Pouvoir d'achat : l'inflation au RU tombe à 2,6% mais ce détail sur l'énergie annonce déjà une nouvelle flambée des prix

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Au Royaume-Uni, l’inflation retombe à 2,6 % en juin, un niveau inférieur aux prévisions, grâce à la baisse des carburants et de certains produits du quotidien. Mais entre envolée annoncée des factures d’énergie et marges budgétaires limitées, ce répit reste sous haute surveillance.

Pouvoir d’achat : l’inflation au RU tombe à 2,6% mais ce détail sur l’énergie annonce déjà une nouvelle flambée des prix

Au Royaume-Uni, la courbe des prix donne enfin un peu d’air aux ménages. En juin, l’inflation a ralenti à 2,6%, portée par la baisse des carburants, au moment où le nouveau Premier ministre travailliste Andy Burnham fait du pouvoir d’achat sa priorité affichée. Pour un pays encore marqué par une flambée des prix inédite depuis des décennies, ce reflux tombe à point pour le début de mandat à Downing Street.

Le chiffre publié par l’Office national des statistiques (ONS) dépasse même les attentes des économistes, qui tablaient sur une inflation un peu plus élevée. Entre le recul des prix à la pompe et quelques baisses ciblées dans les rayons alimentaires ou l’habillement, la hausse du coût de la vie semble enfin ralentir, sans disparaître. Reste une inconnue qui plane sur cette embellie : sa durée réelle.

Inflation à 2,6% en juin : l’effet carburants et la surprise des chiffres

Après un rythme de 2,8% en mai, l’inflation annuelle est revenue à 2,6% en juin, contre 2,7% anticipés, selon les données publiées mercredi par l’ONS. En rythme mensuel, les prix ont progressé de 0,1% seulement, après une hausse de 0,2% un mois plus tôt. Ce tassement, lié en premier lieu au recul du prix des carburants, offre un début de mandat plus respirable à Andy Burnham, arrivé lundi à Downing Street en remplacement de Keir Starmer.

Lors d’un déplacement à Bath, le chef du gouvernement a rappelé avoir demandé à ses ministres de se concentrer sur la crise du coût de la vie : « J’ai demandé à l’ensemble du Cabinet, lors de notre première réunion hier, de faire passer les mesures sur le coût de la vie avant tout le reste », a-t-il martelé, cité par l’AFP. « Les gens peinent à s’en sortir, la vie est trop difficile. » Du côté des composantes, les carburants ont tiré l’indice vers le bas, mais d’autres postes ont aussi joué leur rôle. Pour l’ONS, « les prix de l’alimentation ont reculé (en juin), tirés vers le bas par des produits comme le chocolat, la margarine et le boeuf », a détaillé Grant Fitzner, économiste en chef de l’ONS, cité par BFMTV. « Les prix des vêtements ont également baissé avec le début des soldes d’été » et « le coût des matières premières a diminué pour la première fois depuis janvier, principalement en raison de la baisse du prix du pétrole brut », a-t-il ajouté.

Indicateur Valeur Période Source
Inflation annuelle 2,6% Juin ONS
Inflation annuelle 2,8% Mai ONS
Prévision des économistes 2,7% Juin (consensus) ONS, économistes
Inflation mensuelle +0,1% Juin (vs +0,2% en mai) ONS
Plafond énergie +13% Juillet Ofgem
Inflation attendue >3% puis ~3,5% Septembre, début 2025 Capital Economics

Un répit pour le pouvoir d’achat, menacé par l’énergie et le financement

Pour le nouveau ministre des Finances, John Healey, cette accalmie ne suffit pas à effacer les difficultés des ménages. La baisse de l’inflation constatée mercredi « est une nouvelle que les familles veulent entendre, mais il reste encore beaucoup à faire pour donner un peu d’air aux gens », a-t-il réagi, cité par l’AFP. Les économistes restent eux aussi prudents : le plafond réglementaire des prix de l’énergie fixé par le régulateur Ofgem a été relevé de 13% en juillet, après avoir amorti pendant des mois l’impact de la guerre au Moyen-Orient sur les factures. Ce regain de tensions « a fait remonter les prix de l’énergie en juillet », pointe James Smith, économiste en chef de la Resolution Foundation, cité par l’AFP. Pour lui, « l’inflation devrait repartir à la hausse » et ce, « malgré la réduction de la TVA sur les factures d’électricité décidée par le gouvernement ».

Selon Paul Dales, analyste chez Capital Economics, « L’effet décalé des prix élevés de l’énergie poussera probablement l’inflation au-dessus de 3% d’ici septembre et à environ 3,5% au début de l’année prochaine », avant de retomber ensuite, cité par l’AFP. Parrallèlement, Andy Burnham met en avant des mesures ciblées pour alléger la facture : suppression de la TVA sur l’électricité cet hiver et retour à un plafond de 2 livres (2,35 euros) pour les billets de bus en Angleterre, hors Londres, à partir de janvier. Selon les estimations du gouvernement, la première mesure coûtera 850 millions de livres, soit près de 1 milliard d’euros, d’ici la fin de l’exercice budgétaire, et la seconde 454 millions de livres, environ 532 millions d’euros, pour l’an prochain. Cette dernière revient sur le plafonnement à 2 livres déjà instauré en 2023 par la précédente majorité conservatrice, relevé ensuite à 3 livres sous le gouvernement de Keir Starmer, alors même que la marge de manoeuvre budgétaire reste limitée, la dette britannique étant étroitement surveillée par les marchés et les rendements des obligations d’Etat, les « gilts », scrutés pour éviter une envolée du coût de l’emprunt. L’exécutif affirme que toutes ces mesures sont financées, une affirmation contestée par plusieurs économistes.

En bref

  • En juin, l’inflation au Royaume-Uni est tombée à 2,6 % contre 2,8 % en mai, un chiffre publié par l’ONS inférieur aux 2,7 % attendus par les économistes.
  • Cette accalmie est surtout liée à la baisse des carburants, de certains produits alimentaires et des vêtements, tandis que le plafond de l’énergie relevé par Ofgem menace de relancer la hausse des prix.
  • Entre mesures de soutien au pouvoir d’achat promises par le gouvernement Burnham et questions sur leur financement dans un contexte de dette surveillée, le répit des ménages pourrait s’avérer fragile.
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