donald Trump veut confier la Fed à Kevin Hassett et parle de frappes contre les narcos : ce virage économique, militaire et fiscal qui affole Washington
Favori pour devenir président de la Fed en 2026, Kevin Hassett place Donald Trump au bord d’un bras de fer monétaire à Washington. Mais que cache ce choix alors que la Maison-Blanche prépare un virage militaire et fiscal inédit ?

Un conseiller économique promu à la tête de la banque centrale, des frappes militaires envisagées contre des narcotrafiquants étrangers et la promesse de bousculer l’impôt sur le revenu : le prochain tournant de la présidence de Donald Trump se dessine à grande vitesse. Au centre du jeu, son fidèle économiste Kevin Hassett, désormais considéré comme favori pour devenir le prochain président de la Fed, la puissante Réserve fédérale américaine.
Alors que la Maison-Blanche laisse filtrer les rumeurs en amont d’une annonce attendue « début 2026 », le chef de l’Etat multiplie aussi les signaux d’un agenda plus offensif, autant sur le terrain militaire que fiscal. Et derrière ce casting pour la Fed, c’est une redéfinition beaucoup plus large de son pouvoir économique et sécuritaire qui se profile.
Kevin Hassett, favori de Donald Trump pour présider la Fed
Lors d’un évènement à la Maison-Blanche, Donald Trump a publiquement désigné son conseiller économique assis dans la salle en lançant : « Je crois que le potentiel président de la Fed est là aussi (…) potentiel (…) je peux vous dire que c’est quelqu’un de respecté. Merci Kevin », rapporte Capital. Docteur en économie, Kevin Hassett a enseigné avant de travailler comme économiste statisticien à la Fed, puis de se faire connaître au sein du think tank conservateur American Enterprise Institute, où ses chroniques pro-baisse d’impôts et pro-dérégulation ont souvent suscité la controverse.
Son bilan intellectuel reste marqué par plusieurs prévisions ratées. En 1999, il annonçait l’entrée dans un « nouveau cycle haussier des actions américaines », quelques mois avant l’éclatement de la bulle internet. En 2007, il estimait que les Etats-Unis se trouvaient « du mauvais côté de la courbe de Laffer », plaidant pour des baisses d’impôts massives juste avant la grande crise. Malgré ces revers, il est devenu un défenseur inlassable des politiques de Donald Trump, qui a promis un « nouvel âge d’or » aux Américains en relevant fortement les taxes sur les produits importés.
Fed sous pression et virage militaire contre les narcotrafiquants
Depuis plusieurs jours, la Maison-Blanche ne dément plus que Kevin Hassett est en pole position pour succéder à Jerome Powell, que Donald Trump dit « regretter amèrement » d’avoir nommé. « Je sais qui je vais nommer », a affirmé le président, avant de préciser qu’il l’annoncera » probablement au début de l’année prochaine », selon Le Figaro, puis d’expliquer qu’il révélerait « probablement en début d’année prochaine » le nom de la personne choisie. Il assure avoir « Nous avons probablement étudié dix (candidats) et il en reste un ». Il rappelle aussi avoir proposé le poste au secrétaire au Trésor Scott Bessent, qui « n’en veut pas ».
Le rendement des obligations du Trésor américain à 10 ans est remonté autour de 4,10 %, après avoir brièvement glissé sous 4 % à l’idée d’une Fed prête à assouplir encore sa politique monétaire, note Le Figaro. Kevin Hassett lui-même assume son ambition : « Les Américains anticipent la nomination par Donald Trump de quelqu’un qui va faire baisser les taux des crédits pour acheter voitures et des logements… Je serais heureux de servir, si le président me choisit. » Sa nomination devrait être validée par un Sénat à majorité républicaine, dans un climat déjà tendu : les démocrates ont tenté, en vain, de bloquer l’arrivée de Stephen Miran à la Fed, le décrivant comme un « laquais » de Donald Trump, tandis que Scott Bessent jugeait qu’il y avait « de fortes chances que le président fasse une annonce avant Noël ».
En parallèle de cette recomposition à la tête de la Fed, Donald Trump durcit spectaculairement son discours sécuritaire. Lors d’un point presse relaté par BDOR, il a prévenu que « toute nation impliquée dans l’acheminement de drogues vers les États-Unis sera désormais exposée à des frappes directes sur son sol ». Il évoque une stratégie de frappes terrestres ciblées, jugées plus simples à mener que des opérations aériennes ou navales, sans préciser quels pays seraient visés ni selon quel calendrier, un choix qui apparament inquiète jusque dans ses propres rangs.
Ce virage militaire s’accompagne d’une militarisation intérieure : Donald Trump a confirmé l’envoi prochain de la Garde nationale à La Nouvelle-Orléans, à la demande du gouverneur de Louisiane, dans un contexte de tensions locales. Sur le plan économique, il laisse entendre que les citoyens pourraient bientôt ne plus payer d’impôt sur le revenu, grâce à des « remboursements directs issus des droits de douane » versés aux ménages. Alors que les négociations restent difficiles avec les démocrates sur la réforme de l’assurance santé et que la Maison-Blanche prépare une révision à la baisse des normes de consommation des véhicules lors d’une réunion avec GM et Ford, des représentants américains se trouvent en Russie pour tenter de « désamorcer les tensions diplomatiques » autour de l’Ukraine. Autant de chantiers où la future orientation de la Fed pèsera lourd, si Kevin Hassett en prend effectivement les rênes.









