ASPA 2026 : la règle méconnue des 3% qui transforme votre Livret A ou même votre compte courant en revenu

Par La rédaction Bourse Inside - Publié le

Livret A, assurance-vie, maison familiale : tout votre patrimoine ne pèse pas de la même façon dans le calcul de l’ASPA 2026. Entre biens exclus, forfait de 3 % et succession, les lignes de fracture réservent quelques surprises.

ASPA 2026 : la règle méconnue des 3% qui transforme votre Livret A ou même votre compte courant en revenu

Une petite retraite, un Livret A mis de côté depuis des années, quelques économies sur un compte courant… Pour beaucoup de futurs bénéficiaires de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, le doute s’installe : ce patrimoine va t il faire « sauter » le droit à l’ASPA, ou obliger à tout dépenser avant d’y avoir accès. Cette inquiétude reste très vive alors même que la règle 2026, posée par le code de la Sécurité sociale, est bien plus nuancée.

En 2026, le dispositif repose sur un mécanisme discret mais interressant : transformer certains biens et placements en un revenu fictif de 3 % par an, qui s’ajoute aux autres ressources pour vérifier le respect du plafond. Toute la question devient alors de savoir quels éléments du patrimoine entrent dans ce calcul, et lesquels restent totalement à l’écart. Avec, au passage, quelques zones grises qui peuvent surprendre.

ASPA 2026 : comment le patrimoine est converti en revenu fictif de 3 %

Pour l’ASPA, la caisse de retraite ne regarde pas le capital en tant que tel, mais les ressources retenues chaque mois. Les pensions de retraite ou de réversion sont prises pour leur montant réel, tandis que l’épargne et certains biens immobiliers génèrent un revenu théorique égal à 3 % de leur valeur par an, quel que soit leur rendement effectif. Une épargne de 20 000 € placée sur un Livret A ou une assurance vie ne « compte » donc pas pour 20 000 €, mais pour 600 € par an, soit 50 € par mois ajoutés aux ressources.

Ce forfait joue souvent en faveur du demandeur, car il transforme un capital parfois conséquent en quelques dizaines d’euros de revenus mensuels. Une épargne de 30 000 € se traduit par 900 € par an, soit 75 € par mois. Tant que l’ensemble des ressources, revenu fictif compris, reste sous le plafond ASPA 2026 de 1 043,59 € par mois pour une personne seule ou 1 620,18 € pour un couple, l’allocation vient compléter pour atteindre ce niveau. Le tableau ci dessous permet de visualiser, en 2026, les principaux biens exclus ou intégrés dans cette assiette de 3 %.

Type de bien Compté pour l’ASPA 2026 ? Règle appliquée Remarque
Résidence principale Non Exclue du calcul Même en cas d’hospitalisation longue
Compte courant non rémunéré Non, en principe Pas de 3 % Peut être requalifié si solde élevé et stable
Livret A, LDDS, LEP Oui 3 % du capital par an Peu importe le taux réel du livret
Assurance vie, PEL, PER, actions Oui 3 % de la valeur Même en cas de moins value
Immobilier locatif ou secondaire Oui 3 % de la valeur vénale Les bâtiments d’exploitation agricole sont exclus
Donations récentes aux descendants Oui, si < 10 ans 3 % (< 5 ans) ou 1,5 % (5 10 ans) Au delà de 10 ans, plus prise en compte

Comptes courants, donations, succession : là où le patrimoine ASPA se complique

Sur le compte courant non rémunéré, la règle officielle est claire : l’argent qui sert à la vie courante ne génère pas de revenu fictif. Un compte qui reçoit la retraite et se vide au fil des dépenses n’est pas traité comme une épargne. En revanche, un solde très élevé et stable laissé des mois durant peut être requalifié en placement par la caisse, sur la base d’une distinction validée en 2023 par le Défenseur des droits entre simple trésorerie et épargne « déguisée ». Même logique de vigilance pour les donations : un bien donné à un descendant moins de cinq ans avant la demande reste évalué à 3 % de sa valeur par an, entre cinq et dix ans à 1,5 %, et au delà de dix ans il sort totalement du calcul.

L’autre idée reçue concerne le réflexe de « vider son Livret A » avant de déposer son dossier. Les relevés peuvent être contrôlés sur plusieurs mois, et un retrait massif juste avant la demande, alors que le niveau de vie reste inchangé, risque d’être requalifié. Surtout, le gain est faible : sur 15 000 € d’épargne, le revenu fictif retenu ne représente que 450 € par an, soit 37,50 € par mois. Côté succession, l’ASPA n’est récupérée qu’au delà d’un seuil d’actif net de 108 586,14 € en métropole, 150 000 € en Outre mer, et dans la limite de 8 463,42 € par an pour une personne seule ou 11 322,77 € pour un couple, d’après le code de la Sécurité sociale et la CNAV. La récupération ne vise que l’actif net successoral après déduction des dettes, des frais de séjour et de 1 500 € de frais funéraires, jamais le patrimoine propre des héritiers, et elle doit en principe être engagée dans un délai de cinq ans.

En bref

  • En 2026, l’ASPA est calculée en ajoutant à vos retraites un revenu fictif de 3 % sur certains biens, tandis que d’autres éléments de patrimoine restent totalement exclus.
  • L’article détaille, exemples chiffrés à l’appui, quels comptes, livrets, contrats et biens immobiliers sont intégrés ou non dans ce forfait ainsi que le traitement des donations récentes.
  • Il éclaire enfin les règles de récupération sur succession, les seuils à partir desquels l’ASPA peut être réclamée et les pièges à éviter pour protéger vos proches.
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