Abattement fiscal des retraités 2026 : ce double avantage qui peut faire chuter votre impôt et votre CSG... si vous restez sous ces plafonds clés
En 2026, les retraités conservent l’abattement de 10 % et l’avantage spécial 65 ans+ malgré la tentative de réforme au PLF. Combien ces deux leviers peuvent-ils réellement faire baisser impôt et CSG sur votre pension ?

En 2026, les retraités ont frôlé un sérieux tour de vis fiscal : le projet de loi de finances prévoyait de remplacer la déduction de 10 % sur les pensions par un forfait unique de 2 000 € par personne. L’Assemblée nationale a finalement enterré cette réforme, et l’abattement fiscal des retraités 2026 reste en place, avec des plafonds légèrement relevés. Derrière ce statu quo apparent, le dispositif cache pourtant plusieurs effets très concrets sur la facture d’impôt.
Entre l’abattement général de 10 % sur les pensions, un abattement spécial des 65 ans et plus (article 157 bis du CGI) et un impact sur la CSG via le revenu fiscal de référence, le système offre un véritable « double avantage » à ceux qui remplissent les conditions. Le tout alors que la Cour des comptes qualifie cette niche de « dépense fiscale sans justification économique claire ». Résultat : beaucoup de retraités profitent de ces mécanismes… sans toujours savoir jusqu’où ils peuvent aller.
Abattement de 10 % sur les pensions : montants, plancher et plafond en 2026
Prévu par l’article 158-5-a du Code général des impôts, l’abattement de 10 % s’applique automatiquement sur l’ensemble des pensions déclarées avant le barème de l’impôt sur le revenu. Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, le taux reste fixe à 10 %, avec un plancher de 454 € par pensionné et un plafond de 4 439 € par foyer fiscal, revalorisés de 0,9 %. Un retraité qui perçoit 20 000 € de pension annuelle voit ainsi sa base imposable ramenée à 18 000 €. À l’inverse, un retraité à 60 000 € de pension ne bénéficie plus que de 4 439 € de déduction (et non 6 000 €), soit une base imposable de 55 561 €.
Ce mécanisme reste simple dans son principe mais encadré : il protège les petites pensions grâce au plancher par personne, tout en limitant l’avantage pour les revenus élevés via le plafond global du foyer. L’abattement couvre toutes les pensions et rentes viagères à titre gratuit (retraites de base CNAV, MSA, ex-RSI, retraites complémentaires Agirc-Arrco, Ircantec, RAFP, pensions de réversion, pensions d’invalidité, rentes d’accident du travail pour leur part imposable, rentes viagères entre époux ou proches). En revanche, la sortie en capital d’un Plan d’Épargne Retraite (PER) ne profite pas de ces 10 % ; seule la sortie en rente viagère y ouvre droit, ce qui rend le choix capital/rente fiscalement interressant pour certains foyers.
Abattement spécial des 65 ans et invalides : le deuxième étage du dispositif
Au-delà de la déduction de 10 %, un second levier existe pour les contribuables âgés ou invalides : l’abattement spécial des 65 ans et plus prévu par l’article 157 bis du CGI. Il concerne les personnes âgées d’au moins 65 ans au 31 décembre 2025 ou titulaires d’une pension militaire d’invalidité (au moins 40 %), d’une pension d’accident du travail (au moins 40 % d’incapacité) ou d’une carte mobilité inclusion mention « invalidité » (taux d’incapacité d’au moins 80 %). L’abattement se calcule sur le revenu net global, après application des 10 %, et dépend du niveau de ressources.
En 2026, un contribuable seul bénéficie de 2 822 € d’abattement si son revenu net global ne dépasse pas 17 670 €, et de 1 411 € entre 17 670 € et 28 430 €. Au-delà, l’avantage tombe à 0 €. Pour un couple où les deux membres sont éligibles, ces montants sont doublés (jusqu’à 5 644 €). Cet abattement spécial ne peut être accordé qu’une fois par personne (âge ou invalidité, mais pas les deux), mais il se cumule intégralement avec les 10 %. Une retraitée seule de 67 ans touchant 20 000 € de pension voit par exemple sa base passer de 20 000 € à 18 000 € après les 10 %, puis à 16 589 € après l’abattement 157 bis, ce qui ramène son impôt à 549 € au lieu de 924 €. « Avec une retraite modeste et les dépenses qui ne cessent d’augmenter, chaque euro d’abattement compte vraiment pour continuer à vivre dignement », confie une aidante familiale au site My Jugaad.
Abattement fiscal des retraités 2026 : comment profiter pleinement du double avantage ?
L’intérêt du dispositif ne se limite pas à l’impôt sur le revenu. Les abattements de 10 % et 157 bis réduisent aussi le revenu fiscal de référence (RFR), qui sert de base au calcul de la CSG sur les pensions l’année suivante. Pour un contribuable avec 1 part, l’exonération totale s’applique jusqu’à 13 048 € de RFR, le taux réduit de 3,8 % entre 13 049 € et 17 057 €, le taux médian de 6,6 % jusqu’à 26 471 €, puis le taux normal de 8,3 % au-delà. Un retraité seul avec 19 000 € de pension brute voit son RFR tomber à environ 17 100 € après l’abattement de 10 % ; sans cette déduction, il aurait 19 000 € de RFR et paierait la CSG au taux médian de 6,6 % au lieu de 3,8 %, soit environ 532 € de prélèvements supplémentaires par an selon les calculs fournis.
Pour certains couples modestes, le cumul des deux abattements peut atteindre 10 083 € de base imposable en moins (4 439 € au titre des 10 % + 5 644 € au titre de l’article 157 bis pour deux bénéficiaires avec un revenu net global inférieur à 17 670 €), ce qui peut faire passer un foyer d’imposable à non imposable. Le maintien de ces règles en 2026 s’est joué lors du projet de loi de finances (PLF) 2026 : le gouvernement proposait un forfait de 2 000 € par pensionné et la suppression de l’abattement spécial, pour une économie visée de 1,2 milliard d’euros. Les simulations évoquaient 39 % de retraités perdants et 12 % gagnants, avec un seuil de bascule autour de 1 667 € de pension mensuelle. Le 13 novembre 2025, l’Assemblée nationale a rejeté l’article 6 par 213 voix contre 17 ; après un passage au Sénat où un plafonnement à 3 000 € a été envisagé, le budget a finalement été adopté via le 49.3 avec maintien intégral des 10 % et revalorisation du plafond à 4 439 €. La Cour des comptes continue toutefois de pointer le coût de 4,5 milliards d’euros par an de cette dépense fiscale, ce qui laisse penser que le débat pourrait revenir dès le PLF 2027.
En bref
- Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, les retraités bénéficient d’un abattement de 10 % plafonné à 4 439 € et d’un abattement spécial 65 ans+ conditionné à leur revenu net global.
- Le cumul des 10 % et de l’article 157 bis CGI peut atteindre plus de 10 000 € d’abattement pour un couple modeste et abaisser à la fois l’impôt sur le revenu et la CSG via le revenu fiscal de référence.
- Entre rejet du forfait de 2 000 € au PLF 2026 et critiques de la Cour des comptes, ce double avantage pourrait être remis en cause dès 2027, d’où l’intérêt de vérifier dès maintenant son application.





