Or et métaux miniers : après +70 % en 2025 et un secteur qui a doublé, faut-il encore monter à bord sans mettre en danger votre portefeuille ?
Après une envolée de près de 70 % en 2025 et une chute de 11 % en une semaine, l’or et les métaux miniers affolent les compteurs. Faut-il encore monter à bord, et jusqu’à quel poids dans un portefeuille déjà chahuté ?

En un an, l’or et les métaux miniers ont offert ce que beaucoup d’investisseurs attendaient depuis des années : un véritable coup d’accélérateur. Le secteur a quasiment doublé, porté par le métal jaune qui a aligné records sur records et par des valeurs minières propulsées en Bourse. Mais quand un train est déjà parti à pleine vitesse, la tentation est grande… tout comme la peur de monter à bord au mauvais moment.
En 2025, l’or a enregistré sa plus forte progression annuelle depuis des décennies, avec une hausse de presque 70 % en dollars, avant de corriger brutalement : après de nouveaux sommets en janvier, il a perdu 11 % en une seule semaine en mars. Une amplitude qui surprend de la part d’une « valeur refuge ». Alors, faut-il encore investir dans l’or et les métaux miniers, ou accepter que le meilleur soit déjà derrière nous ?
Or et métaux miniers : des fondamentaux qui tiennent encore la route
Pour Maxime Kugler, responsable de l’offre financière chez Altaprofits, le point de départ n’est pas le niveau déjà atteint, mais ce qui peut encore porter le secteur : « Il n’est jamais trop tard pour investir dans un actif simplement parce qu’il est déjà monté. L’important, c’est de savoir si les fondamentaux justifient encore une progression à moyen-long terme », explique Maxime Kugler, responsable de l’offre financière chez Altaprofits, interrogé par Capital. Dans le cas de l’or, il cite les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et l’amélioration possible des marges des producteurs si les coûts se stabilisent. Autant d’éléments qui peuvent encore soutenir le prix du métal jaune à moyen-long terme, même après un rallye aussi interressant.
L’analyste insiste aussi sur le fait que le débat ne se limite pas au seul lingot : « L’or attire l’attention, mais ce n’est pas le seul métal intéressant ». Maxime Kugler met en avant « certains métaux industriels, comme le cuivre ou l’étain » qui « peuvent aussi présenter un potentiel à moyen-long terme, notamment parce qu’ils répondent à des besoins structurels liés à l’électrification et à l’évolution des usages industriels. » Le cuivre reste demandé dans les réseaux électriques, les véhicules électriques et l’industrie. L’Europe a d’ailleurs renforcé sa stratégie sur les matières premières critiques, ce qui renforce l’intérêt du « côté des métaux liés à la transition ». Le marché de l’étain, plus tendu, reflète lui aussi ces usages industriels très spécifiques.
Comment intégrer l’or et les valeurs minières sans déséquilibrer son portefeuille
Même avec des moteurs de long terme, l’or et les valeurs minières ne doivent pas devenir le cœur d’un patrimoine. Maxime Kugler rappelle que cette thématique doit rester une poche satellite : « L’idée, c’est d’avoir un actif qui peut réagir différemment du reste du portefeuille ». Une part limitée – autour de 5 à 10 % du total – permet de « amortir certains chocs » quand les marchés actions ou obligataires souffrent. Au-delà, les à-coups deviennent difficiles à encaisser pour un investisseur particulier, surtout dans un secteur capable de corriger violemment après une phase d’euphorie.
Pour structurer sa décision, la vraie question n’est plus seulement « faut-il acheter ? », mais bien « quelle part du portefeuille accepterait une correction de 20 % ? ». Cette interrogation centrale aide à dimensionner la place de l’or, des minières et des métaux industriels dans une stratégie de diversification. Un investisseur qui n’a aucune exposition peut envisager d’entrer après une forte hausse, en acceptant la volatilité : l’épisode des -11 % en une semaine rappelle qu’un repli rapide est toujours possible. Étaler ses achats dans le temps permet alors de lisser le point d’entrée et de mieux vivre les secousses inévitables d’un secteur qui réagit au moindre changement de climat économique ou géopolitique, en gardant en tête qu’un actif peut perdre 20 % sans que ses fondamentaux aient forcément disparu.
En bref
- En 2025, l’or a bondi d’environ 70 % en dollars avant de corriger de 11 % en une semaine, relançant le débat sur l’or, les valeurs minières et les métaux industriels comme outils de diversification du portefeuille.
- Portés par les achats des banques centrales, les tensions géopolitiques et la transition énergétique, or, cuivre et étain gardent des fondamentaux solides mais doivent rester cantonnés à une poche de 5 à 10 % capable d’encaisser une éventuelle baisse de 20 %.
- Entre entrée progressive pour lisser la volatilité et réflexion sur le risque réellement supportable, l’investisseur doit arbitrer froidement avant de monter, ou non, dans le train des métaux miniers.









