Prix du gaz : en mai 2026, cette hausse de 15 à 50% menace 6 millions de foyers et peut alourdir votre facture de dizaines à plus de 500 €

Par Paul Graph - Publié le

Entre +10 et +20 % de hausse annoncée en mai 2026, six millions de foyers risquent de voir leur facture de gaz flamber. Petit consommateur ou logement chauffé au gaz, jusqu’où la note peut-elle monter et que faire pour s’en prémunir ?

Prix du gaz : en mai 2026, cette hausse de 15 à 50% menace 6 millions de foyers et peut alourdir votre facture de dizaines à plus de 500 €

Le prix du gaz s’apprête à repartir nettement à la hausse au mai 2026, avec un impact qui ne sera pas du tout le même selon que l’on cuisine seulement au gaz ou que l’on chauffe tout son logement avec. Entre annonces officielles, marchés de gros en tension et prévisions de comparateurs spécialisés, le signal est clair : la prochaine facture risque d’être sensiblement plus lourde pour une grande partie des ménages.

Derrière ce mouvement, il ne s’agit pas d’un simple ajustement de quelques euros mais bien d’une augmentation à deux chiffres sur le prix du kilowattheure, qui va se répercuter progressivement sur l’année. Les estimations évoquent des dizaines d’euros de plus pour les petits consommateurs, et jusqu’à plusieurs centaines pour les foyers chauffés au gaz, avec des écarts marqués d’un profil à l’autre.

Prix du gaz en mai 2026 : 10 à 20% de hausse sur les offres indexées

Le médiateur national de l’énergie, Bernard Doroszczuk, met en garde contre « Les spécialistes estiment qu’il y aura une hausse entre 10 et 20% des tarifs à partir du mois de mai. Est-ce que ça restera à ce niveau ? Est-ce que ça augmentera ? Personne n’en sait rien », a-t-il expliqué, cité par La Tribune. Une fourchette confirmée par la présidente de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), Emmanuelle Wargon, qui parle elle d’une augmentation d’environ « 15% sur les offres indexées de gaz », c’est-à-dire les contrats calés sur le Prix repère du gaz ou directement sur les marchés de gros.

D’après le ministère de l’Économie, relayé par MoneyVox, ces offres indexées concernent environ 60% des 10,3 millions de clients gaz en France, soit plus de six millions de foyers directement exposés à la hausse. En toile de fond, les prix sur les marchés de gros ont fortement remonté avec les tensions au Moyen-Orient, et ce choc se transmet avec un décalage d’environ deux mois dans le Prix repère calculé par la CRE. Le comparateur Hello Watt prévient ainsi que « Si les prix de marché actuels se stabilisent à ce niveau record (autour de 70 euros par MWh), la facture pourra s’envoler de 50%, soit un surcoût de 525 euros par an pour une famille de quatre personnes consommant 10 000 kWh à l’année. Même en cas de redescente partielle des cours, une hausse de 25% du prix du gaz pour les particuliers semble inévitable, représentant environ 260 euros supplémentaires par an », calcule Hello Watt, cité par MoneyVox.

Facture de gaz en mai : de +37 € à plus de 500 € selon les profils

Concrètement, pour un foyer qui n’utilise le gaz que pour la cuisson, l’effet reste limité mais bien réel. Selon les calculs repris par MoneyVox, une consommation annuelle de 750 kWh se traduit aujourd’hui par une facture d’environ 249 euros ; avec une hausse de 15%, elle grimperait à 286 euros, soit 37 euros de plus sur l’année. Les écarts deviennent nettement plus marqués dès que le gaz sert aussi pour l’eau chaude ou le chauffage. Les différents acteurs cités dressent plusieurs cas de figure parlants :

  • pour un petit usage (cuisson uniquement autour de 750 kWh/an), la facture passerait d’environ 249 euros à 286 euros, soit +37 euros par an selon MoneyVox ;
  • pour une famille de quatre personnes chauffée au gaz avec 10 000 kWh/an, Hello Watt anticipe un risque d’envolée d’environ 50%, soit un surcoût de 525 euros par an si les prix de marché restent autour de 70 euros/MWh ;
  • pour un foyer très chauffé consommant 15 100 kWh/an, Selectra chiffre une hausse de la facture annuelle de 1 543 euros à 1 782 euros, soit 239 euros de plus et environ +15,5%.

Sur ce dernier profil, Selectra détaille que  » pour un foyer chauffé au gaz (zone 1), le prix du kilowattheure (du prix repère du gaz NDLR) passerait de 0,10415 euro en avril à 0,12491 euro en mai. C’est une augmentation de 19,93% sur la seule part de consommation. (…) En intégrant l’abonnement (qui reste fixe), la facture annuelle moyenne d’un client type (consommant 15 100 kWh/an) passerait de 1 543 euros à 1 782 euros. Un surcoût de 239 euros par an (soit +15,49% sur la facture globale). », estime Selectra, cité par MoneyVox. Dans ses prévisions spécifiques pour mai 2026, le même comparateur évoque aussi, pour un ménage moyen consommant 11 500 kWh/an, une facture qui passerait de 1 529 euros à 1 739 euros, soit 210 euros de plus sur l’année, ce qui correspond à une hausse de 17,8% du prix du kWh et de 13,7% de la facture annuelle.

Dans l’immédiat, la période de chauffe étant terminée, cette hausse pèsera moins lourd sur les factures de printemps et d’été, comme le rappellent Notre Temps et MoneyVox. Ce répit relatif laisse une fenêtre pour limiter l’impact avant l’hiver prochain en basculant, si on le souhaite, vers une offre à prix fixe afin de verrouiller un kWh de gaz sur un ou deux ans, ou en changeant de fournisseur, une démarche possible à tout moment, sans frais ni coupure, via le comparateur indépendant du médiateur de l’énergie. Certaines offres encore interressantes en mars risquent en revanche de se raréfier ou de devenir plus chères : « Il est possible que le nombre d’offres à tarif fixe diminue. C’est aussi possible que le tarif de ces offres augmente de manière substantielle pour que les fournisseurs se couvrent dans leur approvisionnement à terme », avertit enfin Bernard Doroszczuk, cité par MoneyVox.

En bref

  • À partir de mai 2026, la CRE, le médiateur de l’énergie et les comparateurs alertent sur une forte hausse du prix du gaz touchant environ six millions de foyers.
  • Entre +10 et +20 % sur les offres indexées, la facture grimperait de 37 € pour un petit usage à plus de 500 € par an pour un logement chauffé au gaz.
  • Offres à prix fixe, changement de fournisseur et réduction ciblée de la consommation constituent les principaux leviers pour limiter le choc sur la prochaine facture.