Crise, guerre, krach : ces 3 ETF éligibles PEA à détenir d'urgence pour protéger votre portefeuille et encaisser les chocs

Par Paul Graph - Publié le

Guerre en Ukraine, pétrole qui flambe, PEA en sueur : de plus en plus d’épargnants hésitent entre tout vendre ou tenir bon. Quels ETF éligibles au PEA peuvent renforcer le plan sans sacrifier l’avantage fiscal ?

Crise, guerre, krach : ces 3 ETF éligibles PEA à détenir d’urgence pour protéger votre portefeuille et encaisser les chocs

Entre images de conflits, envolée du pétrole et indices boursiers qui décrochent, beaucoup de titulaires de Plan d’épargne en actions se demandent comment protéger leur portefeuille sans tout vendre. Le réflexe est souvent de vouloir « sécuriser » en repassant massivement en cash, quitte à sacrifier au passage des années d’efforts d’épargne.

Or le PEA est une enveloppe fiscale pensée pour le long terme, avec ses propres règles de retraits et un univers d’ETF éligibles PEA aujourd’hui très large. Plutôt que de l’ouvrir en grand au pire moment, certains investisseurs préfèrent ajuster la composition du plan avec des ETF conçus pour mieux encaisser les chocs. Reste à voir lesquels tiennent vraiment leur rôle quand les marchés sont sous tension.

PEA en période de crise : ce que changent vraiment retraits et fiscalité

Avant de regarder les ETF, un rappel s’impose sur le fonctionnement du PEA. Les versements sont plafonnés à 150 000 euros par personne, et l’on ne peut détenir qu’un seul PEA. Surtout, tant que le plan n’a pas atteint cinq ans d’ancienneté, tout retrait entraîne la fermeture pure et simple du compte, avec imposition des gains au Prélèvement Forfaitaire Unique de 30 % (12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux).

Une fois le cap des cinq ans passé, la logique se retourne : plus-values et dividendes sortent du PEA sans impôt sur le revenu, seuls les 17,2 % de prélèvements sociaux restent dus. Vider son plan en pleine panique boursière, c’est donc à la fois cristalliser des pertes et renoncer à cette exonération durable, pour replacer ensuite son argent sur des comptes exposés à l’inflation. D’où l’intérêt, pour de nombreux épargnants, de continuer à investir de façon programmée, tout en adaptant les supports à la conjoncture.

Trois ETF éligibles PEA mis en avant pour les périodes de tension

La première brique très liée aux crises géopolitiques est la défense européenne. Depuis la guerre en Ukraine et la remontée des budgets militaires sur le continent, des valeurs comme BAE Systems, Thales ou Leonardo ont profité d’un courant acheteur alors que les grands indices vacillaient. Sur un PEA, un seul ETF permet d’accéder directement à ce secteur : le BNP Paribas Easy Bloomberg Europe Defence UCITS ETF (ISIN LU3047998896), lancé en mai 2025 sur Euronext Paris. Il réplique l’indice Bloomberg Europe Defense Select, avec des frais de gestion de 0,18 %, quand son concurrent Amundi STOXX Europe Defence n’est pas éligible au PEA. Ce fonds reste néanmoins un pari assumé sur la durée du contexte géopolitique actuel, avec un risque de correction rapide en cas de cessez-le-feu durable.

Autre réflexe classique en temps de crise : l’or et, plus largement, les matières premières. Les ETC adossés à de l’or physique ne pouvant pas entrer dans un PEA, certains se tournent vers l’iShares Diversified Commodity Swap UCITS ETF (ISIN DE000A0H0728), dont la version allemande est éligible via réplication synthétique. Il suit le Bloomberg Commodity Index, réparti entre énergie (environ 30 %), agriculture (28 %), métaux précieux dont l’or et l’argent (18 %), métaux industriels (17 %) et bétail (5 %), avec des frais de 0,46 %. Sur un an, ce panier a délivré une performance d’environ +36 %, mais l’exposition à l’or y reste partielle, autour de 14 à 15 % de l’indice. Pour une poche de trésorerie plus calme, l’Amundi PEA Euro Court Terme UCITS ETF (FR0013346681, code OBLI) vise à rémunérer les liquidités du PEA en suivant le taux €STR, moyennant 0,25 % de frais ; il a rapporté près de 2,5 % sur un an, tout en affichant une perte d’environ 10,65 % sur cinq ans lors de la période de taux négatifs, ce qui illustre sa dépendance aux décisions de la Banque centrale européenne.

Comment utiliser ces ETF de crise sur un PEA sans tomber dans les excès ?

En toile de fond, les comportements observés montrent que la nervosité pousse souvent vers des outils plus radicaux. Dans un classement récent des ETF éligibles PEA les plus achetés, les produits à effet de levier ou inverse sur le CAC 40, le Nasdaq-100 ou le DAX sont arrivés en tête, bien avant les grands ETF monde ou S&P 500. Une telle hiérarchie traduit une approche de trading et de couverture très court terme, avec des instruments qui amplifient les mouvements et peuvent s’écarter fortement de l’évolution de l’indice si on les garde trop longtemps, plutôt qu’une construction de portefeuille de crise pensée pour plusieurs années.

Face à une guerre ou à une récession, nombre d’épargnants choisissent au contraire de conserver un socle d’ETF actions mondiaux éligibles PEA pour le long terme, et de n’utiliser des briques comme la défense, les matières premières diversifiées ou l’obligataire court terme qu’en complément, sur une part modeste de leur plan. Cette approche laisse jouer les interets composés dans l’enveloppe tout en offrant quelques leviers pour amortir les chocs ou patienter en trésorerie. Les ETF, même présentés comme défensifs, restent des placements en Bourse avec un risque de perte en capital, et leur rôle en période de crise dépend autant de leur nature que de la capacité de l’investisseur à respecter l’horizon de son PEA plutôt qu’à réagir à chaque emballement des marchés.

En bref

  • En pleine remontée des tensions géopolitiques et de la volatilité boursière, de nombreux titulaires de PEA cherchent comment réagir sans casser l’enveloppe fiscale.
  • L’article passe en revue trois ETF éligibles au PEA liés à la défense européenne, aux matières premières et au monétaire court terme pour mieux encaisser les chocs de marché.
  • Il propose enfin des pistes d’utilisation de ces briques de crise et met en garde contre les retraits précipités ou l’usage excessif d’ETF à effet de levier.