Bourse : cette erreur de timing que font encore des milliers de Français peut plomber leur épargne à vie
Alors que le CAC 40 flirte avec ses records, de nombreux épargnants attendent encore un signal pour entrer en Bourse. Et si cette attente cachait la vraie erreur ?

En ce moment, le CAC 40 évolue près de ses sommets historiques et les grands indices américains accumulent les records, malgré l’inflation et les tensions géopolitiques. Face à ces niveaux jugés élevés, beaucoup d’épargnants hésitent à entrer en Bourse, ou craignent d’y rester trop longtemps. Ils se promettent d’attendre une bonne baisse, de vendre avant le prochain krach, puis de racheter au creux.
Cette quête du moment parfait a un nom : le market timing, l’idée que l’on peut acheter au plus bas et vendre au plus haut. En pratique, chercher le bon moment pour investir en Bourse revient souvent à laisser son argent inactif pendant que les marchés repartent. Comme le résume l’expert Maxime Kugler, cité par Capital : « Le « bon moment » pour investir est souvent une illusion : on ne le reconnaît qu’une fois qu’il est passé ».
Le « bon moment pour investir en Bourse » et le piège du market timing
Le dernier baromètre de l’épargne publié par l’Autorité des marchés financiers indique que 34 % des Français jugent que ce n’est pas le bon moment pour investir en actions, contre 26 % un an plus tôt. Cette attente, nourrie par la peur de perdre et le souvenir des derniers krachs, donne l’illusion de prudence alors qu’elle retarde l’entrée en Bourse.
Les chiffres de l’AMF et de J.P. Morgan sur le market timing
Dans une autre étude, l’Autorité des marchés financiers a analysé les résultats de 14 799 clients particuliers actifs sur le Forex et les CFD pendant quatre ans. Plus de 89 % ont perdu de l’argent, avec une perte moyenne d’environ 10 900 euros par client, soit plus de 160 millions d’euros partis en fumée pour des allers-retours censés capter le bon timing.
Une analyse de la banque américaine J.P. Morgan Asset Management sur l’indice S&P 500 entre 2001 et 2020 montre qu’un investisseur resté investi en continu a obtenu une performance annuelle moyenne de 7,47 %. S’il avait manqué seulement les 10 meilleures journées de Bourse, son rendement serait tombé à 3,35 % par an, et en manquant les 60 meilleures séances il aurait même affiché une perte moyenne de 6,81 % par an. Cette étude souligne aussi que 7 des 10 meilleures séances se situent dans les deux semaines qui suivent les 10 pires jours, précisément quand les particuliers ont tendance à sortir du marché.
Comment investir en Bourse sans chercher le bon moment
Pour ne plus dépendre du calendrier, une solution consiste à suivre une règle simple plutôt qu’à tenter un pronostic sur les marchés. L’investissement progressif, souvent appelé Dollar Cost Averaging, revient à placer la même somme en Bourse à date fixe, quel que soit le niveau des cours. Quand le marché monte, vous achetez moins de parts mais plus chères ; quand il baisse, la même somme permet d’acquérir davantage de parts à prix réduit, ce qui lisse votre prix d’achat sans chercher à viser juste. Comme le rappelle Capital, ces versements programmés sont proposés sur la majorité des assurances-vie en unités de compte et des plans d’épargne en actions, et peuvent être modifiés ou suspendus à tout moment.
En bref
- En 2026, alors que le CAC 40 tutoie ses sommets, l’AMF et J.P. Morgan alertent les épargnants sur les risques du market timing.
- Les études chiffrées révèlent comment quelques journées boursières concentrent l’essentiel de la performance et rendent l’attente du moment idéal particulièrement pénalisante.
- Une méthode d’investissement progressif, accessible via assurance-vie ou PEA, pourrait pourtant transformer cette peur du mauvais timing en atout durable.









