EUR/USD proche de 1,1625 : ce signal technique peut-il faire vaciller votre patrimoine en dollars dans les prochains mois ?
L’EUR/USD enchaîne une quatrième séance de hausse et vise la zone clé des 1,1625 alors que le dollar recule. Ce test face à la moyenne mobile 200 séances peut‑il changer la donne pour les marchés et les portefeuilles en euros ?

L’euro reprend clairement la main face au billet vert. La paire EUR/USD vient de s’installer au‑dessus de 1,1600 pour la quatrième séance consécutive de hausse, se rapprochant de la zone clé des 1,1625, alors que le dollar recule sur un plus bas d’une semaine et que la liquidité se raréfie avec Thanksgiving aux États‑Unis.
Derrière ce mouvement, un cocktail bien particulier : anticipations de baisse des taux de la Réserve fédérale en décembre, communication jugée plus stable de la BCE et contexte 2025 marqué par l’affaiblissement progressif du billet vert. Reste à savoir si l’assaut actuel sur la zone des 1,1625 transformera l’essai ou s’essoufflera sous cette résistance.
EUR/USD vers 1,1625 : un rebond alimenté par la Fed et par la BCE
Depuis le début de l’année, la trajectoire de EUR/USD a été largement dictée par la politique monetaire américaine. En 2025, le dollar s’est nettement replié face aux principales devises, alors même que son taux directeur n’a reculé que de 4,25 % à 4 %, avec des anticipations d’une nouvelle détente vers 3,75 % d’ici début 2026. Cette baisse attendue a été largement intégrée par les marchés, poussant de nombreux investisseurs à réduire leur exposition au billet vert et permettant à l’euro de grimper jusqu’à un sommet à 1,1919 dollar avant une phase de correction. C’est dans ce contexte de va‑et‑vient que le rebond actuel, depuis la zone des 1,1500 testée en début de semaine, attire à nouveau l’attention.
La jambe haussière en cours repose d’abord sur un dollar fragilisé par les attentes de baisse de taux aux États‑Unis. Les marchés évaluent désormais à près de 85 % la probabilité d’une nouvelle réduction du coût de l’argent lors de la réunion de décembre, alors que, quelques jours plus tôt, les données du CME FedWatch faisaient déjà passer cette probabilité de 44 % à 69 % pour une baisse de 25 points de base. L’indice DXY glisse en parallèle sur un creux d’une semaine, signe que le billet vert est moins recherché comme valeur refuge, dans un environnement un peu plus favorable aux actifs risqués.
En face, l’euro profite d’une Banque centrale européenne perçue comme plus lisible. Le vice‑président Luis de Guindos a indiqué que le niveau actuel des taux correspondait aux besoins du moment, message interprété comme un signal de stabilité, tandis que les projections de la BCE tablent sur un maintien des taux directeurs jusqu’à la fin 2026, dans un contexte où l’inflation se rapproche progressivement de l’objectif de 2 %. Christine Lagarde a rappelé que l’institution resterait attentive à toute dérive de l’inflation, et Gabriel Makhlouf juge de son côté la politique actuelle appropriée, une adaptation n’étant envisagée qu’en cas de changement marqué des indicateurs économiques. Ce ton ferme mais mesuré a déjà contribué à contenir la glissade de la paire autour de 1,1510, et il renforce désormais la monnaie unique à l’heure où la Réserve fédérale semble plus proche d’un nouvel assouplissement.
Zone des 200 séances à 1,1625 : enjeux techniques et implications pour votre patrimoine
La principale question se joue désormais autour de la moyenne mobile simple 200 séances, située aux environs de 1,1625. Ce seuil, qui correspond aussi aux plus hauts d’une dizaine de jours, fait office de résistance majeure : un dépassement net et durable serait souvent interprété par les opérateurs comme le signal d’un retournement haussier plus profond, alors qu’un rejet maintiendrait la paire dans une zone de transition entre 1,1500 et 1,1600. Les volumes d’échange réduits en raison du jour férié de Thanksgiving peuvent toutefois amplifier les mouvements sans refléter une conviction de marché pleinement installée, ce qui incite de nombreux intervenants à la prudence sur la portée de ce test technique.
- Un euro plus fort face au dollar peut rogner la performance, une fois convertie en euros, d’un portefeuille d’actions américaines pourtant en hausse en devise locale.
- Un dollar faible tend au contraire à soutenir l’or et les matières premières libellées en billet vert, ces actifs devenant moins coûteux pour les acheteurs étrangers.
- Certains investisseurs européens choisissent de limiter leur risque de change via des ETF couverts en euro ou des contrats de change à terme, de façon à dissocier la performance financière de l’effet de change.
Pour les épargnants français, ce mouvement de EUR/USD n’est donc pas anecdotique. Un billet vert affaibli peut d’un côté soutenir les grandes entreprises exportatrices américaines et les marchés émergents, mais aussi renchérir les importations et raviver le risque d’inflation importée. Il influe enfin sur la valeur, en euros, des placements déjà détenus en devise américaine, qu’il s’agisse d’actions, d’ETF, d’or ou de matières premières, ce qui explique pourquoi la zone des 1,1500–1,1625 est scrutée de près par les gérants comme par les particuliers. Tout se joue à quelques décimales près, mais pour un patrimoine exposé au dollar, la façon dont la paire naviguera autour de cette résistance technique pourrait compter dans les prochains mois.









