations d’autoroute lors des grands départs et dans 1 200 stations situées en zones rurales. Dans le reste de son réseau, soit 2 300 stations sur 3 300, ce plafonnement a été levé car les prix oscillent déjà entre 1,80 et 1,90 euro le litre ; « Donc, notre intervention n’est plus légitime à ce niveau-là », a résumé Patrick Pouyanné. Face à cela, Michel-Édouard Leclerc met en avant des tarifs plus bas dans ses centres en assurant : « On lui a mis 12 centimes d’écart. Les gens se précipitent et viennent chercher à un euro près le carburant le moins cher. Total, il a fait le boulot pendant un mois. Il peut, il avait cagnotté pendant trois ans, je suis content de lui renvoyer ». Sur le plus long terme, le patron de TotalEnergies mise sur la diversification des approvisionnements, avec le Brésil et plusieurs pays africains comme l’Angola, le Nigeria ou la Namibie pour réduire la dépendance au détroit d’Ormuz et limiter à l’avenir de tels à-coups sur les prix du carburant.
En bref
- Depuis la fermeture du détroit d'Ormuz début mars, le trafic d'hydrocarbures est perturbé et l'Europe subit une envolée durable des prix du carburant.
- Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, annonce un retour à la normale du marché pétrolier sous trois à quatre mois, malgré un Brent déjà retombé à 72 dollars.
- Entre prudence des armateurs, délais de raffinage, stocks bas et plafonnement à 1,99 €/L en France, les automobilistes doivent s'attendre à une accalmie progressive plutôt qu'à une chute brutale des prix.







