Prix du carburant : la stratégie surprenante de 57% des Français pour éviter de passer à la voiture électrique

À l’automne 2026, face à un carburant qui frôle les 2 € le litre, les automobilistes français réduisent trajets et kilomètres. Mais entre occasion électrique, aides CEE et leasing social, leur bascule vers le zéro émission reste plus hésitante qu’on l’imagine.
Sur les aires d’autoroute comme dans les stations de quartier, le constat est le même : avec un carburant trop cher, les automobilistes français comptent chaque litre. Plein plus espacés, trajets regroupés, vitesse réduite sur voie rapide, chacun cherche à préserver son budget sans renoncer totalement à sa voiture.
D’après une enquête menée par la plateforme de location DiscoverCars auprès de 1 110 personnes dans le monde, les conducteurs modifient surtout leurs habitudes plutôt que de changer de motorisation. Les Français y apparaissent même plus exposés que la moyenne internationale, mais pour beaucoup, le saut vers l’électrique reste encore une perspective lointaine.
Carburant trop cher : les Français lèvent le pied avant de changer de voiture
Dans cette enquête, 31 % des conducteurs français se disent fortement touchés par la hausse des prix à la pompe, contre 21 % à l’échelle internationale. Face à cette pression, les réflexes de « sobriété contrainte » se multiplient : 48 % comparent désormais les tarifs des stations avant de faire le plein, 47 % déclarent éviter les trajets jugés inutiles, 38 % utilisent moins souvent leur voiture et 25 % marchent davantage pour certains déplacements. Seule une minorité, 21 %, affirme n’avoir rien changé à sa façon de rouler.
| Indicateur | Valeur | Période | Source |
|---|---|---|---|
| Conducteurs se disant fortement touchés | 31 % (France) vs 21 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (1 110 répondants) |
| Automobilistes comparant les prix en station | 48 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (France) |
| Conducteurs évitant des trajets jugés inutiles | 47 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (France) |
| Français utilisant moins souvent leur voiture | 38 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (France) |
| Personnes marchant davantage | 25 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (France) |
| Automobilistes n’ayant rien changé | 21 % | Octobre 2026 | DiscoverCars (France) |
Dans le quotidien, cela se traduit par des stratégies très concrètes : faire le plein là où le litre est le moins coûteux, grouper les courses pour limiter les détours, privilégier la marche pour les petits trajets, voire adapter ses déplacements professionnels quand c’est possible. La hausse des prix se répercute donc d’abord sur le volume de kilomètres parcourus, bien avant d’entraîner un changement massif de type de motorisation.
Électrique neuve ou d’occasion : pourquoi la bascule reste limitée
Interrogés sur un éventuel passage à une motorisation hybride ou 100 % électrique, 57 % des automobilistes français sondés déclarent ne pas l’envisager pour le moment. Ce chiffre contraste avec la dynamique du marché du neuf : en septembre 2026, les voitures électriques ont représenté 41,6 % des ventes de voitures particulières neuves, soit 65 247 immatriculations et une hausse de 107,5 % sur un an. En clair, l’électrique progresse vite chez ceux qui renouvellent déjà leur véhicule, mais elle reste hors de portée ou source d’interogations pour une grande partie des ménages.
Sur le marché de la voiture électrique d’occasion, les signaux sont contrastés. Selon le cabinet AAA Data, plus de 123 000 voitures électriques d’occasion ont changé de propriétaire au premier semestre 2026, alors que l’ensemble du marché de l’occasion atteignait 2,6 millions de transactions : l’électrique pèse donc moins de 5 % des ventes. Le site de petites annonces La Centrale a mesuré un pic de recherches à +214 % le 20 septembre par rapport à fin février, mais les stocks de modèles électriques d’occasion ont reculé de 32 % en un an, et même de 48 % sous 20 000 euros. La demande dépasse l’offre, le prix moyen grimpe de 9,7 % à 25 593 euros, et une Renault Zoé a pris environ 25 % en un an, alors même que recharger cette citadine revient à une quinzaine d’euros quand le plein d’une Clio diesel frôle la centaine.
Les aides suivent, mais par petites touches. Après la suppression en 2024 du bonus national de 1 000 euros pour l’occasion, une nouvelle prime CEE pour l’achat ou la location d’un véhicule électrique d’occasion existe depuis le 1er septembre 2026. Financée par les fournisseurs d’énergie, elle tourne autour de 337 euros dans le cas général et peut grimper jusqu’à 2 000 voire 2 360 euros pour certains professionnels des services à la personne. Son versement dépend de plus en plus du certificat de santé de la batterie, le SOH pour State of Health, que les vendeurs mettent en avant pour prouver le niveau d’usure. Malgré cela, beaucoup d’acheteurs potentiels restent prudents, en raison des doutes sur la valeur de revente, de la possibilité de recharger facilement à domicile et du coût d’un éventuel remplacement de batterie. Le début de l’année 2027 devrait voir arriver environ 50 000 véhicules issus du leasing social lancé en janvier 2024, avec des loyers de 40 à 150 euros par mois pendant au moins trois ans, ce qui pourrait enfin détendre un peu le marché sans provoquer pour autant une révolution immédiate dans les choix des automobilistes.
En bref
- À l’automne 2026, alors que le litre de carburant approche les 2 €, une enquête DiscoverCars montre que 31 % des conducteurs français se disent fortement touchés et adaptent leur usage de la voiture.
- Les automobilistes comparent les prix des stations, réduisent les trajets et marchent davantage, tout en restant majoritairement réticents à passer à l’électrique, malgré la montée des ventes neuves et le frémissement du marché de l’occasion.
- Entre prix en hausse, freins liés à la recharge et à la batterie, nouvelles primes CEE et future vague de véhicules issus du leasing social, l’année 2027 pourrait rebattre les cartes sans provoquer pour autant une révolution immédiate.










