Tempête Austen : ce bois tombé dans votre jardin est un piège, voici le délai légal à respecter avant de le brûler en 2028

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Tempête Austen : ce bois tombé dans votre jardin est un piège, voici le délai légal à respecter avant de le brûler en 2028

Dans les jardins frappés par la tempête Austen, les troncs à terre semblent promettre un chauffage immédiat. Entre seuil légal d'humidité, délai de séchage et règles de brûlage, la réalité est pourtant bien plus contraignante.

Un chêne de 20 mètres couché sur trois toits à Rennes, des troncs en travers des routes finistériennes, des jardins encombrés de branches : dans l’Ouest, la tempête Austen a laissé derrière elle des tas de bois qui ressemblent à un stock de chauffage gratuit. Pourtant, ce bois fraîchement tombé reste saturé d’eau. Tant que l’humidité dépasse le seuil de 23 %, l’énergie de la flamme sert surtout à sécher la bûche, pas à chauffer la maison.

L’article D. 222-36-1 du Code de l’environnement et le guide de l’ADEME convergent : pour un bois dit humide, il faut compter au moins 18 mois de séchage, bûches fendues et stockées à l’abri, avant de parler de bois de chauffage prêt à l’emploi. Pour un arbre tombé les 22 ou 23 octobre 2026, ce plancher repousse un premier feu réaliste à la fin avril 2028, après l’hiver 2027-2028. Alors, que faire de tout ce bois d’ici là sans en perdre le bénéfice ?

Tempête Austen : délai de séchage et seuil d’humidité du bois

Un arbre qui vient de tomber n’a eu aucun temps pour sécher : l’eau qu’il contient domine encore son poids. Le guide de l’ADEME fixe la limite d’un bois « prêt à brûler » à une humidité moyenne de 23 % de la masse brute au plus. Avec un bois à 23 % d’eau ou moins, le rendement d’un poêle peut grimper d’environ 25 % et les émissions de particules être divisées par six par rapport à un bois humide. À l’inverse, un tronc fraîchement abattu produit moins de chaleur, plus de suie et davantage de fumée.

Pour encadrer ce séchage, l’article D. 222-36-1 du Code de l’environnement impose que tout bois dont le taux d’humidité dépasse 23 %, ou n’est pas mesuré, soit délivré avec la mention « à sécher avant emploi » et une durée de stockage recommandée, fixée par défaut à 18 mois. Pour un arbre couché les 22 et 23 octobre 2026, ces 18 mois s’achèvent après l’hiver 2027-2028, en pratique vers la fin avril 2028 si l’on compte à partir du 23 octobre. Ce délai de 18 mois reste toujour un plancher : seule une mesure au cœur d’une bûche fendue, avec un humidimètre à pointes, permet de vérifier que le seuil de 23 % est enfin atteint.

Situation du bois Humidité Mention réglementaire Recommandation Horizon de flambée
Arbre tombé pendant Austen, bûches fendues et à l’abri Plus de 23 %, à confirmer par mesure « à sécher avant emploi » Stocker au sec au moins 18 mois Printemps 2028 si chute en octobre 2026
Bois séché et mesuré à la livraison 23 % au plus (moyenne sur masse brute) « prêt à l’emploi » avec taux indiqué Peut être brûlé dès la réception Immédiatement après achat
Bois vendu sans mesure d’humidité Inconnue, considérée supérieure à 23 % « inconnu, taux d’humidité supérieur à 23 % » Mesurer avec un humidimètre ou stocker 18 mois Après mesure à 23 % ou moins

Comment préparer vos bûches et où les brûler légalement

Pour que ce stock issu de la tempête Austen soit réellement utile en 2028, le travail commence dès maintenant. Le guide de l’ADEME recommande de débiter les troncs à la bonne longueur pour le foyer, puis de fendre chaque bûche afin d’accélérer le séchage. Le tas doit être posé sur des palettes ou des tasseaux pour laisser passer l’air par dessous, le dessus seul est couvert par un abri ou une bâche respirante et les côtés restent ouverts. Mieux vaut enfin éloigner le bois des murs de la maison et laisser le petit bois issu de la taille du jardin sécher sous abri pendant plusieurs mois, selon l’ADEME.

Ces repères de stockage complètent la mesure à l’humidimètre : une bûche prête à l’emploi se montre fendue, légère, parcourue de petites fissures et elle résonne lorsqu’elle en frappe une autre, alors qu’un bois humide rend un son sourd. L’ADEME suggère de frapper deux bûches l’une contre l’autre, puis de rentrer celles qui sonnent clair 24 à 48 heures dans la maison avant de les brûler pour éliminer l’humidité de surface, tout ce qui reste lourd ou terne au bruit retournant sous abri. À côté de ces usages en poêle ou en insert, les règles de brûlage à l’air libre des déchets verts restent très strictes : dans la Loire, un arrêté préfectoral DT-24-0100 du 18 mars 2024 interdit en tout temps le brûlage des végétaux coupés ou sur pied et réserve d’éventuelles dérogations au préfet, instruites par la Direction Départementale des Territoires, tandis qu’en Haute-Saône l’arrêté préfectoral n°70-2023-09-29-00003 n’autorise le brûlage des rémanents de coupe que du 1er octobre au 14 mars, sous réserve de conditions de vent, de pollution et de surveillance du feu.

En bref

  • Fin octobre 2026, la tempête Austen abat des arbres dans l'Ouest, transformant jardins et routes en gisements apparents de bois de chauffage.
  • Le Code de l'environnement et l'ADEME imposent un seuil d'humidité de 23 % et au moins 18 mois de séchage avant de considérer ces bûches comme prêtes à l'emploi.
  • Gestes de stockage, mesure à l'humidimètre et règles strictes de brûlage en intérieur comme à l'air libre redessinent la manière d'utiliser ce bois tombé.
À propos de l'auteur
Gary Assouline
Gary Assouline

Journaliste, je suis responsable du pôle Audience de Reworld Media. Je rédige des articles sur Bourse Inside et sur d'autres sites du groupe comme Marie France, Pleine Vie ou Aufeminin sur les sujets de la vie quotidienne : consommation, argent, finance, société...

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