Pouvoir d'achat : cette nouvelle taxe va faire grimper le prix de vos biscuits et bonbons préférés dès 2027

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Pouvoir d’achat : cette nouvelle taxe va faire grimper le prix de vos biscuits et bonbons préférés dès 2027

Entre la taxe soda étendue aux bonbons et la promesse de lutter contre l’obésité, une nouvelle ligne du PLFSS 2027 affole déjà les confiseurs. Qui paiera vraiment la note quand les paquets de sucreries passeront en caisse ?

Entre santé publique et porte-monnaie, un nouveau front fiscal s’ouvre sur les bonbons, biscuits et céréales. Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027, les députés ont validé en commission l’extension de la taxe soda à une série de produits sucrés préemballés, dont les confiseries, avec à la clef des prix possiblement plus élevés en rayon.

Pour les industriels de l’agroalimentaire, cette future taxe sur les confiseries pèsera d’abord sur le pouvoir d’achat. « C’est le consommateur qui en paye le prix », a déclaré Jean-François Loiseau, président de l’Ania, dans un reportage diffusé sur France 2. Une cliente, excédée, résume ce sentiment : « On vous nous prendre de l’argent comme d’habitude ». La colère monte avant même le vote defintif.

Taxe sur les confiseries : ce que prévoit le projet de loi

Dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, figure une taxe dite « comportementale » « sur les produits sucrés transformés », qui étendrait la taxe soda aux viennoiseries, biscuits industriels, céréales du petit-déjeuner, confiseries et autres produits ultra-transformés sucrés préemballés. Un amendement MoDem l’a élargie, tout en prévoyant une exemption pour les artisans et petites entreprises alimentaires. Les groupes d’opposition RN, UDR et LR ont tenté sans succès de supprimer l’article en commission, pendant que la filière confiserie s’interroge déjà : « En quoi une taxe va changer le comportement du consommateur ? », se demande Marie-Claude Stoffel, présidente des Confiseurs de France, interrogée par France 3 Régions.

L’impact chiffré inquiète déjà les confiseurs. « Une taxe de 3%, c’est entre 4 et 22 centimes pour 100 kilos, selon la teneur en sucre », calcule Gildas Peron, directeur des opérations de la Maison d’Armorine, « pour nous les conséquences sont loin d’être neutres ». Il souligne que cette ponction se cumulerait à d’autres hausses, « à laquelle s’ajoute celle du beurre, de la crème, de tous nos fournisseurs », alors même que, dit-il, « alors qu’on sent que chez nos commerçants, le commerce est difficile ». L’objectif officiel reste de récolter 200 millions d’euros par an, quand la taxe sur les boissons sucrées rapportait déjà environ 800 millions d’euros en 2025.

Confiseries traditionnelles, grande distribution : qui paiera vraiment ?

À Quiberon, la Maison d’Armorine, confiserie bretonne née en 1946, fabrique toujours ses Niniches et son Salidou selon les mêmes recettes. « cela fait 80 ans que les recettes n’ont pas changé », explique Gildas Peron, qui estime qu' »et l’on peut difficilement se passer de sucre. » Pour une sucette comme la Niniche, il faut « au moins 50 % pour faire une sucette », précise-t-il, et toucher à ces dosages reviendrait à dénaturer le produit. Face au projet de taxe, il regrette déjà : « C’est dommage de s’attaquer à la tradition française ». Reste à savoir quels produits seront vraiment concernés.

Famille de produits Exemples en rayon Conditions pour être taxé Exemptions possibles
Confiseries industrielles bonbons gélifiés, sucettes, dragées préemballé, très sucré, recette industrielle aucune, hors éventuelle reformulation
Confiseries traditionnelles artisanales Niniches, nougat de Montélimar produits sucrés mais fabrication manuelle artisans et petites entreprises alimentaires
Biscuits et viennoiseries industriels biscuits fourrés, brioches emballées préemballé, riche en sucres ajoutés non, sauf production locale artisanale
Céréales et barres du petit-déjeuner céréales chocolatées, barres croustillantes produit transformé, enrichi en sucre à préciser via les décrets d’application
Glaces et desserts sucrés pots de glace, bâtonnets individuels préemballé, forte teneur en sucre incertain, dépend du texte final

Pour Marie-Claude Stoffel, le risque est surtout économique. « La confiserie c’est un petit secteur : nous réalisons 1,6 milliard d’euros de chiffre d’affaires avec 85 sociétés. Mais pour la plupart, ce sont des petites PME ou PMI », explique la présidente des Confiseurs de France, pour qui les rayons régionaux des grandes surfaces pèsent lourd, puisque « cela représente 50% de nos débouchés ». Si la future taxe devait être intégralement répercutée sur les prix, « Si nous devons répercuter cette taxe sur nos prix de vente auprès de la grande distribution, nous serons dans l’impasse », prévient-elle, car « nous serons la variable d’ajustement, beaucoup de confiseurs n’auront pas les reins assez solides ». Elle insiste sur le coût des matières premières, car « elles travaillent avec des produits nobles comme le miel, les fruits secs, donc déjà plus onéreux à l’achat pour le consommateur ». Dans ces ateliers, « quasiment tout » est encore réalisé à la main et « on ne peut que très peu mécaniser », alors même que, rappelle-t-elle, « nous sommes des entreprises de tradition, et de savoir-faire ». Les confiseurs soulignent aussi qu’à leurs yeux « ce n’est pas un produit d’alimentation » de base et que « On ne verra jamais un confiseur dire ‘il faut manger des bonbons’! », tout en rappelant que « Sur l’ensemble du sucre produit en Europe, seuls 2 % sont destinés à la confiserie. » Dans ce contexte, ils redoutent qu’une nouvelle taxe sur les confiseries, distincte de la TVA déjà différenciée entre chocolat noir à 5,5 % et chocolat au lait ou blanc à 20 %, ne finisse par peser surtout sur le consommateur final.

En bref

  • À l’automne 2026, dans le cadre du PLFSS 2027, les députés examinent à Paris l’extension de la taxe soda aux confiseries et autres produits sucrés préemballés.
  • Entre objectif de santé publique et rendement budgétaire de 200 millions d’euros, industriels et confiseurs alertent déjà sur la hausse des prix et la pression de la grande distribution.
  • Entre exemptions pour artisans et incertitudes sur les produits réellement visés, les consommateurs restent dans le flou sur ce qui changera concrètement en rayon.
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