Prêt immobilier à taux zéro : 100 000 € sans condition de ressources pour les jeunes parents, découvrez qui est vraiment concerné

Jeudi 8 octobre, la commission des Finances a validé un PTZ parentalité 2027 élargi : enfant de moins de 5 ans, jusqu’à 100 000 €, sans condition de ressources. Mais ce coup de pouce aux jeunes parents reste très incertain avant le débat en séance.
Un prêt immobilier sans intérêts spécifiquement pensé pour les jeunes parents vient de franchir une première étape au Parlement. En commission des Finances, les députés ont donné leur feu vert à la création d’un nouveau prêt à taux zéro destiné aux familles qui accueillent un enfant ou en attendent un, avec l’objectif affiché de soutenir la natalité et d’aider à agrandir le logement.
Portée par le Premier ministre Sébastien Lecornu dans le cadre du projet de budget 2027, cette mesure de PTZ parentalité 2027 a toutefois déjà été sensiblement retouchée : un amendement MoDem adopté jeudi en commission supprime les conditions de ressources, relève le montant maximal du prêt jusqu’à 100 000 euros et élargit le dispositif aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans. Reste à savoir si ces contours très généreux résisteront au futur débat dans l’hémicycle.
PTZ parentalité 2027 : ce que la commission des Finances a voté
À l’origine, la mesure imaginée par le gouvernement devait permettre aux « ménages ayant un enfant à naître ou né il y a moins de trois ans d’obtenir une nouvelle tranche de PTZ pour acheter un logement », afin d’accompagner le changement de situation familiale. Ce nouveau prêt à taux zéro (PTZ) « parentalité », intégré à l’article 7 du projet de loi de finances pour 2027, était encadré et attribué sous conditions de ressources.
En commission, un amendement du groupe MoDem est venu bouleverser ce cadrage initial en portant le montant du prêt à 100 000 euros au maximum, en supprimant toute condition de ressources et en étendant la mesure aux familles ayant un enfant de moins de cinq ans, soit un PTZ désormais sans condition de ressources. « Même si cette mesure peut paraître coûteuse, elle va entraîner des ressources complémentaires par les investissements qui seront faits », a défendu le député MoDem Jean-Paul Mattéi, évoquant une « mesure de bon sens qui concerne des couples jeunes qui ont des problèmes pour agrandir » leur logement, cité par BFMTV. La gauche redoute au contraire que ce coup de pouce mette « en concurrence » des familles aux revenus élevés avec « ceux qui n’ont pas de ressources et ne peuvent pas se passer » du PTZ, a mis en garde Eric Coquerel (La France insoumise), tandis que les Écologistes assimilent l’ensemble du dispositif à un « bonus familial » pour des ménages déjà propriétaires.
Montant, conditions et calendrier : ce que l’on sait déjà du PTZ parentalité 2027
Au-delà de cet élargissement voté en commission, le cœur du dispositif reste balisé par le projet gouvernemental. L’article 7 du texte prévoit plus précisément que l’emprunteur devra justifier, au moment de l’émission de l’offre de prêt, « soit d’un enfant à naître, soit de la charge effective d’au moins un enfant âgé de moins de trois ans ». Dans son exposé des motifs, le gouvernement indique vouloir ouvrir le bénéfice de ce nouveau prêt aux ménages concernés « y compris s’ils ont déjà bénéficié d’un PTZ », tout en rappelant que ce PTZ parentalité ne pourrait être mobilisé qu’une fois par bénéficiaire et que les modalités de justification seront précisées par arrêté. Pour y voir plus clair, le tableau suivant résume les grandes lignes de la version gouvernementale et de la version élargie adoptée en commission.
| Critère | Version gouvernementale (PLF 2027) | Version commission des Finances | Niveau de certitude |
|---|---|---|---|
| Public visé | Parents ou futurs parents avec enfant de moins de 3 ans | Familles avec enfant de moins de 5 ans | En débat au Parlement |
| Âge de l’enfant | Enfant à naître ou de moins de 3 ans | Enfant de moins de 5 ans | En débat |
| Conditions de ressources | Oui, conditions de ressources à respecter | Non, plus aucune condition de ressources | Point le plus contesté |
| Montant maximum du PTZ | Jusqu’à 180 000 euros | Plafond porté à 100 000 euros | En débat budgétaire |
| Nombre d’utilisations | Une fois par bénéficiaire maximum | Pas modifié par la commission | Prévu par le texte |
| Statut parlementaire | Mesure proposée dans le PLF 2027 | Amendement voté en commission des Finances | Pas encore adopté en loi |
Derrière ces annonces, l’enjeu financier est loin d’être anodin. Le projet de loi de finances prévoit de supprimer le plafond annuel de dépenses du PTZ, actuellement fixé à 2,1 milliards d’euros, alors que les émissions sont passées de 44 466 en 2024 à près de 73 000 en 2025 et que le coût de la construction a augmenté de 25% depuis 2016. Pour justifier l’effort, le gouvernement met en avant une enquête de l’Insee selon laquelle l’arrivée d’un enfant double la probabilité de déménager au cours des quatre années suivantes, mais rappelle aussi que le PTZ parentalité n’existe pas encore et reste une mesure inscrite dans le PLF 2027, susceptible d’être modifiée ou même supprimée lors de l’examen du budget au Parlement. Ces votes en commission n’ont pour l’instant qu’un intérêt indicatif, les députés devant repartir de zéro en séance, si bien que les interrogations pourait encore durer chez les ménages qui espèrent profiter de ce nouveau levier pour acheter ou agrandir leur logement.
En bref
- Le 8 octobre 2026, la commission des Finances a adopté un nouveau PTZ parentalité 2027 inscrit à l’article 7 du projet de loi de finances.
- Un amendement MoDem élargit fortement le dispositif : enfant de moins de 5 ans, prêt jusqu’à 100 000 € et suppression des conditions de ressources.
- Entre critiques sur le coût budgétaire et incertitudes parlementaires, les jeunes parents doivent encore patienter avant de compter sur ce futur prêt.









