Montres connectées : cette décision surprise de l'UE qui va vous empêcher de remplacer la batterie dès 2027
Mardi 14 juillet 2026, la Commission européenne accorde une dérogation aux montres connectées, traqueurs et jouets visés par le futur règlement batteries. Entre droit à la réparation, miniaturisation et étanchéité, ce revirement laisse planer le doute sur les gains pour les consommateurs.

Promis comme un levier fort du « droit à la réparation », le futur cadre européen sur les batteries devait obliger les fabricants à rendre leurs appareils plus faciles à démonter, au risque de rendre la vie un peu plus dificile aux fabricants. Adopté en 2022, le règlement (UE) 2023/1542 sur les batteries et les déchets de batteries prévoit que, à partir de 2027, la plupart des produits mobiles devront embarquer des batteries facilement remplaçables par l’utilisateur final.
Mardi 14 juillet 2026, la Commission européenne a pourtant décidé d’accorder une dérogation à plusieurs appareils très répandus : les montres connectées, les traqueurs d’activité sportive et certains jouets électriques. En cause, l’extrême miniaturisation de leurs composants et la manière dont ils sont agencés, qui créerait selon Bruxelles « un risque non-négligeables de détériorer ou perforer les batteries » au moment du remplacement, mais aussi la nécessité de préserver leur étanchéité. Pour les utilisateurs, la promesse de batteries changeables en quelques gestes se transforme donc en scénario plus nuancé.
Montres connectées, traqueurs et jouets : une dérogation ciblée de l’UE
Le règlement sur les batteries, qui commencera à s’appliquer le 18 février 2027, pose en principe que les batteries des appareils nomades doivent pouvoir être retirées et remplacées sans outils spéciaux et sans connaissances techniques avancées. L’Article 11 ouvre toutefois la porte à des exemptions lorsque cette exigence s’avère incompatible avec la sécurité, l’intégrité des données ou la conception même du produit. C’est dans ce cadre que Bruxelles a placé les montres connectées, les traqueurs d’activité et les jouets électriques, après une consultation spécifique menée auprès des industriels en 2025 et 2026.
| Catégorie d’appareil | Batterie remplaçable par l’utilisateur au 18 fév. 2027 | Statut réglementaire | Motif affiché | Remplacement effectué par |
|---|---|---|---|---|
| Montres connectées | Non | Dérogation ciblée | Miniaturisation, étanchéité, sécurité | Professionnel |
| Traqueurs d’activité | Non | Dérogation ciblée | Miniaturisation, étanchéité | Professionnel |
| Jouets électriques | Non | Dérogation | Contraintes techniques, sécurité | Professionnel |
| Smartphones | Oui | Règle générale | Durabilité accrue des appareils | Utilisateur final |
| Tablettes | Oui | Règle générale | Hors modèles très durables | Utilisateur final |
Ce tableau illustre le contraste : pour les smartphones et tablettes, sauf rares modèles affichant déjà une durabilité élevée dans le haut de gamme, la batterie devra pouvoir être remplacée directement par l’utilisateur pour prolonger la durée de vie de l’appareil. Les objets très compacts et étanches, eux, sortent de ce schéma et basculent dans un régime où l’intervention passe par un service après-vente ou un réparateur agréé. Pour les consommateurs, la question ne sera donc pas la même selon qu’il s’agit de changer la batterie d’un téléphone ou de leur montre connectée utilisée au quotidien.
Miniaturisation, étanchéité et sécurité : les raisons du recul de l’UE
Dans une montre connectée ou un traqueur d’activité, la batterie est insérée au milieu de composants miniaturisés, soudés et empilés très près les uns des autres. Un accès trop simple à l’accumulateur pourrait conduire un utilisateur à forcer, tordre ou percer la cellule lors de l’extraction, avec un risque de court-circuit. Les batteries au lithium peuvent d’ailleurs s’enflammer spontanément si elles sont endommagées ou exposées à l’air, ce qui explique la prudence affichée par Bruxelles. D’où le choix d’imposer une ouverture et une remise en état de ces produits uniquement par des professionnels formés.
L’autre enjeu tient à l’étanchéité : montres et bracelets connectés sont pensés pour résister à la pluie, à la sueur ou à l’immersion lors de séances de natation. Un système de trappe facilement ouvrable rendrait beaucoup plus difficile le maintien de cette résistance à l’eau dans le temps. En toile de fond, l’objectif du règlement reste pourtant d’allonger la durée de vie des produits, de lutter contre l’obsolescence programmée et de sécuriser l’approvisionnement de l’Europe en matières premières comme le lithium, le nickel ou le cobalt grâce au recyclage. La consultation lancée par la Commission européenne le 28 avril 2026 sur les exemptions de « battery removability » s’inscrit justement dans ce compromis entre réparabilité, contraintes techniques et sécurité des utilisateurs.
En bref
- Adopté en 2022, le règlement (UE) 2023/1542 prévoyait qu’au 18 février 2027 la plupart des appareils nomades aient une batterie facilement remplaçable par l’utilisateur final.
- Le 14 juillet 2026, la Commission européenne décide d’exempter montres connectées, traqueurs d’activité et jouets électriques en invoquant miniaturisation, étanchéité et risques liés aux batteries au lithium.
- Entre promesse de droit à la réparation et remplacement réservé aux professionnels, les utilisateurs devront composer avec un cadre plus nuancé pour leurs objets connectés du quotidien.








