CAC 40 sous les 8 110 points malgré la baisse attendue des taux US : ce qui bloque encore la Bourse de Paris face à l’euphorie de Wall Street

Par Paul Graph - Publié le

Jeudi 27 novembre, le CAC 40 oscille autour de 8 105 points, loin de l’enthousiasme affiché à Wall Street avant Thanksgiving. Pourquoi la Bourse de Paris reste-t-elle prudente malgré les espoirs de baisse des taux US ?

CAC 40 sous les 8 110 points malgré la baisse attendue des taux US : ce qui bloque encore la Bourse de Paris face à l’euphorie de Wall Street

Malgré des marchés mondiaux portés par l’espoir d’une prochaine baisse des taux de la Fed, l’indice CAC 40 reste à l’arrêt. Jeudi 27 novembre en matinée, l’indice phare de la Bourse de Paris grappille seulement 0,1 %, autour de 8 105 points, et évolue toujours sous la barre des 8 110 points, malgré la dynamique positive venue de Wall Street ces derniers jours. Les opérateurs digèrent les dernières déclarations de la banque centrale américaine tout en se préparant à une journée particulièrement calme, à la veille de Thanksgiving aux Etats-Unis qui entraînera la fermeture de la Bourse de New York. Un décor qui semble idéal pour les actions… mais Paris résiste à l’euphorie.

En toile de fond, les investisseurs continuent de miser sur un premier geste d’assouplissement monétaire dès le 10 décembre, avec une probabilité supérieure à 82 % d’une baisse de 25 points de base des taux directeurs américains selon l’outil CME FedWatch. Le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a d’ailleurs estimé récemment que « la FED pouvait encore baisser ses taux d’intérêt ‘à court terme’ sans compromettre son objectif d’inflation », cité par Zonebourse.com. De quoi alimenter une tendance haussière sur Wall Street et sur les marchés mondiaux, mais pas encore suffisant pour propulser franchement la Bourse de Paris.

CAC 40 : un rebond timide sous les 8 110 points malgré la Fed

Après son ouverture, le CAC40 progresse à peine de 0,1 % à 8 105 points, confirmant le manque d’élan déjà observé lors des précédentes séances. Les opérateurs avaient déjà vu l’indice glisser en début de semaine vers un plancher proche de 7 880 points avant de tenter un retour au-dessus des 8 000 points, sans réussir à conserver les gains, les volumes traduisant un manque de conviction acheteuse. La séance du jour s’annonce, elle, particulièrement calme, à la veille de la journée fériée de Thanksgiving aux Etats-Unis qui entraînera la fermeture de Wall Street et limite les prises de position intraday. Les investisseurs privilégient pour l’instant une phase de consolidation autour du seuil symbolique des 8 100 points plutôt qu’un nouveau coup d’accélérateur.

Si la probabilité d’un assouplissement en décembre reste élevée, le débat porte désormais sur l’ampleur et la durée du cycle de baisse des taux américains. Les derniers chiffres solides de l’économie des Etats-Unis, avec un produit intérieur brut du deuxième trimestre en hausse de 3,8 % en rythme annualisé et des commandes de biens durables en rebond de 2,9 % en août, incitent certains membres de la Fed à la prudence. Pour l’analyste Scott Chronert, « A nos yeux, la principale question pour les investisseurs exposés aux actions américaines est de savoir si les anticipations de croissance déjà intégrées dans les marchés pourront être tenues, voire dépassées ». Tant que cette interrogation n’est pas tranchée, la place parisienne semble hésiter à s’aligner totalement sur l’optimisme venu des Etats-Unis.

Taux US, Wall Street et valeurs du CAC 40 au cœur de la séance

Wall Street a pourtant offert un signal encourageant la veille de la fête de Thanksgiving, avec un S&P 500 en hausse de 0,69 %, un Nasdaq qui s’adjuge 0,82 % et un Dow Jones en progression de 0,67 %. L’espoir d’un crédit moins cher soutient les valeurs de croissance, même si certains segments très recherchés comme la tech américaine restent chahutés, à l’image de Nvidia récemment en repli et d’un Nasdaq-100 qui a effacé une partie de ses gains hebdomadaires. L’indice de volatilité VIX demeure autour de 27 points, signe que le vieux réflexe de « buy the dips », consistant à profiter de chaque repli pour revenir sur les actions, fonctionne moins bien qu’au début de l’année. Ce climat plus nerveux sur les marchés actions incite les gérants à doser leurs expositions plutôt qu’à se lancer dans des paris agressifs sur l’indice parisien.

Sur le Vieux Continent, plusieurs indicateurs viennent compléter le tableau sans réellement changer l’humeur des intervenants : l’indice flash PMI composite HCOB de la zone euro pointe à 52,4 en novembre, signalant une croissance toujours soutenue, tandis que son équivalent français remonte à 49,9 et que le climat des affaires calculé par l’Insee atteint 98, tout près de sa moyenne de long terme. Les chiffres de confiance des entreprises et des consommateurs italiens, tout comme le moral économique agrégé de la zone euro, sont suivis de près mais restent relégués à l’arrière-plan face au dossier des taux américains. Côté valeurs, Trigano s’envole de 9 % grâce à une solide génération de trésorerie et à la reprise de ses carnets de commandes malgré un repli de l’activité, quand Rémy Cointreau progresse d’environ 4 % en parvenant à préserver ses marges et à confirmer ses objectifs annuels. A l’inverse, Transgene décroche de 22 % après une levée de fonds à prix décoté, alors qu’Eurazeo recule de 7 %, Aramis de 5 % et Casino d’environ 4 %, illustrant un marché sélectif où les investisseurs restent interressés mais prudents face aux profils de risque.