Cambriolages 2024 : ces départements où le risque explose… et où votre assurance habitation risque de vous coûter très cher ?
Plus de 218 700 logements ont été cambriolés en 2024 et certains départements dépassent les 10 intrusions pour 1 000 habitants. Comment cette carte du risque pèse-t-elle sur le prix de votre assurance habitation ?

En France, les cambriolages de logements restent un fléau discret mais massif. Selon les dernières données nationales, plus de 218 700 logements ont été cambriolés en 2024, soit environ un tous les 2 min 24 s. Derrière ces chiffres, un élément compte plus qu’on ne le croit : le département où l’on habite. Car le risque de voir sa porte fracturée varie fortement d’un territoire à l’autre, et il ne se limite plus aux grandes villes considérées comme sensibles.
Avant même les statistiques 2025, l’assureur Luko by Allianz Direct a passé au crible les données 2024 du ministère de l’Intérieur, analysant département par département la fréquence des intrusions, une étude rapportée par Le Parisien. Objectif : repérer les départements les plus exposés aux cambriolages, mais aussi ceux où le risque reste faible. Ces cartes servent ensuite de base aux compagnies pour calculer le prix de votre assurance habitation : selon la zone, la note peut vite grimper. Reste à savoir où se situe votre département, et combien cela peut vous coûter.
Départements les plus touchés par les cambriolages : qui sont les mauvais élèves ?
L’analyse de Luko by Allianz Direct met en lumière un point clé : les cambriolages ne se concentrent pas forcément dans les zones les plus riches, mais plutôt là où la densité de population et les déplacements sont importants. La Guyane apparaît en tête, avec 10,53 cambriolages pour 1 000 habitants en 2024, malgré un recul de 7,6 % par rapport à 2023. Viennent ensuite les Bouches-du-Rhône, avec 9,36 cambriolages pour 1 000 habitants et une baisse de 11,7 %, puis l’Isère, à 9,09 pour 1 000 habitants, où les intrusions ont progressé de plus de 20 %.
Derrière ce trio, la Gironde (8,66 cambriolages pour 1 000 habitants) et le Rhône complètent le haut du classement, talonnés par la Haute-Garonne (8,17), le Vaucluse (8,05) et la Seine-Saint-Denis (7,79). L’Ain se distingue, lui, par une envolée des cambriolages de 32,8 %, même s’il se situe derrière ces départements en niveau absolu. Certains territoires ultramarins suivent la même tendance : à La Réunion, le taux atteint 2,23 cambriolages pour 1 000 habitants, avec une hausse de 22,2 %. L’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) relève aussi une explosion des intrusions dans les résidences principales durant l’été, période où plus de 50 % des Français partent en congés et où 80 % des cambrioleurs utilisent les réseaux sociaux pour repérer les absences.
Assurance habitation : pourquoi ces départements à risque paient plus cher
Pour établir le montant d’un contrat multirisque, les assureurs s’appuient sur les statistiques du ministère de l’Intérieur. Selon les territoires, l’écart de prix entre deux contrats similaires peut atteindre 8 % en fonction du niveau de risque. La seule garantie vol peut même coûter jusqu’à 2,5 fois plus cher dans les secteurs les plus exposés. À l’inverse, des départements comme la Haute-Corse (0,87 cambriolage pour 1 000 habitants) ou la Corse-du-Sud (0,98), où les intrusions ont presque été divisées par deux entre 2023 et 2024, bénéficient d’un risque statistique bien plus faible, tout comme la Lozère (1,24) ou le Cantal (1,94). Paris crée aussi la surprise avec une 17e place seulement et une baisse de 22,8 % des cambriolages en 2024, un mouvement attribué au renforcement de la sécurité lié aux Jeux olympiques, à la progression du télétravail et à la montée des locations saisonnières, qui laissent des logements plus souvent occupés.
Vivre dans un département très touché ne signifie pas pour autant subir sans discuter la facture de son assurance habitation. Les spécialistes d’Hyperassur rappellent qu’il est utile de vérifier en détail son contrat avant de partir en vacances, de demander des précisions à son assureur sur les conditions d’indemnisation et de comparer les offres si la couverture semble insuffisante. Préparer un dossier avec factures et photos de ses biens, voire faire estimer ses bijoux de famille, facilite ensuite les démarches en cas de sinistre.
Certains gestes limitent aussi le risque, notament dans les départements les plus exposés :
- renforcer les accès au logement (porte blindée, serrure trois points, vitrages anti-effraction) pour compliquer l’intrusion, qui ne dure que quelques minutes en moyenne ;
- équiper son domicile de systèmes anti-intrusion (caméra, alarme, éclairage à détection), très dissuasifs pour les cambrioleurs ;
- éviter d’annoncer publiquement ses absences sur les réseaux sociaux, utilisés par 80 % des cambrioleurs pour organiser leurs repérages.
En bref
- En 2024, plus de 218 700 logements ont été cambriolés en France, avec de forts écarts de risque entre départements urbains, ruraux et ultramarins.
- Les données du ministère de l’Intérieur, exploitées par les assureurs, montrent que certains départements très exposés subissent des primes d’assurance habitation et une garantie vol nettement plus élevées.
- Entre départements « mauvais élèves » et territoires beaucoup plus sûrs, quels leviers permettent encore de limiter la facture tout en renforçant la protection de son logement ?





